IMPERTURBABLE
Et Mathieu Van der Poel prit son envol, dans le terrible Vieux-Quarémont, lâchant un
solide Mads Pedersen (au loin à g.), pour remporter son troisième succès de la saison.
Vainqueur une nouvelle fois en solitaire, hier, Mathieu van der Poel va un peu couper avant de retrouver Tadej Pogacar sur le Tour des Flandres le 6 avril puis Paris-Roubaix, le 13.
"Pogacar sera évidemment un adversaire sur Paris-Roubaix
mais c’est toujours plus facile de courir
avec les meilleurs coureurs, surtout lui"
- MATHIEU VAN DER POEL
29 Mar 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
HARELBEKE (BEL) – Le vendredi, c’est école buissonnière à Harelbeke, en tout cas pour les gamins dont l’établissement se trouvait dans le périmètre de la zone de départ et d’arrivée. Cela n’a pas fait le bonheur de tout le monde et une maman s’inquiétait que son fils n’ait pas pu accrocher l’autographe de Mathieu Van der Poel, le matin : « Il va encore pleurer. » Hier, il ne fut pas le seul à renifler dans sa manche sa frustration tant le Néerlandais a encore assommé la concurrence, pourtant solide avec Mads Pedersen et Filippo Ganna, dans une mini-resucée de Milan-San Remo, le Danois prenant le costume de Tadej Pogacar.
Une fois encore, « VDP » s’est imposé, « parce qu’il aime ce parcours» , selon son directeur sportif Christoph Roodhooft, mais sous un ciel de plus en plus soupe au lait, le septuple champion du monde de cyclo-cross avait un message à faire passer et pas forcément à celui qu’on pense et qu’il va retrouver sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Il a moyennement apprécié qu’une partie du peloton visse la poignée dans la foulée d’une chute survenue six kilomètres après le départ et qui, telle une faucheuse, avait scindé le peloton en deux. Lui, comme Wout Van Aert, était dans la mauvaise portion: « Ce n’est pas fair-play de mettre les gaz après un accident où plus de la moitié du peloton est bloquée. C’est quelque chose qu’on ne ferait jamais dans l’équipe. Mais je pense qu’on a plutôt bien réglé le problème. » Un grand coup d’épaule pour la victoire de la colère ? «Oui», a-t-il cinglé, comme un de ses coups de pédales dans les berg de ce GP E3 qu’il remporte pour la deuxième fois d’affilée. Au bout d’un nouveau raid à trente-neuf kilomètres de l’arrivée, dans le Vieux Quaremont cette fois, quand l’an passé, il avait estourbi Van Aert dans le Paterberg.
Un peu plus tôt, Mads Pedersen avait attaqué le premier, dans le Taaienberg, emmenant avec lui Van der Poel et Ganna, mais le leader de Lidl-Trek ne put résister longtemps, donc, à la dernière offensive du Néerlandais et il glissa tout doucement et le vit filer vers Harelbeke pour un nouveau raid solitaire. Sous la pluie, le visage coupé à la serpe, le double vainqueur de Paris-Roubaix sembla payer les efforts des dernières semaines, pas vraiment clémentes selon Christoph Roodhooft : « C’est normal qu’il soit un peu fatigué, il a beaucoup plu à Tirreno et San Remo, cela prend beaucoup d’énergie. » Ce que confirma son coureur, bonnet sur la tête une bonne partie de la conférence de presse : «J’ai le nez un peu bouché et tous ceux qui étaient àTirre no, à Nice et à San Remo ont ce problème. »
Pour éviter d’entamer encore un peu plus son corps, Van der Poel va rester au chaud jusqu’au Ronde, le 6avril, soit en Belgique, soit en Espagne, il n’avait pas encore tranché hier soir. Ni GandWevelgem donc, dimanche, ni À Travers la Flandre mercredi prochain, pour ne pas risquer de se mettre dans le décor comme hier quand, à 26 kilomètres de l’arrivée, dans un virage anodin, son vélo a chassé sur la route humide. Une simple frayeur mais il a soufflé, petit hochement de tête pour évacuer cette demi-seconde où il a vu s’envoler, un instant, ses rêves de quadruplé à Audenarde et de triplé à Roubaix.
