FOFANA - Leader en mutation
DUEL D’OUTSIDERS
Star estivale la plus bankable de Lyon, l’international belge digère sa nouvelle notoriété. Son talent et ses progrès doivent permettre à l’OL de viser haut.
"Cette saison, nous pouvons vraiment apprécier son évolution"
- PAULO FONSECA,
ENTRAÎNEUR DE LYON
26 Oct 2025 - L'Équipe
JOËL DOMENIGHETTI
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PERMANENT
DÉCINES-CHARPIEU (RHÔNE) – Survivant de la hype qui a escorté ses dribbles et ses accélérations supersoniques lors d’un été lyonnais et belge flamboyant, Malick Fofana tentera ce soir contre Strasbourg de redevenir la menace ultime de l’OL. Voilà trois semaines que l’international belge n’a plus trouvé le chemin des buts adverses. C’était face à Toulouse (1-2, le 5octobre), l’un de ses deux seuls buts en L1, au lendemain d’une pique de Paulo Fonseca, son entraîneur, qui expliquait en attendre plus. Depuis, le petit dragster a beaucoup appris.
Sur lui-même. Sur les efforts nécessaires à la performance de haut niveau. Et sur sa compréhension du jeu, passant d’un style bulldozer à celui d’un attaquant qui devient plus complet. «Malick a progressé, nous confirmait Paulo Fonseca, jeudi, après la victoire face à Bâle (2-0) en Ligue Europa, au cours de laquelle Fofana a retrouvé du peps. D’un joueur qui réclame toujours le ballon dans les pieds, il est devenu un attaquant qui prend les espaces, en libère. Les adversaires se sont préparés à le contrer, aux situations de un-contre-un. Il peut encore franchir un cap dans le dernier dribble, la prise de décision. Mais je suis content. Il a beaucoup travaillé défensivement. On attend énormément de lui mais cela reste un jeune joueur ( 20ans). Il faut comprendre qu’il a besoin de continuer à progresser. Je suis sûr qu’il sera grand.»
Le Diable Rouge gagne en maturité. Son ancien coach à La Gantoise, Hein Vanhaezebrouck, avouait le mettre prioritairement sur sa feuille de match. À l’OL, il a été incandescent à une époque où Lyon devait céder un joueur «bankable » pour renflouer ses caisses. Lui et sa famille avaient choisi de travailler dans la continuité.
« Être la meilleure valeur marchande d’un club qui a besoin d’argent, c’est très dur à vivre, reconn a î t Fo n s e c a . Le s o f f re s l e concernant (dont Everton et le Bayern Munich) ont créé des doutes. Rester était la meilleure solution. Il avait besoin de faire une année de plus à l’OL. Cette saison, nous pouvons vraiment apprécier son évolution. » La digestion lui a coûté une place de titulaire en équipe nationale. Avec les protège-tibias de Diego Moreira, faute d’avoir pensé à prendre les siens, il a pourtant marqué lors de sa deuxième sélection (5 au total) face au Liechtenstein (6-0, le 4 septembre, qualifications à la Coupe du monde 2026). Mais Jérémy Doku, sur l’aile gauche voire à droite, s’est imposé dans le onze de départ. Et les qualités de placement et la polyvalence de Leandro Trossard plaisent également à Rudi Garcia. Le sélectionneur français de la Belgique loue toutefois « l’intelligence » de Fofana.
Caractère taiseux et serré de près par ses adversaires
L’ailier lyonnais redevient compétitif, avec un sens plus aigu du devoir. Il ne défendait pas autant auparavant. Il gère mieux ses allersretours physiquement. Dans le vestiaire de l’OL, il demeure une étoile que ses partenaires apprécient de voir briller. Moussa Niakhaté est de ceux qui couvent le taiseux. Les adversaires, eux, s’organisent en duo, parfois en trio, pour bloquer ses percussions et empêcher ses fulgurances.
« Il a senti la pression d’être le joueur qui doit décider du match, poursuit Fonseca. Celui qui fait la différence. Je dois faire comprendre aux joueurs ce que nous pouvons faire quand il n’est pas en mesure de le faire. Malick doit intégrer le jeu en mouvement, la profondeur. Il a besoin de stabilité pour être au niveau auquel, je pense, il doit être. C’est un joueur un peu introverti. Avant, il attendait seulement le ballon pour jouer. Il est plus complet. Il a compris que le contenu des matches était plus complexe. Je lui ai aussi expliqué que les statistiques comptent, les buts, les passes décisives. À ce moment-là, il est devenu plus objectif sur ses performances. La compréhension du jeu vient avec l’expérience. »
Le technicien portugais va continuer d’organiser le déséquilibre de son équipe côté gauche. Parce que quand le Belge prend le ballon, l’adversaire recule, s’inquiète. Ce dont profite l’OL pour investir le camp adverse. « Il a tout pour redevenir notre leader d’attaque qu’il a été, celui qui fait peur à l’adversaire », croit Paulo Fonseca.
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