Un duel Fábrica-Masia


Les centres de formation du Real et du Barça figurent parmi les meilleurs d’Europe. Et ce sont leurs équipes premières qui en profitent.

26 Oct 2025 - L'Équipe
Damien Degorre

Cette saison, un peu plus que les précédentes, et sans doute un peu moins que les prochaines, le Clásico est également la confrontation entre la Fabrica et la Masia, les centres de formation (les canteras) du Real et du Barça. Raul Asencio, Alvaro Carreras, Fran Garcia, Gonzalo Garcia et Dani Carvajal d’un côté, Lamine Yamal, Alejandro Baldé, Gavi, Marc Casado, Fermin Lopez, Pau Cubarsi, Marc Bernal, Dani Olmo et désormais « Dro » Fernandez de l’autre: les deux géants du football espagnol s’appuient de plus en plus sur les jeunes de leurs propres crus et ce qu’ils voient ne leur donne pas envie d’interrompre cette lancée.

Le club catalan a toujours eu cette c ult ure de l a formation mais, contraint par les circonstances et des finances exsangues, il l’a poussée à son paroxysme en intégrant plusieurs jeunes à son équipe première depuis trois ou quatre ans, avec un succès formidable. Il serait faux de dire que le Real n’est pas un club formateur mais, jusqu’alors, les joueurs issus de son académie étaient surtout destinés à l’exportation.

«Le niveau des jeunes du Real et celui de ceux du Barça est à peu près équivalent, assure un agent habitué de la Fábrica et de la Masia. Mais à Madrid, le recrutement de stars planétaires est aussi dans la culture du club, moins à Barcelone. Avant qu’un gamin du centre de formation du Real ne goûte à ses premières minutes en équipe première...»

Deux approches, une même finalité

Il semble cependant que les temps changent un peu au Real, doucement mais sûrement. « Voir des joueurs comme Alvaro Carreras ou Raul Asencio, de vrais “canteranos”, quasiment titulaires en équipe première, rend très fier, explique Abian Perdomo Alonso, responsable de la formation et de la méthodologie au Real de 2012 à 2025. De fait, le club a toujours été guidé par cette volonté de faire jouer les “canteranos” en équipe première. Après, au Real, les attentes sont si hautes qu’il faut aussi choisir le bon timing pour les lancer parce qu’il est difficile de supporter cette pression. À Madrid, ils savent que l’objectif est de gagner et qu’ici, on n’a pas le temps. Le club ne donne rien. Celui qui réussit doit le mériter par son travail. Depuis l’arrivée de Manu Fernandez comme directeur du centre de formation, il y a cinq ans, il a été décidé de renforcer cette politique. Mais le Real ne forme pas pour vendre. Il forme pour sortir des joueurs capables d’intégrer l’équipe première un jour, quitte à ce qu’ils évoluent entretemps dans un autre club compétitif, en Europe, pour s’aguerrir.»

C’est le cas de Carreras, par exemple, passé par Manchester United et Benfica avant de revenir cet été à la maison. Parce que le Real ne pratique quasiment pas le prêt. En revanche, lorsqu’il vend un joueur de sa formation, il prend souvent soin d’en conserver 50 % des droits et d’ajouter une clause de rachat prioritaire. Nico Paz, qui brille avec Côme où il a été vendu pour 10M€, ou Rafa Marin, défenseur incontournable à Villarreal, pourraient bien revenir très vite dans un club qu’ils ont découvert à 12 et 14 ans.

Selon l’observatoire du football, le Real compte 58 joueurs formés chez lui actifs dans 49 ligues professionnelles. Deuxième du classement (derrière Benfica), le Barça, lui, en dénombre 76. « On peut dire aujourd’hui que la Fabrica est du même niveau que la Masia, reprend Perdomo Alonso. Le Real mise sur le talent. Les joueurs de la Masia sont plus orientés vers un certain type de profil, ce qui explique pourquoi ils ont plus de mal à s’adapter ensuite.» Deux façons d’appréhender la formation, mais avec un objectif commun: avoir les meilleurs sous la main.

***

Deux mini-cracks qui affolent l’Espagne

26 Oct 2025 - L'Équipe
D. D.

Dans ces nids à pépites que sont leurs centres de formation, le Real et le Barça détiennent notamment deux joueurs qui, à même pas 13 ans, affolent le microcosme et les agents. À la Fabrica, Hugo Fernandez, né en 2013, milieu offensif gauche qui ressemble physiquement et dans le jeu à Luka Modric, paraît habiter sur une autre planète que ses adversaires du même âge. Élu quasi systématiquement meilleur joueur de tous les tournois qu’il écrase de sa classe, Fernandez a rejoint le Real Madrid dès l’âge de 7 ans. Quatre ans plus tard, Nike lui faisait signer un contrat pour six saisons, alors que Jorge Mendes, l’agent de Cristiano Ronaldo, avait déjà convaincu sa famille de collaborer avec lui.

Ces cracks d’exception sont devenus, dès leur plus jeune âge, des enjeux d’envergure pour les agents. À Barcelone, où il est en place, Pini Zahavi est ainsi devenu l’agent de Destiny Ejiofor, un attaquant né en 2014 qui a marqué 87 buts en 22 matches de U10, 58 en 30 de U11 avant d’être surclassé et qui en compte déjà 31 depuis le début de saison, des bases équivalentes à celle de Lamine Yamal au même âge. Dans l’entourage de Zahavi, même si on assure qu’il ne s’agit encore que d’un môme, on est convaincu qu’Ejiofor, fils de l’ancien footballeur nigérian Ejike Paschal, à la Masia depuis trois ans, « peut devenir le futur grand buteur planétaire ».

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Dalla periferia del continente al Grand Continent

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?