Akliouche, toujours pas ça
"C’est peut-être parce qu’on n’est pas aussi dominants
qu’on pourrait l’être et que les joueurs créatifs
endossent plutôt un costume de travailleurs"
- SÉBASTIEN POCOGNOLI, ENTRAÎNEUR DE MONACO
9 Feb 2026 - L'Équipe
ANTOINE MAUMON DE LONGEVIALLE
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PERMANENT
NICE – Maghnes Akliouche aurait-il pu mieux négocier ce contre à la 81e minute, quand Mika Biereth attendait un ballon qu’il ne lui est jamais parvenu ? Aurait-il dû réussir son dribble sur Dante, sans soutien auprès de lui, plutôt que se faire prendre le ballon par le Brésilien de 42 ans, à la 34e ? Et aurait-il dû, tout simplement, en montrer plus que la pâle copie qu’il a encore rendue à Nice (0-0), hier, alors qu’il ambitionne de se faire une place parmi les joueurs offensifs que Didier Deschamps emmènera cet été à la Coupe du monde ?
Si le collectif monégasque ne porte pas le natif de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) vers le haut, l’inverse est également vrai, le gaucher de 23 ans peinant chaque semaine à confirmer son statut de néo-international (5 sélections, 1 but). Le week-end passé, il a marqué contre Rennes (4-0). Mais ce n’était que son quatrième but de la saison, toutes compétitions confondues. Dans la perception de ses per« Maghnes a eu des bons moments et d’autres où on peut attendre plus » , a d’abord expliqué Sébastien Pocognoli après le nul de son équipe. Avant de développer : « Il y a des matches où je trouve qu’il peut faire beaucoup mieux et où on dit qu’il a fait un bon match, d’autres où il fait un match moyen et où on dit qu’il fait un très bon match. Maghnes a des hauts et des bas. C’est ce qui est assez perturbant dans l’analyse. Il y a des moments où on se dit : “Quel joueur !” Et d’autres où on se dit qu’il peut en faire plus. »
Hier, Akliouche n’était pas le seul Monégasque à se montrer à la peine. Alexandre Golovine lui a permis de ne pas se sentir seul. Sans pouvoir combiner avec ses partenaires comme il pouvait le faire naguère avec Takumi Minamino, Breel Embolo ou Eliesse Ben Seghir, c’est comme s’il en était réduit à surjouer pour tenter de tirer l’ASM de son marasme. « C’est peut-être parce qu’on n’est pas aussi dominants qu’on pourrait l’être et que les joueurs créatifs endossent plutôt un costume de travailleurs, tente d’expliquer Pocognoli. Les top joueurs apprennent de ça et sont quand même décisifs. Je prends l’exemple de Bodö/Glimt (1-0, le 4 novembre). C’était un match très compliqué et il avait su faire une passe décisive. »
Pour le défendre, son entraîneur rappelle comme il lui est difficile de faire souffler le gaucher. Il n’a pas fait débuter Akliouche le week-end passé, mais ce n’était que la 4e fois en 32 matches cette saison. « On a un groupe très restreint : ceci explique aussi cela avec Maghnes, qui est amené à beaucoup jouer parce qu’il n’y a pas beaucoup de concurrence » , souligne Pocognoli, qui a perdu Minamino jusqu’à la fin de la saison et voit Ansu Fati enchaîner les allers-retours à l’infirmerie. Le Belge assume la « grosse demande » qu’il y a autour de son joueur. « S’il arrive à faire face dans cette période, il en ressortira plus fort pour la suite de sa carrière » , insiste-t-il. Des mots qu’il a aussi l’habitude d’utiliser pour son propre cas.
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