Coquard, de l’air d’entrée - Latour songe à la fin


Coquard, de l’air d’entrée

Le sprinteur de poche de Cofidis a remporté la 4e étape du Tour Down Under et mis son équipe, en manque de points, sur de bons rails dans cette saison 2025.

“C’est fait, comme ça, je suis libéré, on est tous un peu libérés"
   - BRYAN COQUARD

25 Jan 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

Le chant du «Coq» a résonné dès l’aube de la nouvelle saison, et le réveil hier matin pour les Cofidis restés en Europe en a été bien doux. À l’autre bout de la planète, en Australie, Bryan Coquard venait en effet de lever les bras dans le sprint de Victor Harbor, au terme de la quatrième étape du Tour Down Under.

Comme il y a deux ans, Bryan Coquard (ici devant Tobias Lund Andresen, 6e du sprint) remporte sa première victoire de la saison au Tour Down Under.

Une manière idéale d’oublier un temps la petite musique plus morose qui avait accompagné la formation nordiste pendant l’hiver, alors que l’exercice 2024 n’avait pas été à la hauteur des objectifs, loin de là. Cinq maigres victoires sur l’ensemble de l’année, un premier succès qui avait été long à se dessiner, début mai, avec l’étape du Giro remportée par Benjamin Thomas à Lucques, et les dissensions affichées pendant le Tour de France entre Cédric Vasseur, le manager, et ses deux chercheurs d’étapes, Bryan Coquard et Axel Zingle, qui n’avaient pas embelli le tableau.

À l’intersaison, deux cadres sont partis, Zingle donc, chez Visma-Lease a Bike et Guillaume Martin-Guyonnet chez Groupama-FDJ, mais Cofidis, le sponsor, a décidé d’allonger un peu d’argent pour recruter à l’étranger – Alex Aranburu (ancien Movistar),

Dylan Teuns (Israël) ou Emanuel Buchmann (Red Bull-Bora) – et tenter de sauver la présence de l’équipe en World Tour la saison prochaine, avec notamment ces nouveaux profils expérimentés qui ont l’habitude de squatter les top 10. Car la pauvreté des résultats s’est accompagnée d’une lente descente au classement des équipes, et Cofidis a entamé la saison au 20e rang, à plus de 1 000 points des Uno-X et de la 18e position, qui garantit une place dans l’élite.

Les 60 points glanés hier par Bryan Coquard avec sa victoire ne vont pas bouleverser la donne arithmétique, mais ils vont mettre l’ensemble de l’équipe sur de bons rails et insuffler une dynamique positive. «Gagner rapidement, c’est toujours important, personnellement et aussi pour l’équipe, savourait Coquard hier. Ça met en confiance. L’an passé, j’avais fait beaucoup de deuxièmes places et je n’avais réussi à gagner qu’en juin, au Tour de Suisse. L’objectif en Australie, c’était d’ouvrir le compteur rapidement. C’est fait, comme ça je suis libéré, on est tous un peu libérés.»

Déjà 3e lors du sprint de la 2e étape, mercredi, Coquard savait que l’étape d’hier était une de celles qui lui « convenaient le mieux» , avec ce mur à 20 bornes du terme qui allait tamiser le peloton et éliminer certains sprinteurs, dont Sam Welsford, vainqueur les deux premiers jours. Coquard a ensuite pu s’appuyer sur Ion Izagirre, qui l’a notamment bien placé avant la chicane finale, à 3km de la ligne.

À 32ans, il confirme sa longévité

« Après, j’ai suivi mon instinct, j’ai essayé de ne pas trop réfléchir, décrivait Coquard. C’était un sprint un peu long, un peu chaotique – Pithie en sera d’ailleurs déclassé pour avoir tassé Uhlig le long des barrières –, j’ai décidé de prendre de la vitesse et de lancer dès que j’avais l’ouverture.» Ce fut à 300m de la ligne, en plein milieu de la chaussée, et Coquard parvint à contenir Phil Bauhaus jusqu’au bout.