Sur ces secteurs pavés, il retrouvera Tadej Pogacar. Tout le monde est au courant maintenant mais lui semblait le savoir depuis un moment, depuis la reconnaissance au coeur de la Trouée d’Arenberg par le Slovène en février : « Ce n’est pas une grande surprise. J’ai été surpris qu’il ne court pas aujourd’hui (hier) et peut-être dimanche (demain), mais je peux comprendre. Il sera évidemment un adversaire sur Paris-Roubaix, mais je pense que c’est toujours plus facile de courir avec les meilleurs coureurs, surtout avec lui. Il essaie toujours de distancer tout le monde. Donc si tu arrives à tenir sa roue, tu es assez proche de la victoire. Roubaix est peut-être un peu différent parce qu’il n’a pas les côtes pour faire la différence. Mais on l’a tous vu sur le Tour de France, il y a quelques années, il s’en sortait très bien. »
Paradoxalement, ou alors on se trouve encore dans une lutte psychologique, son équipe semblait presque libérée d’avoir le champion du monde au casting, de ne pas avoir à porter seule le poids de la course jusqu’au vélodrome notamment : « Ce n’est peut-être pas plus mal d’avoir les meilleurs dans le final, glissa Roodhooft. On espère être présent à ce moment-là car Roubaix demande d’avoir aussi un peu de chance.» Et du repos. La respiration encore saccadée par le froid et l’effort, Mathieu Van der Poel – qui a terminé sur la ligne debout sur les pédales et salut militaire comme l’an passé – semblait vouloir rassembler ses forces et ses troupes : « J’étais aussi très motivé parce que l’équipe a travaillé dur. Sans elle aujourd’hui, je n’aurais pas pu me battre pour la victoire .» Tout seul, il se débrouille bien, quand même.
***
Mathieu Van der Poel ha preso il largo, nel terribile Vieux-Quarémont, lasciando cadere un
solido Mads Pedersen (all'estrema sinistra), per conquistare la sua terza vittoria stagionale.
IMBATTIBILE
Vincitore ieri di un'altra corsa in solitaria, Mathieu van der Poel si prenderà una breve pausa prima di incontrarsi con Tadej Pogacar per il Giro delle Fiandre del 6 aprile e la Parigi-Roubaix del 13 aprile.
“Pogacar sarà un avversario alla Parigi-Roubaix.
ma è sempre più facile correre
con i migliori, soprattutto con lui”.
- MATHIEU VAN DER POEL
29 marzo 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
HARELBEKE (BEL) - Venerdì a Harelbeke è stata una giornata di assenze, almeno per i ragazzi le cui scuole si trovavano all'interno del perimetro di partenza e arrivo. Non tutti ne sono stati felici, e una madre era preoccupata per il fatto che suo figlio non fosse riuscito a ottenere l'autografo di Mathieu van der Poel al mattino: “Piangerà di nuovo. Ieri non è stato l'unico ad asciugarsi con la manica per la frustrazione, perché l'olandese ha messo fuori gioco la concorrenza, comunque solida, di Mads Pedersen e Filippo Ganna, in una mini-rivisitazione della Milano-Sanremo, con il danese che ha assunto le sembianze di Tadej Pogacar.
