GERAINT THOMAS: « Dans mon lit, je rêvais d’être sur le podium avec “Simply the Best” de Tina Turner »


Geraint Thomas hurle sa joie à l’arrivée du contre-la-montre 
Saint-Pée-sur-Nivelle - Espelette, à la veille de la dernière étape 
du Tour de France 2018 dont il terminera vainqueur.

À 39 ans, le Gallois a raccroché le vélo cet automne. De Cardiff au Tour de France, des victoires, jeune, sur les pavés de Paris-Roubaix au volcan Teide (Canaries), il retrace les premières et dernières fois de ses dix-neuf ans de carrière.

25 Dec 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

MONACO – Ce matin de fin novembre, Geraint Thomas est allé tourner les jambes en compagnie de Dave Brailsford, le patron d’Ineos Grenadiers, puis il a récupéré son fils Macs à la sortie de l’école. « C’est étrange de ne pas avoir dans un coin de ma tête cette voix qui me dit : tu dois faire tel entraînement, ci ou ça » , sourit-il. Il a beau avoir arrêté sa carrière au soir du Tour de Grande-Bretagne en septembre, Thomas est un hyperactif, alors il est reparti en stage en décembre, comme nouveau directeur course de son équipe.

Avant cela, il nous a raconté les premières et dernières fois des dix-neuf ans de sa remarquable carrière, riche d’un sacre dans le Tour de France (2018) et de deux autres podiums qu’on a tendance à oublier (2e en 2019, 3e en 2022), de même que ceux sur le Giro (2e en 2023, 3e en 2024), mais aussi d’une victoire dans Paris-Nice (2016), du Critérium du Dauphiné (2018), du GP E3 (2015) et de deux titres olympiques de poursuite par équipes (2008, 2012). Autour de pintes, car cela non plus, il n’a plus besoin d’y faire attention.

SON VÉLO
« Le dernier, il y a encore de la terre dessus »

« Mon premier vélo s’appelait le Wolf, il était noir, seulement une vitesse, je ne suis même pas sûr qu’il avait des freins, mais j’avais des petites roues et des boutons sur lesquels appuyer pour faire des bruits. Je l’ai reçu à Noël et j’étais très excité. Mon dernier vélo était une surprise aussi. Il y avait eu un gros stress pour que j’arrive à temps au Tour de Grande-Bretagne. Mon vol avait été retardé à cause d’une tempête. J’étais censé décoller à 15h30 et je suis finalement parti à minuit. On avait regardé toutes sortes d’options, même un jet privé. Le matin du départ, ils m’ont emmené dans le camion et il y avait ce joli Pinarello blanc, rouge, vert et doré (aux couleurs du pays de Galles). C’était magnifique, le dragon, des ailes sur le tube horizontal. Je l’ai gardé en l’état pour le moment, il y a encore de la terre dessus. »

SUR UN VÉLO
« J’ai pleuré sur la ligne »

« Le tournant a été quand je suis allé la première fois à la piste du coin (Maindy, à Cardiff). Le premier jour, le coach me demandait: “Est-ce que tu peux aller plus vite?’’Je répondais : “Ouais’’ et je sprintais. J’avais 10 ans. Pour la dernière, tout le dernier week-end (du Tour de Grande-Bretagne) était fou. Au pays de Galles, deux fois le Tumble, une ascension célèbre en Galles du Sud, toute la dernière étape autour de mon coin: départ à la piste à laquelle ils ont donné mon nom ( le vélodrome national), on a passé Maindy, là où tout a commencé, puis l’arrivée à Cardiff où je suis né. Je me disais que je ne serais pas dépassé par les émotions, mais à l’approche de l’arrivée, on est passés devant le pub à 100 mde la maison de mes parents, le Birch, là où avec mon père j’ai bu ma première pinte, légale en tout cas. Puis au-dessus du pont, qui était un gros truc quand on était gamins… Quelques coureurs sont venus me voir pour me dire “bien joué” ou “ça a été un honneur de courir avec toi”, ça m’a un peu étranglé d’émotion, et les derniers 200 m, les gars m’ont laissé rouler devant, ça m’a secoué, j’ai pleuré sur la ligne, mais heureusement pas trop ( il sourit). »Entre Paris-Nice 2016 (à l’extrême gauche) et les Jeux de Londres, en 2012, avec l’équipe britannique de poursuite par équipes, Geraint Thomas (à l’extrême droite) a multiplié les victoires de prestige tout au long de sa carrière.

