COSTIOU - Intégration réussie
La pluie n’a pas perturbé Ewen Costiou,
qui s’est imposé avec cinq secondes d’avance sur Maxime Decomble.
Vainqueur de l’épreuve gardoise à l’issue du contre-la-montre final, qu’il a aussi remporté, le Brestois a assumé son statut de leader chez Groupama-FDJ United, sa nouvelle formation.
"Cette victoire confirme notre choix de mettre Ewen leader"
- THIERRY CORNEC, MANAGER GÉNÉRAL
DE GROUPAMA-FDJ UNITED
9 Feb 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
ALÈS (GARD) – Le chemin du podium à son car fut périlleux, entre une demande pour sa casquette, les félicitations d’une certaine « Cocotte » et les photos sollicitées ici et là. De quoi dessiner son nouveau statut. Après une saison chez Arkéa-B&B Hotels dans la peau du fidèle soldat au service de Kévin Vauquelin, Ewen Costiou, tout juste vainqueur de l’Étoile de Bessèges, hier, après s’être imposé sur le contre-la-montre final, n’a pas allongé le pas malgré la bruine.
Il l’avait même traînant, autant pour profiter de ce succès, son premier sous ses nouvelles couleurs de Groupama-FDJ United, que pour régénérer ses jambes qui l’avaient porté, dans un dernier effort solitaire, au sommet de l’Hermitage. Le Breton a, de son propre aveu, « renversé le général » mais, le matin, les vingt secondes d’avance de Lukas Kubis (Unibet Rose Rockets), leader jusque-là, et la pluie avaient inquiété son staff. « On pensait que cela pouvait l’avantager. On a tremblé jusqu’à la fin, mais les gars ont sorti deux gros chronos » , s’est félicité Benoît Vaugrenard, directeur sportif de la formation française, en pensant à Costiou et à l’étonnant Maxime Decomble, 2e de l’étape, 3e du général et maillot blanc de meilleur jeune, reparti d’Alès les bras chargés de fleurs, de vins et de trophées. Il s’agissait d’un succès collectif, aussi, pour l’équipe dirigée maintenant par Thierry Cornec, le manager général : « Gagner en début de saison, c’est symbolique, cela donne le départ, encore plus avec deux coureurs aux avant-postes. On avait fait le pari de ne pas débuter trop tôt la saison en Espagne. Forcément, quand on a vu les autres équipes gagner, on a pu se poser des questions. Mais cette victoire confirme notre choix de venir avec cette équipe, avec ces coureurs et de mettre Ewen leader. »
La disparition d’Arkéa – dont l’esprit flottait encore un peu, un an après la victoire de Vauquelin sur cette même épreuve – a fait basculer Costiou dans un autre monde, avec d’autres responsabilités qu’il estimait, hier, avoir « assumées. Je suis quelqu’un qui gère la pression. Je ne me la mets pas et en plus, j’avais un co-leader avec moi ( une superbe équipe. Je suis là pour faire des résultats, je ne me cache pas. » Lors de la troisième étape, autour de Bessèges, lui et son équipe avaient laissé passer l’occasion de se donner de la marge et pris le risque de tout jouer sur ce dernier exercice. Il en était sorti « frustré car nous étions les plus forts, on n’avait pas obtenu ce qu’on espérait. Cela faisait un peu peur de jouer le général sur le dernier jour mais j’ai fait un super chrono. »
Avec Decomble en éclaireur, le vainqueur du Tour du Limousin l’an passé a évité les écueils d’un début de parcours urbain cassegueule, où Kubis avait su surfer sur les flaques des quais alésiens mais, au pied de la bosse, il n’était plus question de sortir le boulier quand on a vu le Slovaque s’écrouler sur sa machine, comme son équipier Niklas Larsen, broyé par les pourcentages de ce juge de paix qui réussit aux Français.
Les bénéfices d’un « petit reset »
Car si le regretté Roland Fangille, qui a légué à sa fille Claudine une course, une culture et une histoire, ne lui a pas révélé l’endroit où il allait brûler un cierge pour avoir une météo clémente, il lui a glissé la recette pour mettre des Français sur la boîte, trois en l’occurrence avec Paul Lapeira, deuxième du général (à deux secondes de Costiou), « à la place qu’il mérite », comme le puncheur de Decathlon-CMA CGM l’a confié à la chaîne L’Équipe. Ce trio relève une semaine marquée par les victoires surprises et un plateau plus faible que ces cinq dernières années. Mais peu importe, cette 56e édition, qui s’est déroulée sans aucun accroc (si on aime les bottes et les cirés), a sacré un coureur en devenir.
Déjà sur les radars lors de son Giro plein de culot en 2024, le Brestois a confirmé ses aptitudes en contre-la-montre, qu’il « a bien travaillé chez nous cet hiver. Et un chrono comme ça, avec une bosse, c’est tout ce qu’il aime, assurait Vaugrenard. Cela lance la saison. »
Surtout, cette victoire « installe Ewen dans le collectif dès le départ (Cornec) » , puisqu’il est dorénavant déchargé de la pression du compteur à débloquer : « C’est une nouvelle équipe, mais j’ai connu une super intégration, tout s’est super bien passé. Quand on change d’équipe, on a envie de performer rapidement. Voir de nouvelles choses, ça fait du bien, c’est un petit reset dans la carrière. Je savais que j’étais dans une spirale, il fallait juste mettre les choses en place et assumer ce statut dans l’équipe. »
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