Le maître du tempo
Paul Magnier a remporté hier après midi le sprint massif à Lagos.
Dans un final agité et moins contrôlé par son équipe, Paul Magnier, le coureur de la Soudal-Quick Step, a encore trouvé le timing idéal pour s’imposer sur un vrai sprint massif lors de la quatrième étape. Ses adversaires assistent, impuissants, à son empi
“Tout le monde avait l’intention d’attendre, j’ai essayé d’anticiper et au final, ça a payé ''
22 Feb 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
LAGOS (POR) – L’énergie du phénomène électrise le paddock à l’aube et au crépuscule de chaque étape sur ce Tour de l’Algarve. Avec sa banane et un regard toujours virevoltant à droite à gauche, Paul Magnier renvoie un vis a ge naï f d’ habi t ué a u bon dénouement des choses, qu’importent les péripéties. Même s’il y a « toujours un peu… comment dire… de l’improvisation » , selon son poisson-pilote Dries Van Gestel, le sprinteur de 21 ans trouve toujours une issue.
En comparaison du contrôle de son train Soudal-Quick Step à l’arrivée de la 1re étape qu’il avait remportée mercredi, le final de ce samedi à Lagos fut plus chaotique. « À la télévision, ça n’avait peut-être pas l’air spécial car ce n’était pas extrêmement rapide ni physiquement très dur, mais c’était une lutte constante pour gagner un centimètre » , a souligné son lanceur belge, que Magnier a perdu dans la dernière longue ligne droite de cette 4e étape.
To u t l e mond e c o mpt a i t d’ailleurs sur ce désordre pour tenter de détrôner l’Isérois, privé aussi de Jasper Stuyven, un élément clé de son train, malade et « Paul est battable, il a un super train mais les sprints sont toujours chaotiques, je crois en mes chances » , anticipait Jordi Meeus (RedBull-Bora-hansgrohe), optimiste le matin puis encore dauphin de Magnier l’après-midi.
Paul Magnier après sa victoire
Avec le vent de face sur cette interminable avenue bordée de palmiers, le placement était primordial et ce devait être « plus une question de timing que de force pure » , expliquait Arnaud De Lie (Lotto-Intermarché, 83e). Magnier avait les deux. Dans l’idéal, le Français espérait « lancer à 160175 m de la ligne » mais il était difficile de ne pas se faire enfermer.
Puisque « tout le monde avait l’intention d’attendre, j’ai essayé d’anticiper et au final ça a payé » , expliquait-il après un appel vidéo avec son coéquipier Valentin Paret-Peintre, actuellement en stage en altitude et à qui Magnier voulait dire quelques mots entre le podium et les sollicitations médiatiques, comme si ces protocoles réservés au vainqueur « Je ne suis pas surpris du tout, il fait ce qu’on attendait de lui », a d’ailleurs résumé Yves Lampaert, l’un de ses lanceurs qui range cette série de succès dans la banalité. Le Français n’a même pas le sentiment d’avoir vraiment progressé sur le plan physique cet hiver mais surfe sur une dynamique géniale depuis 2025. « Quand on gagne 19 courses l’an dernier, c’est difficile de franchir encore un palier » , constatait Van Gestel. La confiance obtenue avec ces succès a simplement permis à Magnier de « passer un bon hiver » et il ne saurait ajouter des explications à sa forme étincelante. « Ce qui fait la différence ? L’équipe et les jambes » , abrègeat-il.
Forcément titillé sur son statut de favori au départ du Nieuwsblad samedi prochain, Magnier préfère tempérer ardeurs des journalistes belges : « Non, ça dépend de qui sera au départ. On ne sait pas encore si Mathieu ( Van der Poel) sera engagé. » Le coéquipier du Néerlandais, Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech), a en tout cas pris la mesure du talent français. Dixième samedi, le Belge ne se dit pas encore « à 100 % » et espère monter en puissance pour les classiques. Magnier aussi.
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