Questions pour un champion: Tadej Pogacar
Eddy Merckx est le dernier vainqueur sortant du
Tour à avoir remporté ParisRoubaix. C’était en 1973.
La participation de à Roubaix, le 13 avril, soulève plusieurs interrogations. Mais tous les témoins en conviennent, le chantier pourrait s’annoncer grandiose.
27 Mar 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS (avec Th. P.)
Qu’ils soient anciens vainqueurs de Paris-Roubaix ou organisateurs de l’épreuve, tous les acteurs de la course nordiste saluent l’officialisation de la participation de Tadej Pogacar, un coureur à la mesure de l’Enfer du Nord, mais qui prend aussi le risque de tout perdre, le Tour notamment, en cas de chute.
Pourquoi y aller ?
Pour s’amuser, comme souvent avec leSlovène. Et l’idée enchante Mathew Hayman, vainqueur de Paris-Roubaix en 2016, aujourd’hui directeur sportif de Jayco-AlUla: «Que ce soit les Championnats du monde, le Tour de France ou Milan-San Remo, qu’il a probablement changé pour toujours, il veut juste courir. On s’arrache parfois les cheveux, on ne sait pas comment le battre, mais au moins, à Roubaix, il a peut-être moins de chances de gagner que sur d’autres courses.» Marc Madiot, autre vainqueur de l’Enfer du Nord (1985 et 1991), et pourtant pas le premier fan du Slovène, salue son initiative: «Il a raison, c’est lui qui doit décider et si c’est le cas, c’est très bien. S’il a envie d’y aller, qu’il y aille. Car c’est un coureur, un vrai coureur. Je préfère d’autres coureurs, mais il faut lui reconnaître une chose, c’est un coursier. Je ne sais pas s’il gagnera Roubaix mais on s’en fout.»
Peut-il s’imposer dès sa première participation ?
«Bien sûr qu’il peut le gagner, assurele manager de Groupama-FDJ. Il a les qualités, ce n’est pas un manche à balai, il n’a pas un si petit gabarit que ça (1,76m, 66kg). Je n’étais pas bien lourd, j’étais à 67 kg quand j’ai gagné. Roubaix n’est pas une histoire de gabarit de toute façon, c’est là-haut que ça se passe. S’il est prêt dans la tête et je suis sûr qu’il fait tout pour l’être, il sera dans le match. »
Fabio Baldato (2e en 1994) en est d’autant plus convaincu qu’il est directeur sportif chez UAE et qu’il était de la reconnaissance en février: « Il aime les pavés, il est capable de réaliser des différences. Ce n’est pas seulement un grimpeur. C’est mieux d’avoir un peu d’expérience sur ce type de course mais sur son premier grand Tour (la Vuelta en 2019), il avait terminé 3e et le second (Tour de France), il l’avait gagné. S’il fait la même chose à Roubaix, ce sera très bien.»
Hayman le classe par mi les favoris mais pas en numéro 1 «face à des gars comme Wout (Van Aert), Mathieu (van der Poel), avec leurs kilos supplémentaires, leur puissance. S’il arrive au vélodrome avec quelqu’un de ce calibre, ce sera difficile de pouvoir sprinter contre eux.» «Mathieu (van der Poel) reste le favori mais on va avoir un sacré combat car Pogacar ose tout et tout le temps», souligne Christian Prudhomme, patron du Tour où «Pogi» avait brillé sur l’étape des pavés en 2022. Pour Thierry Gouvenou, responsable de l’épreuve, le coureur néerlandais garde les faveurs des pronostics mais «Pogacar va peut-être courir autrement et trouver des opportunités dans le final de cette course. Il ne va pas arriver juste pour faire de la promenade.»
Que risque-t-il ?
