L’odyssée d’El-Mourabet


Ancien grand espoir du futsal français, le milieu a disputé toutes les rencontres de Ligue 1 de Strasbourg cette saison.

“Il a grandi avec le foot de rue des cités puis avec le futsal : il gère n’importe quel pressing"
   - MATHIEU LE SCORNET, ANCIEN ENTRAÎNEUR 
     DE LA RÉSERVE STRASBOURGEOISE

26 Oct 2025 - L'Équipe
CYRIL OLIVÈS-BERTHET

Il s’est avancé timidement dans la zone mixte du Tehelné Pole de Bratislava pour sa première devant les médias. « Soyez gentils avec lui » , a rigolé l’attaché de presse avant que Samir el-Mourabet se confie d’une voix douce sur son match contre le Slovan Bratislava (2-1, le 2 octobre en Ligue Conférence). Le milieu de 20 ans a mis en avant la performance de son équipe, le collectif. À l’image du joueur qu’il est devenu sur le terrain, après un parcours sinueux.

Enfant du Neuhof, un quartier populaire dans le sud-est de Strasbourg, il intègre rapidement le Racing, qui ne le conserve pas à l’issue de sa saison en U13, notamment en raison de souci de poids. Il prend alors une licence aux Pierrots Vauban. «Je l’ai vu en Interligues U15 contre Nancy, il est entré quinze minutes. Il n’était pas très fit mais il m’avait impressionné, se rappelle Djamel Ferdjani, alors entraîneur de l’équipe première en N3. Pendant la crise Covid, je le prends à l’entraînement avec la A. Il était au niveau ! Mais il est détecté par la FFF et on lui propose le futsal. Je lui déconseille. Il décide d’y aller. Quand il a pris une décision, il s’y tient!»

Avec son caractère bien trempé, El-Mourabet se lance dans l’aventure à l’été 2020 et part au pôle Espoirs de Lyon, créé deux ans au par avant par Noël Le Graët, alors président de la FFF. « On l’a recruté sur vidéo et après des entretiens en visio, raconte son directeur Raphaël Reynaud. Il manquait de vitesse de pied, de physique, de tonicité. Mais il a un bon pied gauche, un oeil, des qualités qu’il a encore aujourd’hui, avec son scan du terrain à la (Sergio) Busquets. Il apprend vite: on lui fait un programme spécial. Il est même surclassé en équipe de France pendant ses deux ans de formation. On tenait un joueur exceptionnel, qui serait avec les A aujourd’hui. C’est dommage pour le futsal, mais je respecte son choix. » Car le jeune international marocain n’a pas lâché son rêve de percer au RCSA : il refuse notamment un contrat pro futsal en Espagne et réintègre le centre de formation en 2022. «Il fait six mois en U19 nationaux et il est au-dessus des autres, assure Ferdjani, qui a joué le rôle de conseiller en compagnie de son père. Il avait beaucoup progressé défensivement, sur son placement, son replacement, son agressivité. Il signe aspirant puis pro en 2024. Il a réussi son pari.»

Mais sa route est encore semée d’embûches. Sous Patrick Vieira, un coach qui préfère des profils plus physiques dans l’entrejeu, il ne joue presque pas, même s’il dispute son premier match pro en Coupe de France (4-0 contre Avoine, N2, le 6janvier 2024). L’arrivée de Liam Rosenior en juillet 2024 lui donne de l’espoir et il refuse de rejoindre Aubagne (N) en prêt pour mieux se montrer lors de la préparation estivale. «Il collait à son projet, dans la technique, la tactique, la compréhension du jeu, l’engagement à l’entraînement, détaillait alors Mathieu Le Scornet, ancien entraîneur de la réserve du Racing aujourd’hui au PSG. Il possède un pied gauche de très haut niveau, un rapport au ballon exceptionnel. Il a grandi avec le foot de rue des cités puis avec le futsal : il gère n’importe quel pressing. » Rosenior le couve, le met sur toutes ses feuilles de match, le récompensant aussi d’avoir refusé de disputer la CAN U20 pour se concentrer sur son club. Un long processus qui lui a permis d’exploser ces derniers mois. Au point de devenir indispensable au technicien anglais, qui lui a déjà donné 410 minutes de jeu en L1 cette saison (cinq titularisations).


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STRASBOURG
Pas le temps de souffler

Engagé dans un marathon de 7 matches en 23 jours, le Racing se rend à Lyon trois jours après avoir été accroché par le Jagiellonia Bialystok (POL) en Ligue Conférence (1-1) et trois jours avant de recevoir Auxerre. « Comme nous, l’OL est une équipe qui aime jouer, qui essaie vraiment de combiner » , a lâché le gardien Mike Penders, incertain pour ce match (adducteurs). « C’est une équipe exceptionnelle, a corroboré Liam Rosenior, le coach alsacien. Ils ont été impressionnants contre Bâle (2-0, jeudi) et malchanceux contre Toulouse (1-2, le 5 octobre). » Son équipe tentera d’adoucir un bilan salé au XXIe siècle contre l’OL, l’adversaire face auquel Strasbourg compte le plus de défaites en L1 (20, pour 4 succès et 3 nuls). C. O.-B.

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