Pros-formation, comment ça marche
Senny Mayulu, Ibrahim Mbaye et Warren Zaïre-Emery sur la pelouse
du stade Olympique de Montjuïc face à Barcelone (2-1), le 1er octobre.
De Luis Enrique, incarnation du projet, à Yohan Cabaye, le directeur du centre de formation, en passant par le directeur du football Luis Campos, plusieurs acteurs tentent de faire le lien entre la pépinière et l’équipe première du Paris-SG. Une tâche parfois complexe.
16 Oct 2025 - L'Équipe
LOÏC TANZI et HUGO DELOM
La présence de Warren ZaïreEmery, Senny Mayulu, Ibrahim Mbaye, puis Quentin Ndjantou sur la pelouse du stade Olympique de Montjuïc face à Barcelone, le 1er octobre (2-1), a mis un coup de projecteur mondial sur la formation parisienne. Une séquence dorée qui pose la question de la méthodologie employée ces derniers mois.Senny Mayulu, Ibrahim Mbaye et Warren Zaïre-Emery sur la pelouse du stade Olympique de Montjuïc face à Barcelone (2-1), le 1er octobre.
Le lien entre les professionnels et le centre de formation a toujours été un sujet mouvant ces dernières années, avec des expériences diverses comme le passage de Luis Fernandez dans la structure ou le rôle de Zoumana Camara lorsqu’il était adjoint des pros. Nasser al-Khelaïfi garde un oeil attentif sur la pouponnière et peut parfois poser un regard sévère sur l’évolution de celle-ci. Il y a quelques semaines, le président du PSG avait notamment fait part de son mécontentement après les départs estivaux de certaines jeunes (Tape, Sangaré…), estimant, en outre, qu’il n’y avait pas assez de talents capables de jouer pour l’équipe première.
Dans la foulée, il s’était rapproché de la direction sportive pour comprendre l’origine de ces problématiques, la questionnant sur le processus de recrutement, l’accompagnement et le développement. Le Qatarien avait ensuite demandé à Yohan Cabaye, le directeur du centre de formation, avec lequel il entretient un rapport direct solide, de travailler sur ces aspects, en lien avec Luis Campos, le directeur du football chez QSI.
Des félicitations, mais aussi des sujets délicats
L’arrivée de Mathieu Le Scornet cet été, en tant que directeur technique, s’inscrit dans cette démarche. Depuis plusieurs mois, Juanki Calero, recruteur pour les professionnels et proche de Campos, fait déjà le lien entre les deux entités. Il vient assister à certains matches et entraînements du groupe Espoirs. Il n’est pas rare non plus d’apercevoir Campos au bord des terrains, tandis que son bras droit Olivier Gagne sert aujourd’hui d’interlocuteur privilégié entre les différents staffs. Luis Enrique est venu une fois depuis le début de la saison observer les jeunes. La saison dernière, l’Espagnol avait organisé un cours à destination des éducateurs pour expliquer son mode de fonctionnement. « Depuis, tout le monde veut jouer comme les professionnels, et Yohan a même passé la consigne de suivre ses conseils», précise-t-on au centre. Des méthodes hispaniques avec des joueurs parisiens: une manière, peut-être, de rapprocher deux modes de fonctionnement encore bien différents.
Récemment, Gagne, le directeur adjoint du football professionnel, a adressé ses félicitations à quelques salariés du centre, expliquant que les jeunes nouvellement intégrés au groupe de Luis Enrique (Quentin Ndjantou, Yanis Khafi, Wassim Slama et Mathis Jangeal) avaient montré un « super état d’esprit, s’étaient montrés très polis, respectueux, et avaient compris les codes des professionnels ». Un instant suspendu, qui n’a cependant pas pu effacer certains sujets délicats entre les salariés du centre de formation et ceux du groupe professionnel. « Manque de liens », « déficit de dialogue », « absence de réunions », «discussions parfois superficielles» ou «sans lendemain »: l’expression des sentiments de certains membres de l’académie révèle des liens à parfaire.
Revenons à la genèse de la venue des Titis à Barcelone. Au lendemain de la défaite à Marseille (0-1, le 22septembre), Luis Enrique et son staff ont dressé le constat d’une fin de mercato incomplète et du besoin d’avoir des séances d’entraînement plus consistantes. Le team manager des professionnels appelle alors celui des U23 pour lui demander de faire monter quatre jeunes à l’entraînement dès le lendemain. «Ce ne sont même pas les deux directions qui se sont parlé directement, ni les deux équipes techniques…», nous a-t-on expliqué.
Des salariés évoquent des tensions entre Cabaye et Campos
La promotion de Ndjantou et Jangeal n’a pas créé trop de remous. Celle de Khafi et Slama, un peu plus. «On ne nous a même pas demandé notre avis, reprend une source au centre de formation. On était tous surpris pour Yanis, qui a encore des progrès à faire. Mais Mathieu Le Scornet et Yohan Cabaye ne voulaient pas que Wassim monte, car il n’était pas en état physique de le faire. Il revenait à peine de blessure. »
La direction du groupe professionnel passera outre ces recommandations. Une version démentie par le club qui précise que cette décision a été prise après un échange entre Gagne et Cabaye. Au-delà de ce cas précis, certains salariés ont évoqué ces dernières semaines des tensions entre Cabaye et Campos, au point de distinguer, selon eux, deux types de contrats professionnels : les « contrats Cabaye » et les « contrats Campos ». Chacun négociant de son côté sans prendre l’avis de l’autre. Tensions là encore démenties par la haute direction. «Il y a une volonté de changement au centre de formation, et ça ne plaît pas à tout le monde. Ça lance des rumeurs, mais Yohan est soutenu par le président », explique-t-on au club. Campos et Cabaye ont ainsi travaillé ensemble cet été pour convaincre Ndjantou de signer au PSG, alors que plusieurs clubs européens – Ajax Amsterdam, Nottingham Forest – tentaient de le recruter.
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