Girmay: « Tous les coureurs africains rêvent de gagner au Rwanda »


L’Érythréen Biniam Girmay souligne l’importance des 
courses au Rwanda dans l’avènement des coureurs africains.

Même s’il n’est pas aujourd’hui au départ du Tour du Rwanda, le maillot vert du dernier Tour de France raconte comment ce pays est devenu essentiel dans le développement du cyclisme africain.

“En tant qu’Africain, c’est une immense fierté que les Mondiaux soient organisés pour la première fois sur notre continent, mais en tant que coureur et vu mes qualités, je sais que le parcours n’est pas fait pour moi ''

PHILIPPE LE GARS
23 Feb 2025 - L'Équipe

ALBIR (ESP) – Au mois de janvier lors de la présentation de l’équipe Intermarché-Wanty,enEspagne, Biniam Girmay (24 ans) avait avoué qu’il ne savait pas encore s’ il serait au départ des Mondiaux en septembre, organisés pour la première fois sur le continent africain à Kigali( Rwanda ). Un peu plus tard, ils’ était posé au calme pour faire le point sur l’importance du Rwanda dans l’évolution du cyclisme africain. Sans pour autant se poser en porte-drapeau, sa parole compte hors des frontières des on continent.

«Pensez-vous que c’est plus difficile pour un coureur africain de faire carrière dans le milieu professionnel?

Pas plus que pour un Asiatique ou un Sud-Américain. À partir du moment où toutes les grandes courses sont concentré es en Europe, si vous n’ y mettez pas un pied, c’ est sûr que personne ne vous remarquer a. En Afrique, on a eu la chance d’ avoir des courses comme la Tropicale et le Tour du Rwanda avec des équipes professionnel les venues d’Europe. Gagner une étape au Gabon ou au Rwanda offrait une chance supplémentaire, mais sans aucune assurance. Vous nous aviez confié un jour que vous en aviez assez qu’ on vous ramène toujours à votre image de coureur africain. Oui, parceque ce n’ est pas parce que je suis noir que mes résultats sont différents des autres, des Blancs. Quand je gagne GandWevelgem (2022), une étape auGiro(2022)oul email lot vert du Tour (2024), on répète toujours que je suis le premier Noir africain à réaliser cette performance. Ç’ a pu m’ agacer parfois, parceque ça donne l’ impression que l’ Afrique est un pays alors que nous sommes 54 pays différents. Je ne peux pas représenter l’ Afrique à moi tout seul, quand il y a autant de différence entre un Érythréen et un Marocain ou un Angolais.

Pensez-vous que le cyclisme africain a un avenir?

Évidemment, il suffit de regarder son évolution depuis dix ou quinze ans. La base existe, les talents sont là, il manque juste la confiance qu’ on doit nous accorder au sein des équipes professionnel les. Je ne vois pas en quoi les Érythréens, les Éthiopiens ou les Rwandais seraient différents des coureurs européens. Mais il faut aussi desBiniam Gir ma y pour instaurer cette confiance.

Il y a eu avant moi des coureurs qui ont mérité d’ avoir leur place chez les pros, comme Daniel (Teklehaimanot), Merhawi (Kudus), Natnael (Berhane). O na toujours eu des coureurs solides, des rouleurs et des grimpeurs. En Érythrée, toutes les catégories de spécialistes sont représenté es depuis tout le temps. Il suffisait juste des’ y intéresser un peu plus.

Les Championnats du monde auront lieu au Rwanda en septembre. On raconte que vous n’ êtes pas intéressé àyaller. Je pense qu’ on mélange un peu tout. Entantqu’ Africain, c’ est une immense fierté que les Mondiaux soient organisés pour la première fois sur notre continent, mais en tant que coureur et vu mes qualités, je sais que le parcours n’ est pas fait pour moi. J’ aurais très bien pu le dire pour un autre parcours et personne n’ aurait fait attention à ce que je disais, mais là tout d’ un coup, on me fait dire que je n’ irai pas au Rwanda pour d’ autres raisons. Le Rwanda a beaucoup apporté au cyclisme africain et j’ aurais aimé prendre le départ du Mondial dans la peau d’ un favori. Ça ne sera pas le cas, malheureusement, car le circuit sera trop dur pour moi. Mais si ma fédération veut que j’ y aille, jamais je ne refuser ai, je serais honoré de porter les couleurs érythréennes.

Vous parliez juste avant des différences entre les pays africains de cyclisme. Comment pouvez-vous les résumer?

C’ est simple, si vous voulez vous imprégner de la culture cycliste, il faut aller en Érythrée. Pour une culture du sport plus générale, c’ est l’ Afrique du Sud, et pour le côté organisationnel, c’ est le Rwanda. C’ est devenu le pays numéro 1 en Afrique pour la qualité et le sérieux de son événement principal, le Tour du Rwanda, qui fait rêver beaucoup de coureurs chez nous. Être sélectionné pour le courir, c’ est un peu comme faire le Tour de France pour un cycliste africain. C’ est dû essentiellement au professionnalisme de la Fédération rwandaise et des organisateurs. Il sont beaucoup travaillé pour acquérir cette réputation, mais ça vaut aussi pour tous les échelons de la société au Rwanda. Quand on voit la ferveur populaire pour le cyclisme sur le bord des routes dans ce pays, on peut être optimiste pour l’ avenir de ce sport en Afrique.» (PLG)

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