Ancora una volta, “VDP” ha vinto, “perché adora questo percorso”, secondo il suo team manager Christoph Roodhooft. Ma sotto un cielo sempre più nuvoloso, il sette volte campione del mondo di ciclocross aveva un messaggio da trasmettere, e non necessariamente al corridore che ci si aspetta sarà al Giro delle Fiandre e alla Parigi-Roubaix. Non ha accettato di buon grado che una parte del gruppo si avvitasse sul manubrio in seguito a una caduta a sei chilometri dalla partenza che ha spaccato in due il gruppo come una mietitrice. Anche lui, come Wout Van Aert, si trovava nel tratto sbagliato: “Non è giusto dare gas dopo una caduta in cui più di metà del gruppo è bloccata. È una cosa che noi come squadra non faremmo mai. Ma credo che abbiamo risolto il problema abbastanza bene. Una bella spallata per una vittoria di rabbia? “Sì”, ha gridato, come uno dei suoi colpi di pedale sui muri di questo GP E3 che ha vinto per la seconda volta in fila. Al termine di un altro raid a trentanove chilometri dall'arrivo, stavolta sul Vecchio Quaremont, mentre l'anno scorso aveva stordito Van Aert sul Paterberg.
Poco prima, Mads Pedersen aveva attaccato per primo, sul Taaienberg, portandosi dietro van der Poel e Ganna, ma il leader della Lidl-Trek non è riuscito a resistere a lungo all'ultimo attacco del neerlandese, scivolando dolcemente e vedendolo sfuggire verso Harelbeke per un altro raid solitario. Sotto la pioggia, con il volto tirato all'osso, il due volte vincitore della Parigi-Roubaix è sembrato pagare gli sforzi delle ultime settimane, che Christoph Roodhooft ritiene molto impegnativi: “È normale che sia un po' stanco, ha piovuto molto alla Tirreno e alla Sanremo, e questo richiede tante energie”. Lo ha confermato il suo corridore, che ha indossato un berretto per la maggior parte della conferenza stampa: “Ho un po' di naso chiuso e tutti quelli che erano alla Tirreno, alla Nizza e alla Sanremo hanno questo problema”.
Per evitare di danneggiare ulteriormente il proprio fisico, van der Poel resterà al caldo fino alla Ronde del 6 aprile, in Belgio o in Spagna. Quindi né la Gand-Wevelgem di domenica, né l'Attraverso le Fiandre di mercoledì prossimo, per non rischiare di finire nei guai come è successo ieri quando, a 26 chilometri dall'arrivo, la sua bicicletta ha sbandato sulla strada bagnata in una curva innocua. È stato solo uno spavento, ma ha respirato, annuendo con la testa per scrollarsi di dosso quel mezzo secondo in cui ha visto svanire per un attimo i sogni di una quaterna a Oudenaarde e di una tripletta a Roubaix.
Su questi settori di pavé, sarà affiancato da Tadej Pogacar. Ormai lo sanno tutti, ma lui sembra saperlo da un po', da quando lo sloveno ha fatto una ricognizione nel cuore della Trouée d'Arenberg a febbraio: “Non è una gran sorpresa. Mi ha sorpreso che non abbia corso oggi (ieri) e forse domenica (domani), ma posso capirlo. Sarà un avversario alla Parigi-Roubaix, ma credo che sia sempre più facile correre con i migliori, soprattutto con lui. Cerca sempre di staccare tutti. Quindi, se riesci ad aggrapparti alla sua ruota, sei molto vicino alla vittoria. La Roubaix è forse un po' diversa perché non ha salite che fanno la differenza. Ma (sul pavé) lo abbiamo visto tutti al Tour de France di qualche anno fa, e ha fatto molto bene.
Paradossalmente, o forse siamo ancora in una battaglia psicologica, la sua squadra è sembrata quasi liberata dal non vedere al via il campione del mondo, senza dover portare il peso della corsa fino al velodromo: “Forse non è una cosa negativa avere i migliori corridori nel finale”, ha detto Roodhooft. Speriamo di essere lì a quel punto, perché la Roubaix richiede anche un po' di fortuna”. E un po' di riposo. Ancora con il fiatone per il freddo e lo sforzo, Mathieu van der Poel - che ha terminato il percorso in piedi sui pedali con un saluto militare come l'anno scorso - sembrava voler raccogliere le sue forze e le sue truppe: “Ero molto motivato anche perché la squadra ha lavorato duramente. Senza di loro oggi non avrei potuto lottare per la vittoria”. Però, se la cava bene anche da solo.
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