LES PAVÉS
« Roubaix a toujours été un point douloureux »

« La première fois, c’était ma victoire à Kuurne-Bruxelles-Kuurne (juniors, en 2003), mais on ne faisait qu’une section. Je me disais que j’étais comme Van Petegem, Museeuw ou Tafi, les gars de l’époque. Tafi, on le soutenait vraiment, parce qu’à Cardiff il y a la rivière Taf ( il rit). Je gagnais en Grande-Bretagne, mais la Belgique, c’était différent. Je me souviens aller là-bas, dans le vestiaire, sentir l’huile, la crème chauffante, tout semblait plus professionnel. Ils avaient leur mécanicien ou leur père faisait tout. La dernière, je pense que c’était en 2018, j’avais couru Roubaix à cause des pavés du Tour, mais je suis tombé et j’ai abandonné, j’avais le Tour en tête. Roubaix a toujours été un point douloureux pour moi (7e en 2014), si je m’étais vraiment engagé là-dedans, la chance aurait peut-être tourné. »

LES GRANDS TOURS
« Le dernier tour, le bruit, c’était fou »

« J’ai commencé par le prologue du Tour à Londres en 2007 (45e). Ils m’ont d’ailleurs choisi parce que le départ était là, j’étais le plus jeune ( 21 ans), c’était une bonne publicité pour mon équipe Barloworld. Mes potes étaient venus me voir, ils portaient des masques de mon visage, ça a fini dans le journal. C’était dément, je n’avais jamais pensé que ça arriverait si tôt. Le dernier était différent, avec cette nouvelle montée (à Montmartre, à Paris, cette année). Le dernier tour, le bruit, c’était fou, je pense vraiment que c’est la meilleure ambiance, la plus bruyante que j’ai connue. Les deux derniers kilomètres, j’avais la chair de poule. Quand tu cours, tu penses que tout est acquis, mais là j’ai réalisé, dernier jour du Tour de France, je crois que j’ai couru quelque chose comme 280 étapes ( 282), je n’ai pas pleuré, mais j’ai senti les émotions monter. »

LES VICTOIRES
« Les débuts de Sky, on était assez couillus »

« Comme pro, le contre-la-montre par équipes du Tour du Qatar ( 2010), c’était pas mal. C’étaient les débuts de Sky, on était assez couillus, on annonçait qu’on allait gagner le Tour avec des coureurs britanniques. Beaucoup n’aimaient pas ça, une nouvelle équipe, beaucoup d’argent, grandes gueules, pas d’une nation traditionnelle… On avait des rouleaux pour s’échauffer, personne ne faisait ça. Tout le monde nous regardait en disant : “Fuck ! qui sont ces gars ? Vous n’êtes plus sur la piste, les gamins.” Et on a gagné. On s’est dit: si vous voulez nous critiquer, pas de problème, on va vous prouver que vous avez tort. C’est un peu ce qui m’a suivi toute ma carrière. Au point que je me créais des histoires dans ma tête. En 2019, même si je ne l’avais pas entendu, je me disais : oh, les gens pensent que ma victoire en 2018 sur le Tour était un coup de bol. Ça me motivait encore plus. En 2019, j’étais presque aussi fier parce que l’année après ma victoire avait été spéciale, j’avais fait la fête à fond, j’avais été à droite et à gauche, donc d’être capable d’être compétitif et finir 2e… Ma dernière victoire, ça doit être la Suisse (le général en 2022). 2021 avait été dure, les négociations avec l’équipe pour un nouveau contrat, le Tour avait été merdique (41e)… La fin de 2021 était probablement le point le plus bas de ma carrière, donc revenir et gagner, aller au Tour et finir 3e, c’était massif. Ça m’a redonné le mojo. »

