
DAVID GAUDU, qui devait terminer au moins huit places devant Jonas Vingegaard, n'a pas laisse passer l'occasion d'endorsser le maillot rouge de leader pour la premiere fois de sa carriere
GAUDU BONHEUR
Au lendemain de sa victoire, le Français a joué des coudes, hier, pour faire une bonne place à Voiron et prendre le maillot de leader à Jonas Vingegaard, avec la bénédiction du Danois. Une première sur un Grand Tour pour le Breton, qui aura fort à faire aujourd’hui pour se défendre.Sa 25e place, hier à Voiron, aura permis à David Gaudu de prendre la tête de la course et de revêtir, tout sourire, le maillot rouge.
"On ne pouvait pas pousser David à prendre des risques
alors qu’il lui reste encore de belles choses à faire dans cette Vuelta"
- FRÉDÉRIC GUESDON, DIRECTEUR SPORTIF DE GROUPAMA-FDJ
"C’est une émotion, surtout en France.
Quand on sait comment c’est dur de gagner
sur un Grand Tour ou d’en être leader"
- DAVID GAUDU
27 Aug 2025 -. L'Équipe
PIERRE MENJOT
VOIRON (ISÈRE) – Il le voulait mais pas trop, ou alors pas à tout prix. Il n’a pas pu s’en empêcher, finalement, et à le voir sur le podium les mains sur le visage, incrédule, avant de brandir un poing serré et le petit taureau offert au leader devant le public isérois qui scandait son prénom, David Gaudu ne regrettait rien. «C’est un des plus beaux podiums que j’ai pu faire de ma carrière » , avoua-t-il, rempli d’émotions. Pas l’excitation de la veille, après sa victoire au sprint face à Mads Pedersen, un shoot d’adrénaline sans égal qu’il a «refait 5000 fois dans [ sa] tête avant de [s’] endormir». Mais une forme de bonheur total, de plénitude, comme celle qui l’a envahi quand le staff de Groupama-FDJ lui a confirmé qu’il avait bien récupéré le maillot rouge de la Vuelta à Jonas Vingegaard.
Le Breton (28 ans), dans le même temps que le Danois avant de tourner le dos à l’Italie hier matin, devait finir au moins huit places plus haut que le double vainqueur du Tour pour lui chiper la « Roja ». Rien d’impossible. Rien d’évident non plus. « Je ne voulais pas me prendre la tête avec ça, je l’avais en tête (hier) matin mais c’était tout l’un, tout l’autre: on voulait le faire et, d’un autre côté, on était sur la réserve car un sprint massif, c’est dangereux, et j’ai déjà eu assez de gamelles cette année (à l’entraînement avec un chien, aux Strade Bianche, à Tirreno-Adriatico, au Giro). Je pense que c’est la première et la dernière fois que je vais là-dedans, ce n’est pas ma place », rigolait-il. Sur un parcours propice aux attaques au départ, avec les ascensions de Montgenèvre et du Laut are t dans les 80 premiers kilomètres, son équipe craignait « qu’une échappée avec dix, quinze mecs s’entende bien et qu’ils partent en costauds, que le peloton laisse tomber sans défendre le maillot car les leaders préfèrent ne pas trop rouler les veilles de chrono », expliquait Frédéric Guesdon, l’un des directeurs sportifs de Groupama-FDJ. Ce ne fut pas le cas, cinq fuyards tentèrent leur chance, vite ramenés à la raison par les Lidl-Trek de Pedersen et les Alpecin-Deceuninck de Jasper Philipsen, et les maillots bleus pouvaient donc jouer.
Cela a commencé lors du sprint intermédiaire de Noyarey, à 32 kilomètres de l’arrivée. Des secondes de bonifications attendaient les trois premiers, et Gaudu, bien placé par ses équipiers, s’est senti chaud. «De base, corrigeait-il, je ne voulais pas du tout le faire. Pris dans l’engouement du truc, je me suis retrouvé dans la roue de Ciccone, mais il n’y avait pas grand-chose à faire, je suis 5e, c’est ma place. J’avais toujours en tête ma deuxième chance, sur la ligne d’arrivée.»
