Seixas en avance sur Pogacar !


30 Sep 2025 - Le Télégramme (Vannes)
Antoine Suard

Treizième des Mondiaux élite à Kigali, Paul Seixas s’est une nouvelle fois révélé au plus haut niveau, à seulement 19 ans. Au même âge, Tadej Pogačar n’en était qu’à ses débuts en Continentale. Le parallèle est saisissant, même s’il appelle à la prudence.Photo archives/AFPEn terminant 13e des Mondiaux, remporté par le Slovène Tadej Pogačar, Paul Seixas prouve une nouvelle fois qu’il faudra compter sur lui dans les années à venir.

Sur les hauteurs du Mont Kigali, la sélection française a résisté avec courage mais sans miracle. Dans ce championnat du monde considéré comme l’un des plus exigeants de l’histoire, seuls 30 coureurs ont rallié l’arrivée. À 19 ans tout juste, - il les a fêtés le jour du contre-la-montre par équipes, terminé à la 2e place - Paul Seixas a tenu sa place jusqu’au bout pour prendre une remarquable 13e position, meilleur Français de la journée, à 9’07’’ du vainqueur, Tadej Pogačar.

« J’ai tout donné jusqu’à la ligne », confiait le coureur de Decathlon AG2R La Mondiale, encore marqué par les 267,5 km et la chaleur rwandaise. Pour Thomas Voeckler, le sélectionneur, « il a été épatant », dans une course où la tactique a vite laissé place à la seule résistance physique.

Près de deux ans d’avance sur le Slovène

Ce résultat prend une dimension particulière lorsqu’on le compare à celui de Pogacar au même âge. En 2017, le Slovène évoluait encore au sein de la formation Radenska puis RO Ljubljana, en Slovénie. Son palmarès international était déjà solide, mais restait cantonné aux courses U23 et au calendrier continental. À 19 ans, il terminait 20e des Mondiaux espoirs 2020, remportés par Benoît Cosnefroy, s’était classé cinquième du Tour de Slovénie et troisième du Tour de Hongrie. Il ne découvrit l’élite qu’à 20 ans passés, en intégrant UAE Team Emirates, avec une troisième place sur la Vuelta pour son premier grand Tour.

Paul Seixas, lui, a brûlé les étapes. Champion du monde juniors du contre-la-montre en 2024, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège juniors, du Giro della Lunigiana et du Tour du Pays de Vaud, il a confirmé cette saison dès ses débuts chez les pros : podiums d’étape sur le Tour des Alpes, 13e des Mondiaux, 8e au Dauphiné, où à 18 ans et 264 jours, il est devenu le plus jeune coureur de l’histoire à intégrer le top 10 d’une grande course par étapes, effaçant un record vieux de soixante ans. Même Pogačar n’avait pas affiché une telle précocité. Ajoutez à cela son succès sur le Tour de l’Avenir à 18 ans et 11 mois, plus jeune vainqueur de l’histoire. En 2018, Tadej Pogacar avait 19 ans et 339 jours lorsqu’il l’avait remporté.

Des débuts professionnels « tardifs » pour Tadej Pogačar

La comparaison a évidemment ses limites. Pogačar a bâti son palmarès entre 20 et 26 ans : quatre Tours de France, un Giro, deux Mondiaux, neuf monuments et une moisson de victoires (105) qui le placent déjà parmi les légendes. Rien ne garantit que Seixas suivra le même chemin. Mais à ce stade, le Français compte près de deux ans d’avance dans sa progression.

La prochaine étape arrive dès cette semaine avec les championnats d’Europe, disputés en France, entre la Drôme et l’Ardèche. Un parcours accidenté, une sélection française ambitieuse, et un plateau royal avec Pogačar, Evenepoel et Vingegaard au départ.

Et si, là où le Slovène n’a jamais brillé il n’a jamais remporté le titre continental - Paul Seixas venait écrire une première ligne en or ? L’hypothèse est audacieuse, mais elle illustre bien la dynamique dans laquelle s’inscrit le jeune Lyonnais : celle d’un coureur qui, sans brûler les étapes, redéfinit déjà les standards de précocité.

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