Les Spurs à nouveau shérifs du Texas?


Victor Wembanyama toise du regard Kevin Durant, 
l’une de ses idoles de jeunesse, 
à l’occasion du succès de San Antonio à Houston, 
le 28 janvier (99-111).

Après plusieurs décennies de rivalité entre les franchises de San Antonio, Houston et Dallas, le basket texan semble entrer dans une nouvelle ère. L’équipe de Victor Wembanyama apparaît aujourd’hui comme la mieux armée pour viser le sommet de la NBA.

"Le rééquilibrage des forces est en cours"
   - TOM O'RS'BORN, JOURNALISTE 
     AU « SAN ANTONIO EXPRESS-NEWS »

7 Feb 2026 - L'Équipe
MAXIME AUBIN

SAN ANTONIO (USA) – Avaler les quelque 450 kilomètres qui relient San Antonio à Dallas est une expérience en soi. Le long de l’autoroute I-35, large de six à huit voies, on se fait doubler par des Cybertrucks Tesla futuristes et des 4×4 montés sur échasses. « Everything is bigger in Texas » , résume le slogan de cet État conservateur qui s’étend sur environ 700 000 km², soit la taille de la France métropolitaine et de l’Angleterre réunies.

Sur le parquet de l’American Airlines Center, la salle des Mavericks, une autre forme de grandeur s’est illustrée jeudi soir : le duel entre Victor Wembanyama, premier choix de la draft 2023, et Cooper Flagg, numéro 1 en 2025. Les deux phénomènes se sont rendu coup pour coup dans ce derby texan (respectivement 29 et 32 points), finalement remporté par San Antonio (135-123).

Si Flagg, rookie de 19 ans, incarne l’avenir de Dallas, le présent est sombre pour la franchise basée dans le nord de l’État, toujours marquée par le transfert de Luka Doncic aux Lakers en février 2025. Mercredi, Dallas a d’ailleurs accéléré sa reconstruction en se séparant cette

Les Spurs, une franchise née à… Dallas

Loin de l’I-35, une autre rivalité texane semble, elle, sur le point de renaître dans le sud de l’État : celle entre San Antonio et Houston. Un duel qui a marqué les années 1990 et qui pourrait reprendre de plus belle entre les actuels deuxièmes et quatrièmes du classement à l’Ouest, tous les deux prêts à faire des remous en play-offs au printemps.

Plus grande ville du Texas (près de 2,4 millions d’habitants), Houston a accueilli la première franchise NBA de l’État en 1971. San Antonio a suivi cinq ans plus tard après avoir d’abord évolué en ABA, la Ligue concurrente de l’époque.

« C’est Red McCombs, un homme d’affaires connu et originaire de San Antonio, qui a rapatrié une équipe qui était basée à Dallas, raconte Tom Orsborn, journaliste au San Antonio Express-News, qui suit le sport local depuis plus de quarante ans. C’était un vrai pari à ce moment-là, dans un État où le basket n’était pas très populaire, contrairement au football américain. » du club, George Gervin, neuf fois All-Star entre 1977 et 1985, pour convaincre les habitants de San Antonio. Les Mavericks, créés de toutes pièces à Dallas, seront les derniers à rejoindre la NBA en 1980.

Dans les années 1980, les bases des rivalités texanes se posent. Avec deux finales NBA en 1981 et 1986, Houston s’affirme comme la référence, tandis que San Antonio devient un habitué des play-offs et que Dallas cherche encore sa place. Une décennie fondatrice avant l’explosion des années 1990.

« C’est à cette période qu’est né ce qu’on appelle le “Texas Triangle”, où les équipes adverses redoutaient leurs déplacements dans l’État parce qu’elles pouvaient facilement repartir avec trois défaites, liste. C’étaient les années David Robinson à San Antonio, Rolando Blackman et Derek Harper à Dallas, et Hakeem Olajuwon à Houston. »

Robinson et Olajuwon, justement, vont se livrer l’un des duels les plus marquants des années 1990. Portés par le pivot nigérian, les Rockets vont prendre l’ascendant sur les Spurs en décrochant deux titres, en 1994 et en 1995. L’élimination de San Antonio en finale de conférence en 1995 (4-2), malgré le titre de MVP de Robinson, reste un traumatisme. « C’était d’autant plus dur à avaler que les fans de Houston envahissaient à chaque match l’Alamodome (l’ancienne salle des Spurs). Ils venaient en masse et étaient très bruyants. »

Houston n’a plus été champion depuis, tandis que Dallas a rivalisé avec San Antonio dans les années 2000 autour de Dirk Nowitzki, avant son sacre de 2011. Mais la suprématie régionale est finalement revenue aux Spurs, portés par la dynastie bâtie par Gregg Popovich et ses cinq titres entre 1999 et 2014.

Cette longévité fait aujourd’hui de San Antonio la franchise la plus respectée au Texas et l’une des références en NBA. Même si un certain mépris persiste, selon Tom Orsborn. « San Antonio reste une ville pauvre, sans autre grande franchise sportive. Il y a toujours ce regard condescendant de Houston et de Dallas. C’est aussi pour ça que les dominer dans le basket est si important. »

Le mépris semble peu à peu se muer en jalousie. En récupérant Victor Wembanyama lors de la draft 2023, les Spurs ont retrouvé une ambition sans limite, quand Houston ne dispose plus d’une véritable superstar au sommet de sa forme (Kevin Durant a 37 ans, Alperen Sengun et Amen Thompson sont encore des franchise-players en devenir) et que Cooper Flagg reste un pari sur l’avenir à Dallas. « Le rééquilibrage des forces est en cours. C’est une bonne chose que les Spurs aient Wembanyama, ça pousse tout le monde à être meilleur », résume Orsborn.

Avant, peut-être, une série de play-offs entre Spurs et Rockets dès ce printemps ? « Je pense qu’à travers la Ligue, personne n’aime affronter cette équipe » , glissait Wembanyama après la victoire des siens à Houston le 28 janvier (111-99). Une semaine plus tôt, il avait perdu au Toyota Center (106-111) et goûté à la défense très rugueuse des joueurs d’Ime Udoka. « On les joue quatre fois par saison. Sans être une finale NBA, ça reste une équipe plus intéressante à affronter que la moyenne » , concluait le Français, déterminé à régner sur le Texas.



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