Tout ne fut pas simple, dans un final « tellement dangereux, grimaçait Guesdon, qu’on ne pouvait pas non plus pousser David à prendre des risques alors qu’il lui reste encore de belles choses à faire dans cette Vuelta.» Qu’importent les ronds-points, les îlots urbains, la chaussée rétrécie brusquement, le grimpeur était là, ses 53 kilos bien calés dans la file des siens, emmené notamment par Stefan Küng et Thibaut Gruel, qui aurait pu jouer sa carte personnelle sur ce sprint en bosse.
« À trois bornes, c’était un peu compliqué, David devait se débrouiller un peu seul, savait le «DS». Mais, une fois dedans, il a été pris, et comme un collègue a dit à l’oreillette que Vingegaard s’était relevé, ça a encore plus remotivé David, qui frotte assez bien quand même.»
Loin de Ben Turner et de Jasper Philipsen, qui ont lutté pour la victoire, remportée par le Britannique d’Ineos, l’ancien vainqueur du Tour de l’Avenir coupait la ligne en 25e position, dix-sept rangs devant le Danois (42e). «J’ai appuyé à fond jusqu’à la ligne», se marrait-il.
Au lendemain de sa victoire en Italie, alors qu’il avait faisandé son Giro (aucun top 15, 66e du général), l’homme au catogan devenait le leader de la Vuelta en France, lui qui fut obligé dezapper le Tour cette année, et il y voyait un signe, « un beau clind’ oe il », comme un résumé de sa saison, si ce n’est de ses dernières années.
Après avoir touché le bas, le voilà tout en haut. «C’est une émotion, surtout en France, devant mon public, incroyable, rayonnait-il. Quand on sait comment c’est dur de gagner sur un Grand Tour ou d’en être leader, c’est réservé à peu de coureurs, alors porter ce maillot rouge, c’est une sacrée belle chose. Je pense à toute l’équipe, les gars qui ont pris des risques pour moi ( hier), le staff qui a su me remobiliser, me faire confiance alors qu’ils n’avaient aucune certitude sur mon niveau il y a encore trois jours. C’est aussi pour eux que j’ai décroché ce maillot.»
C’est presque devenu une tradition pour l’équipe française, après Rudy Molard (4 jours en 2018, un en 2022) et Lenny Martinez (2 jours en 2023). Après avoir rangé la tunique dans le sac pour prendre l’avion à Grenoble et rejoindre l’Espagne hier soir, David Gaudu la portera ce soir, lors du contre-la-montre par équipe de Figueres, 24 kilomètres tout plats où sa formation s’élancera la dernière. «Ça va peut-être donner encore plus d’engouement à tout le monde et à moi aussi», osait timidement le 4e du Tour 2022. « Il ne faut pas s’interdire de garder le maillot, appuyait Guesdon. Au départ, on était loin de penser qu’on pourrait l’avoir après quatre étapes, alors pourquoi pas?»
Cela paraît difficile de rivaliser avec les Visma de Vingegaard, malgré des machines à rouler comme Küng ou Rémi Cavagna. Peu importe. «Vu comment il marche et le profil de la Vuelta, beaucoup d’étapes peuvent lui convenir », lorgnait son « DS », qui n’a pas oublié que les victoires allaient souvent par deux (Gaudu en 2020, Pinot en 2018). À Voiron, le maillot rouge parlait de « cerise sur le gâteau ». Il n’a simplement pas précisé la taille du gâteau.
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3 - David Gaudu porte le maillot de leader d'une course professionnelle pour la 3e fois de sa carrière, après le Tour d'Algarve en 2022 (2 jours) et le Tour d'Oman cette saison (2 jours).
Source : Fuoriclasse
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ROSSO DI PIACERE
DAVID GAUDU, che per farcela doveva arrivare almeno otto posizioni davanti a Jonas Vingegaard, non si è lasciato sfuggire l'occasione di indossare la maglia rossa di leader per la prima volta nella sua carriera.