LES CHUTES
« Brailsford a fait venir en urgence mon père, ma mère et mon frère »

« (Il rit.) Wouah, où commencer? En 2005, j’étais en Australie pour une Coupe du monde sur piste. Le gars devant moi roule sur un débris et ça l’a projeté sur ma roue avant. J’ai atterri sur mon guidon et ça a rompu ma rate, qu’on a dû m’enlever. C’était en février, j’avais fini l’école le mois d’août précédent, ma mère voulait que j’aille à l’université, mais moi, je voulais aller dans le programme Espoirs. J’ai fait semblant que j’allais m’inscrire, mais je n’y suis pas allé. Après cette chute, j’étais en soins intensifs, Dave Brailsford a fait venir en urgence mon père, ma mère et mon frère. Et bien sûr ma mère m’a dit : “Je te l’avais dit, tu aurais dû aller à l’université.” La dernière, je ne sais pas. En fait, j’ai eu une période au milieu de ma carrière où j’ai connu beaucoup de chutes, mais à la fin, je ne suis plus tombé tant que ça. Mais quand tu as une réputation… »

LES JOIES
« Les Belges et les pavés, c’était vraiment ma première passion »

« Les Championnats nationaux sur piste, il y avait une catégorie –12 ans où j’avais gagné et la cérémonie était la même que pour les grands. Le podium, la médaille, et ils passaient toujours Simply the Best de Tina Turner. Jeune, dans mon lit, je rêvais d’être sur le podium avec cette chanson. Roubaix juniors ( 2004), c’était spécial aussi. J’avais gagné un petit pavé en chocolat, mais aussi mon poids en chocolat. Ils m’avaient demandé combien je pesais, j’avais dû dire 80 kg et le gars m’avait regardé bizarrement de haut en bas. Les Belges et les pavés, c’était vraiment ma première passion, c’est comme ça que j’ai aimé le cyclisme. La dernière joie, c’est le Tour de Grande-Bretagne, tellement c’était irréel. Beaucoup de coureurs ne peuvent pas choisir quand ils vont arrêter, alors finir à la maison… »

LE VOLCAN TEIDE 
« Un camp d’entraînement mais amplifié »

« Le premier camp là-bas, c’était un peu n’importe quoi, il y avait moi, Brad (Wiggins), Simon Gerrans et Xabier Zandio. J’avais pris ma PlayStation parce qu’il y avait ces rumeurs qu’il n’y avait pas de réseau, pas d’Internet, et c’était vrai. J’ai joué le premier jour, mais ensuite je ne l’ai plus allumée, j’étais tellement fatigué. Pour moi le Teide, c’est un camp d’entraînement mais amplifié, où tu es tellement concentré. Avec Xabi, on était descendus au niveau de la mer pour faire un test, de lactates ou je ne sais pas quoi, et il était juste jaune, comme Homer Simpson. J’ai toujours bien aimé être là-bas. La dernière fois, c’était cette année, avant le Tour. C’est le plus long camp que j’y ai fait, trois semaines. On avait un bon groupe, on sortait le soir pour observer les étoiles, il y avait un gars qui nous expliquait tout et, après, on avait des discussions dingues sur les pyramides qui n’auraient pas été construites par des humains. C’était très sympa, mais j’étais un peu triste que ce soit la dernière fois. »

LE STRESS
« Les Jeux Olympiques m’ont aidé »

