Défaite marginale, gain remarquable
Paul Seixas, hier, après le contre-lamontre de la 3e étape du Tour de
l’Algarve et son assistant chez Decathlon - CMA CGM, Sabino Pignatelli.
Malgré sept précieuses secondes perdues sur Juan Ayuso, qui a été plus téméraire, Paul Seixas a démontré hier, lors de la 3e étape du Tour de l’Algarve, sa progression hivernale en contre-la-montre. Avec son équipe, ils ont beaucoup investi dans cet exerc
“Grâce aux heures passées sur le vélo de chrono, il est de plus en plus uni avec la machine
21 Feb 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX
VILAMOURA (POR) – À chaud, le souffle encore coupé, Paul Seixas a tout de suite su ce qui avait pêché : « Je n’ai pas pris assez de risques. »
Une heure plus tôt, signant le meilleur temps provisoire, qui deviendrait aussi celui de la victoire, Fillipo Ganna (Ineos Grenadiers) avait lui-même admis une approche prudente de son premier contre-la-montre de la saison, réputé technique avec de nombreux virages, des dos d’ânes et des changements de revêtement.
Finalement 4e de cette 3e étape du Tour de l’Algarve à seulement 12ʼʼ du spécialiste italien, Seixas voyait d’abord le temps perdu (7ʼʼ) sur Juan Ayuso (Lidl-Trek) et le sérieux défi qui l’attend demain pour tenter de renverser le général. Quelques allers et retours sur le podium plus tard, le Français de 19 ans relativisait: « C’est tout de même une belle performance. Je suis toujours dans le match, c’est une belle réussite et une belle progression dans l’exercice. J’ai vraiment bien travaillé le chrono cet hiver. »
Les épaules bien roulées et la tête effleurant les pouces, le coureur de l’équipe Decathlon-CMA CGM a affiché une belle position qui ne s’est pas dégradée sur le 19,5 km depuis le port rempli de yachts à une avenue commerciale de Vilamoura. « Ce que j’ai changé en particulier, c’est la position des bras. L’appui est un peu plus avancé et ça me permet d’avoir un peu plus d’angle sur les prolongateurs » , expliquait-il mardi. Depuis ses tests en soufflerie au printemps dernier qui ont permis de créer un premier « cockpit » sur mesure, le jeune Lyonnais et son staff peaufinent. « On arrive à mettre en place des choses un peu plus poussées » , confirme Alexandre Pacot, son entraîneur. De nouveaux essais sur un vélodrome en Belgique, en novembre, ont inspiré quelques aménagements, comme sur le casque utilisé lors des Mondiaux au Rwanda, où Seixas avait admis avoir « pris une bonne claque » (16e à plus de quatre minutes de Remco Evenepoel). « On a coupé la visière de moitié parce qu’on a vu que c’était plus aérodynamique et mieux pour ma position » , détaille le Français. Une méthode utilisée aussi par Evenepoel, preuve de la belle souplesse du jeune coureur malgré des épaules assez larges et un gabarit plus longiligne que le champion du monde de la discipline.
« Grâce aux heures passées sur le vélo de chrono, il est de plus en plus uni avec la machine » , constate Pacot. D’ordinaire, Seixas s’entraîne au moins deux fois par semaine avec ses prolongateurs – « c’est la routine on va dire » , s’amuse-t-il. Ces derniers jours au Portugal, il a effectué chacun de ses décrassages sur son vélo de chrono et a pu tester la version définitive des prolongateurs moulés avec la forme de ses a v a nt - bras et conçus a ve c de nouveaux embouts.
Un mannequin conçu d’après sa position
Signe de la confiance du coureur et son staff en leur matériel, ils ont demandé à l’organisateur – comme Juan Ayuso –, de disputer le chrono avec sa combinaison habituelle plutôt qu’un maillot distinctif. Autre avancée dans le travail de recherche, « on a effectué un scan 3D de ma position pour moins me solliciter et utiliser un mannequin représentatif en soufflerie » , développe Paul Seixas.
Outre le sérieux travail de gainage pour tenir la position, Seixas aurait pris quelques kilos cet hiver pour renforcer sa puissance.
« Les jeunes prennent forcément du poids avec la croissance, donc il va gagner en masse musculaire, mais il n’y a pas de souhait particulier dans ce sens-là » , nuance Pacot. Malgré tous les progrès déjà effectués, il reste donc encore quelques watts à aller chercher.
« Je n’avais pas encore les surchaussures aéros parce qu’elles ne sont pas prêtes, a expliqué Seixas à l’arrivée. Sept secondes, ça peut se jouer à ça! »
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