FELICE E GAUDUIOSO
All'indomani della sua vittoria (a Ceres, nella terza tappa, ndr), ieri il francese ha lottato per conquistare un buon piazzamento a Voiron e strappare così la maglia di leader a Jonas Vingegaard, con la benedizione del danese.
Una prima volta in un grande giro per il bretone, che oggi avrà molto da fare per difendersi
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Il suo 25° posto ieri a Voiron ha permesso a David Gaudu di prendere la testa della corsa e di indossare, tutto sorridente, la maglia rossa.
"Non potevamo spingere David a correre rischi
quando ha ancora grandi cose da fare in questa Vuelta"
- FRÉDÉRIC GUESDON, DIRETTORE SPORTIVO DI GROUPAMA-FDJ
"È un'emozione, soprattutto in Francia.
Si sa quanto sia difficile vincere
un grande giro o anche solo esserne il leader"
- DAVID GAUDU
27 agosto 2025 -. L'Équipe
PIERRE MENJOT
VOIRON (ISÈRE) – Lo voleva, ma non troppo, o almeno non a tutti i costi. Alla fine non ha potuto trattenersi e, vedendolo sul podio con le mani sul viso, incredulo, prima di alzare il pugno chiuso e il torello offerto al leader davanti al pubblico dell'Isère che ne scandiva il ìnome, David Gaudu non aveva alcun rimpianto. «È uno dei podi più belli che abbia mai conquistato nella mia carriera», ha ammesso, pieno di emozioni. Non l'eccitazione del giorno prima, dopo la sua vittoria in volata contro Mads Pedersen, una scarica di adrenalina senza pari che ha «rivissuto 5000 volte nella [sua] testa prima di addormentarsi». Ma una forma di felicità totale, di pienezza, come quella che lo ha pervaso quando lo staff della Groupama-FDJ gli ha confermato che lui aveva effettivamente strappato la maglia rossa della Vuelta a Jonas Vingegaard.
Il bretone (28 anni), in classifica con lo stesso tempo del danese prima di voltare le spalle all'Italia ieri mattina, doveva finire almeno otto posizioni più in alto del doppio vincitore del Tour per strappargli la “Roja”. Niente di impossibile. Ma nemmeno di scontato. "Non volevo stressarmi troppo, ci avevo pensato (ieri) mattina, ma era un po' un dilemma: da un lato volevamo farlo, dall'altro eravamo cauti perché uno sprint di gruppo è pericoloso e quest'anno ho già avuto abbastanza cadute (in allenamento scontrandosi con un cane, alla Strade Bianche, alla Tirreno-Adriatico, al Giro). Penso sia la prima e l'ultima volta che mi cimento in una cosa del genere, non è il mio posto", ha scherzato. Su un percorso favorevole agli attacchi in partenza, con le salite del Monginevdro e del Lautaret nei primi 80 chilometri, la sua squadra temeva «che una fuga di dieci, quindici si accordasse bene e partisse forte, che il gruppo lasciasse perdere senza difendere la maglia perché i leader preferiscono non spingere troppo alla vigilia della cronometro», spiegava Frédéric Guesdon, uno dei direttori sportivi della Groupama-FDJ. Non è stato così: cinque fuggitivi hanno tentato la sorte, ma sono stati rapidamente riportati alla ragione dalla Lidl-Trek di Mads Pedersen e dalla Alpecin-Deceuninck di Jasper Philipsen, e le maglie blu (della Groupama-FDJ, ndr) hanno potuto quindi giocarsela.
Tutto è iniziato durante lo sprint intermedio di Noyarey, a 32 chilometri dall'arrivo. I primi tre avrebbero ottenuto dei secondi di bonus e Gaudu, ben posizionato dai suoi compagni di squadra, si sentiva pronto. «In realtà - ha precisato - non volevo farlo. Preso dall'entusiasmo del momento, mi sono ritrovato a ruota di (Giulio) Ciccone, ma non c'era molto da fare, ero quinto, è il mio posto. Avevo ancora in mente la mia seconda possibilità, sul traguardo».