« Petit, je me sentais nerveux avant certaines courses, j’étais un peu malade, comme pendant un omnium, après trois épreuves, si j’étais leader. La dernière, je ne sais pas, tu as toujours cette sorte d’énergie nerveuse, mais je crois que je m’y suis habitué, que je l’utilisais d’une bonne manière. Les Jeux Olympiques m’ont aidé, ça t’habitue à l’environnement d’un grand événement. Pékin a aidé pour Londres, et tout ça a aidé pour le Tour. La piste est plus intense que la route. Sur une poursuite par équipes, une petite erreur et tout est fini. Sur le Tour, t’en fais une petite, tu as vingt jours pour rectifier le tir. »

LES FÊTES
« J’ai quelques blancs de la dernière soirée de coureur »

« Le titre mondial juniors sur la piste (en scratch, en 2004) a été la première. C’était assez énorme de gagner. C’était aux États-Unis ( à Los Angeles), donc je n’avais pas le droit de boire, mais j’ai bu deux pintes à l’hôtel. Et quand on est rentrés à Cardiff, mes potes m’ont invité au Birch, il y avait une piste de quilles où on voulait jouer. C’était en fait une surprise, tout le monde était là pour m’accueillir. La dernière était bien sûr après le Tour de Grande-Bretagne. J’ai quelques blancs de cette soirée-là. Je vomissais à 5 heures du matin et j’avais la BBC Wales qui devait venir à la maison à 9h30 pour une interview. Heureusement, je les connaissais, donc ils m’ont laissé prendre mon temps, je suis descendu avec quarante-cinq minutes de retard. Mais j’ai réussi à m’en sortir. »


***

Nella foto d'apertura, Geraint Thomas urla la sua gioia all'arrivo della cronometro Saint-Pée-sur-Nivelle - Espelette, alla vigilia dell'ultima tappa 
del Tour de France 2018, che vincerà.

GERAINT THOMAS: «A letto sognavo di salire sul podio con “Simply the Best” di Tina Turner»

A 39 anni, il gallese ha appeso la bicicletta al chiodo quest'autunno. Da Cardiff al Tour de France, dalle vittorie giovanili sul pavé della Parigi-Roubaix al vulcano Teide (Canarie), ripercorre i primi e gli ultimi momenti dei suoi diciannove anni di carriera.

25 dicembre 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

MONACO - In questa mattina di fine novembre, Geraint Thomas è andato ad allenarsi con Dave Brailsford, il capo della Ineos Grenadiers, poi è andato a prendere suo figlio Macs all'uscita da scuola. “È strano non avere in un angolo della mia testa quella vocina che mi diceva: devi fare questo allenamento, questo o quello”, sorride. Nonostante abbia concluso la sua carriera alla fine del Giro di Gran Bretagna a settembre, Thomas è un iperattivo, quindi a dicembre è ripartito per uno stage come nuovo direttore di gara della sua squadra. 

Prima di questo, ci ha raccontato le prime e ultime volte dei diciannove anni della sua straordinaria carriera, ricca di una vittoria nella classifica generale al Tour de France (2018) e di altri due podi che tendiamo a dimenticare (2° nel 2019, 3° nel 2022), così come quelli al Giro (2° nel 2023, 3° nel 2024), ma anche di una vittoria alla Parigi-Nizza (2016), al Critérium du Dauphiné (2018), al GP E3 (2015) e di due titoli olimpici nell'inseguimento a squadre (2008, 2012). Davanti a un paio di pinte, perché nemmeno a questo deve più prestare attenzione.

LA SUA BICICLETTA
«L'ultima, c'è ancora della terra sopra»

« La mia prima bicicletta si chiamava Wolf, era nera, aveva solo un rapporto, non sono nemmeno sicuro che avesse i freni, ma aveva delle ruote piccole e dei pulsanti da premere per fare dei rumori. L'ho ricevuta a Natale ed ero molto emozionato. Anche la mia ultima bicicletta è stata una sorpresa. C'era stata molta tensione perché arrivassi in tempo al Tour of Britain. Il mio volo era stato ritardato a causa di una tempesta. Dovevo partire alle 15:30 e alla fine sono partito a mezzanotte. Avevamo valutato tutte le opzioni possibili, persino un jet privato. La mattina della partenza mi hanno portato sul camion e c'era questa bella Pinarello bianca, rossa, verde e dorata (i colori del Galles). Era magnifica, con il drago e le ali sul tubo orizzontale. Per ora l'ho lasciata così com'è, c'è ancora della terra sopra.