Une chute et c’est toute l’angoisse de son manager, Mauro Gianetti, à deux mois et demi du Tour de France,dans un remake de sa fracture du poignet lors de Liège-Bastogne-Liège en 2023: « Je ne pense pas que son staff passera une agréable journée en le regardant à la télévision parce que je suis sûr qu’ils s’inquiéteront pour leur coureur le plus précieux, sourit Hayman, dix-sept Paris-Roubaix au compteur. À la place de Mauro, j’aurais peur aussi. Mais des chutes peuvent se produire n’importe où, on l’a vu l’année dernière dans de nombreuses courses différentes, sur des routes normales. Mais c’est un risque accru d’aller sur une classique comme celle-là. » Prévu initialement sur le GP E3 et Gand-Wevelgem, «Pogi», qui disputera le Tour des Flandres une semaine auparavant, aurait pu tout aussi bien terminer dans le fossé avant Roubaix et Prudhomme l’estime suffisamment «à l’aise sur tous les terrains. Il sait piloter. Il est capable de tout sur un vélo.»
Quel impact sur le cyclisme ?
Sa décision enfin officialisée, on ne parlait plus que de ça, hier, sur les épreuves courues, car pour Gouvenou, « c’est un grand moment pour le cyclisme. Si un jour il vient à gagner cette épreuve-là, ça sera dans la difficulté. Cette course va le rendre encore plus grand.» Prudhomme ne pouvait que se réjouir également d’envoyer un vainqueur du Tour sur les pavés du Nord: «C’est formidable, ce n’est pas arrivé depuis une trentaine d’années. Je me souviens qu’on était heureux d’avoir Bradley Wiggins, vainqueur du Tour en 2012, au départ en 2014 (9e). Là, on est dans un autre registre, dans la gamme supérieure, il va être au départ pour gagner. C’est un coureur de défis.»
Depuis 1991 et Greg LeMond, aucun vainqueur sortant de la Grande Boucle n’avait tenté sa chance dans le Nord et il faut remonter, évidemment, à Eddy Merckx pourvoir le vainqueur du Tour (en 1972) s’imposer sur le Vélodrome quelques mois plus tard, en avril1973. Bernard Hinault, lui, s’était imposé à Roubaix en 1981 avant d’en faire de même sur le Tour en juillet de la même année.
***
Pogacar, dritto all'inferno
Domande per un campione: Tadej Pogacar
Eddy Merckx è stato l'ultimo vincitore uscente del
Tour ad aver vinto la Parigi-Roubaix. Era il 1973.
Pogacar, dritto all'inferno
La partecipazione di Merckx alla Roubaix del 13 aprile solleva una serie di interrogativi. Ma tutti i testimoni concordano sul fatto che potrebbe trattarsi di un'impresa grandiosa.
27 marzo 2025 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS (con Th. P.)
Che si tratti di ex vincitori della Parigi-Roubaix o di organizzatori dell'evento, tutti gli attori della corsa del Nord accolgono con favore la partecipazione ufficiale di Tadej Pogacar, un corridore degno dell'Inferno del Nord, ma che rischia anche di perdere tutto, compreso il Tour, in caso di caduta.
Allora perché andare?
Per divertirsi, come spesso accade allo sloveno. E l'idea piace a Mathew Hayman, vincitore della Parigi-Roubaix nel 2016 e ora direttore sportivo della Jayco-AlUla: “Che si tratti dei Campionati del Mondo, del Tour de France o della Milano-Sanremo, che probabilmente ha cambiato per sempre, lui vuole solo correre. A volte ci si strappa i capelli, non si sa come batterlo, ma almeno alla Roubaix ha forse meno possibilità di vincere che in altre corse”. Marc Madiot, un altro vincitore dell'Enfer du Nord (1985 e 1991), e non il primo fan dello sloveno, accoglie con favore la sua iniziativa: “Ha ragione, sta a lui decidere e se è così, va benissimo. Se vuole andare, che vada. Perché è un pilota, un vero pilota. Preferisco altri piloti, ma bisogna riconoscergli un merito: è un corridore. Non so se vincerà la Roubaix, ma che importa?
Può vincere alla sua prima apparizione?