Non è stato tutto facile, in un finale «così pericoloso», ha commentato Guesdon, «non potevamo spingere David a correre rischi quando ha ancora grandi cose da fare in questa Vuelta». Non importavano le rotatorie, gli isolati urbani, la carreggiata che si restringeva bruscamente, lo scalatore era lì, con i suoi 53 chili ben saldi nella fila dei suoi compagni, guidati in particolare da Stefan Küng e Thibaut Gruel, che avrebbe potuto giocare la sua carta personale in questo sprint in salita.
«A tre chilometri dall'arrivo era un po' complicato, David doveva cavarsela da solo, lo sapeva il DS. Ma una volta dentro, è stato preso, e quando un collega gli ha detto all'auricolare che Vingegaard si era rialzato, questo ha motivato ancora di più David, che comunque se l'è cavata piuttosto bene».
Lontano da Ben Turner e Jasper Philipsen, che hanno lottato per la vittoria, conquistata dal britannico della Ineos, l'ex vincitore del Tour de l'Avenir ha tagliato il traguardo al 25° posto, diciassette posizioni davanti al danese (42°). «Ho spinto al massimo fino al traguardo», ha detto ridendo.
All'indomani della sua vittoria in Italia, dopo aver fallito il Giro (nessuna piazzamento tra i primi 15 nelle tappe, 66° nella classifica generale), l'uomo col codino è diventato il leader della Vuelta in Francia, lui che quest'anno è stato costretto a rinunciare al Tour, e ha visto in questo un segno, «un bel colpo di fortuna», come una sintesi della sua stagione, se non degli ultimi anni.
Dopo aver toccato il fondo, eccolo in cima. «È un'emozione incredibile, soprattutto in Francia, davanti al mio pubblico», ha esclamato raggiante. «Quando si sa quanto sia difficile vincere un grande giro o anche solo esserne il leader, cosa riservata a pochi corridori, indossare questa maglia rossa è una cosa davvero bella. Penso a tutta la squadra, ai ragazzi che hanno corso dei rischi per me (ieri), allo staff che ha saputo rimotivarmi, fidarsi di me anche se fino a tre giorni fa non avevano alcuna certezza sul mio livello. È anche per loro che ho conquistato questa maglia».
È quasi diventata una tradizione per la squadra francese, dopo Rudy Molard (4 giorni nel 2018, uno nel 2022) e Lenny Martinez (2 giorni nel 2023). Dopo aver riposto la maglia nella borsa per prendere l'aereo a Grenoble e raggiungere la Spagna ieri sera, David Gaudu la indosserà stasera, durante la cronometro a squadre di Figueres, 24 chilometri tutti in piano dove la sua formazione partirà per ultima. “Forse questo darà ancora più entusiasmo a tutti, me compreso”, ha osato dire timidamente il quarto classificato del Tour 2022. «Non bisogna escludere la possibilità di mantenere la maglia”, ha sottolineato Guesdon. All'inizio mai avremmo pensato di poterla avere dopo quattro tappe, quindi perché no?»
Sembra difficile competere con la Visma di Vingegaard, nonostante corridori come Küng o Rémi Cavagna. Non importa. «Visto come sta andando e il profilo della Vuelta, molte tappe possono essere adatte a lui», ha osservato il suo DS, che non ha dimenticato che le vittorie spesso arrivano in coppia (Gaudu nel 2020, Pinot nel 2018). A Voiron, la maglia rossa ha parlato di «ciliegina sulla torta». Semplicemente, non ha specificato le dimensioni della torta.
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3 - David Gaudu indossa la maglia di leader di una gara professionistica per la terza volta nella sua carriera, dopo il Tour dell'Algarve nel 2022 (2 giorni) e il Tour dell'Oman in questa stagione (2 giorni).
Fonte: Fuoriclasse
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