À 32ans, il confirme sa longévité, avec un 3e succès World Tour dans sac arrière, le54eent out. Coquards’ était d’ ailleurs déjà imposé en Australie. C’était il y a deux ans et cette ouverture du score avait précédé une saison à 14 succès pour Cofidis. Un standard que la formation de Cédric Vasseur espère retrouver cette année.

***

Latour songe à la fin

25 Jan 2025 - L'Équipe
PIERRE MENJOT

L’ancien meilleur jeune du Tour pourrait avoir lancé hier sa dernière saison pro, à 31 ans seulement."

"Je veux gagner des courses, ou aider mes équipiers à gagner"
   - PIERRE LATOUR

La nouvelle saison a commencé pour de bon, quoique discrètement avec une 43e place sur la Classique de Morvedre, où son équipier Alexys Brunel a été longtemps échappé hier (finalement 4e à 27” de Berrade, vainqueur), mais qu’importe, l’essentiel fût de tourner la page 2024 pour Pierre Latour. « Une année de merde », soufflait-il mi-janvier lors d’un stage de son équipe TotalEnergies à Calpe (Espagne). « Ça a été jusqu’à Paris-Nice, puis je me suis cassé les côtes à La Roue Tourangelle (24 mars) et, à partir de là, ç’a été tout le temps galère: les côtes, une carence en fer, une infection pulmonaire, toutes les petites maladies qui traînent. C’était un peu interminable – je n’ai pas pris beaucoup de plaisir. » 

À tel point que le Drômois a peutêtre lancé hier sa dernière saison comme professionnel. Encore jeune, à 31 ans ( « Ma montre connectée m’indique 21 ans! », rigolet-il), et sous contrat jusqu’à la fin d’année avec l’équipe de Jean-René Bernaudeau, Latour estime « probable » de raccrocher le vélo à la fin de l’année. « En fait, ça dépendra vraiment, poursuit-il. Si ça se passe bien en descente, si je reprends du plaisir… Car je ne me vois pas continuer juste pour continuer: faire des courses où tu ne sers à rien, c’est pas incroyable, je ne fais pas du vélo pour ça. Et je ne m’ennuierai pas à côté si j’arrête. »

Les descentes restent un problème majeur, depuis une chute survenue à Abu Dhabi, début 2019. « Mais en ce moment, ça va bien, assure le rouleur-grimpeur. J’ai fait un peu toutes les approches : préparateur mental, psychologue, EMDR ( psychothérapie par mouvements oculaires). À chaque fois ça passe, même si ça ne part pas définitivement, mais il suffit que je retombe ou que je me fasse une frayeur et je dois tout recommencer. » Cet hiver, lors des deux stages de son équipe sous le soleil de la Costa Blanca, il a repris confiance, souvent dans la roue de son équipier Sandy Dujardin. « Après, je ne vais pas m’amuser à attaquer en descente. De toute façon, j’ai toujours trouvé que c’ était un truc de lâche, s’esclaffe- t-il. Je ne parle pas de courses comme Milan-San Re mo qui se jouent là-dessus. Mais le fait de prendre tous les risques, de vouloir pousser les autres à la faute… »

Le coureur formé au VS Romanais Péage ois puis au Chambéry CF ne gagnera sans doute jamais la Prima ver a, mais après un hiver qui lui a fait du bien, entre vacances en van aménagé et repos à son domicile drômois, il attaque 2025 avec appétit, avant d’enchaîner d’ici mars la Classique de Valence (demain), le GP La Marseillaise, l’Étoile de Bessèges, la Routed’ Andalousie et les Classiques Ardèche et Drôme. « D’abord, je veux reprendre du plaisir, clame-t-il. Quand c’est le cas, tu es dans une bonne spirale et tout se passe mieux, plutôt que broyer du noir quand il y a toujours un petit truc qui ne marche pas. Et je veux gagner des courses, ou, si ce n’est pas moi qui gagne, aider mes équipiers à gagner. » Pour finir sur une bonne note ou, sait-on jamais, prolonger un peu le plaisir.

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