Certo che può vincere”, dice il manager della Groupama-FDJ. Ha le qualità per farlo, non è uno che si impunta e non è così piccolo (1,76 m, 66 kg). Io non ero molto pesante, pesavo 67 kg quando ho vinto. La Roubaix non è comunque una questione di taglia, è lì che si gioca. Se è pronto di testa, e sono sicuro che sta facendo di tutto per esserlo, sarà della partita.
Ne è convinto Fabio Baldato (2° nel 1994), direttore sportivo dell'UAE e presente alla ricognizione di febbraio: “Gli piace il pavé, è capace di fare la differenza. Non è solo uno scalatore. È meglio avere un po' di esperienza in questo tipo di corsa, ma nel suo primo grande Tour (la Vuelta nel 2019), è arrivato terzo e ha vinto il secondo (Tour de France). Se farà lo stesso alla Roubaix, sarà molto buono”.
Hayman lo valuta tra i favoriti, ma non come numero 1 “contro ragazzi come Wout (Van Aert), Mathieu (van der Poel), con i loro chili in più, la loro potenza. Se arriva al velodromo con qualcuno di quel calibro, sarà difficile riuscire a sprintare contro di loro”. “Mathieu (van der Poel) rimane il favorito, ma ci sarà da lottare perché Pogacar osa fare sempre tutto”, ha sottolineato Christian Prudhomme, il boss del Tour dove ‘Pogi’ ha brillato nella tappa sul pavé del 2022. Per Thierry Gouvenou, il responsabile dell'evento, il corridore olandese è ancora favorito dai pronostici, ma “Pogacar forse correrà in modo diverso e troverà opportunità nelle fasi finali di questa corsa. Non arriverà solo per la corsa.
Cosa rischia?
Una caduta e il suo manager, Mauro Gianetti, sarebbe preoccupato a due mesi e mezzo dal Tour de France, in una ripetizione della frattura del polso alla Liegi-Bastogne-Liegi del 2023: “Non credo che il suo staff passerà una giornata piacevole guardandolo in televisione, perché sono sicuro che saranno preoccupati per il loro corridore più prezioso”, sorride Hayman, con diciassette Parigi-Roubaix a suo nome. Se fossi Mauro, anch'io avrei paura. Ma le cadute possono accadere ovunque, lo abbiamo visto l'anno scorso in molte gare diverse, su strade normali. Ma è un rischio maggiore andare in una classica come questa”. Inizialmente previsto per il GP E3 e la Gand-Wevelgem, 'Pogi', che parteciperà al Giro delle Fiandre una settimana prima, avrebbe potuto tranquillamente finire nel fosso prima della Roubaix e Prudhomme ritiene che sia “abbastanza a suo agio su tutti i terreni. Sa come pedalare. Può fare qualsiasi cosa in bicicletta”.
Che impatto avrà sul ciclismo?
Con la sua decisione finalmente ufficializzata, ieri non si parlava d'altro che delle corse, perché per Gouvenou “è un grande momento per il ciclismo”. Se un giorno vincerà questa corsa, sarà un momento difficile. Questa gara lo renderà ancora più grande”. Anche Prudhomme si è detto felice di mandare un vincitore del Tour sul pavé del Nord: “È fantastico, non accadeva da circa trent'anni. Ricordo quanto siamo stati felici di avere Bradley Wiggins, vincitore del Tour nel 2012, al via nel 2014 (9°). Ora siamo in un campionato diverso, nelle zone alte, e lui sarà al via per vincere. È un corridore impegnativo”.
Dal 1991 e da Greg LeMond, nessun vincitore uscente della Grande Boucle aveva tentato la fortuna nel Nord, e naturalmente dobbiamo tornare a Eddy Merckx per vedere il vincitore del Tour (nel 1972) vincere sul Vélodrome pochi mesi dopo, nell'aprile 1973. Bernard Hinault, invece, vinse alla Roubaix nel 1981 prima di fare lo stesso al Tour nel luglio dello stesso anno.
Commenti
Posta un commento