SU UNA BICICLETTA
“Ho pianto sul traguardo”

«La svolta è stata quando sono andato per la prima volta alla pista locale (Maindy, a Cardiff). Il primo giorno, l'allenatore mi ha chiesto: “Puoi andare più veloce?” Ho risposto: “Sì” e ho sprintato. Avevo 10 anni. Per l'ultima volta, l'intero ultimo fine settimana (del Tour of Britain) è stato pazzesco. In Galles, due volte il Tumble, una famosa salita nel Galles meridionale, tutta l'ultima tappa intorno a casa mia: partenza dalla pista a cui hanno dato il mio nome (il velodromo nazionale), siamo passati da Maindy, dove tutto è iniziato, poi arrivo a Cardiff, dove sono nato. Mi dicevo che non mi sarei lasciato sopraffare dalle emozioni, ma all'avvicinarsi dell'arrivo, siamo passati davanti al pub a 100 metri da casa dei miei genitori, il Birch, dove con mio padre ho bevuto la mia prima pinta, legale almeno. Poi sopra il ponte, che era una cosa importante quando eravamo bambini... Alcuni corridori sono venuti da me per dirmi “ben fatto” o “è stato un onore correre con te”, mi sono commosso e negli ultimi 200 metri i ragazzi mi hanno lasciato andare avanti, mi sono emozionato, ho pianto sul traguardo, ma per fortuna non troppo (sorride). 

Tra la Parigi-Nizza 2016 (all'estrema sinistra) e i Giochi di Londra 2012, con la squadra britannica di inseguimento a squadre, Geraint Thomas (all'estrema destra) ha collezionato numerose vittorie prestigiose nel corso della sua carriera.

IL PAVÉ
"La Roubaix è sempre stata un punto dolente »

«La prima volta è stata la mia vittoria a Kuurne-Bruxelles-Kuurne (juniores, nel 2003), ma era solo una tappa. Mi dicevo che ero come Van Petegem, Museeuw o Tafi, i campioni di allora. Tafi era molto tifato, perché a Cardiff c'è il fiume Taf (ride). Vincevo in Gran Bretagna, ma in Belgio era diverso. Ricordo che quando andavo là, nello spogliatoio, sentivo l'odore dell'olio canforato, della crema riscaldante, tutto sembrava più professionale. Avevano il loro meccanico o il loro padre che faceva tutto. L'ultima volta, credo fosse nel 2018, avevo corso a Roubaix per via del pavé al Tour, ma sono caduto e ho abbandonato, avevo in mente il Tour. La Roubaix è sempre stato un punto dolente per me (7° nel 2014), se mi fossi davvero impegnato, forse la fortuna avrebbe girato".

I GRANDI GIRI
“L'ultimo giro, il rumore, era pazzesco”

«Ho iniziato con il prologo del Tour a Londra nel 2007 (45°). Mi hanno scelto perché la partenza era là, ero il più giovane (21 anni) ed era una buona pubblicità per la mia squadra, la Barloworld. I miei amici erano venuti a vedermi, indossavano maschere con la mia faccia, è finito sui giornali. È stato pazzesco, non avrei mai pensato che sarebbe successo così presto. L'ultimo è stato diverso, con questa nuova salita (a Montmartre, a Parigi, quest'anno). L'ultimo giro, il rumore, è stato pazzesco, penso davvero che sia l'atmosfera migliore, la più rumorosa che abbia mai vissuto. Negli ultimi due chilometri avevo la pelle d'oca. Quando corri, pensi che sia tutto scontato, ma là ho capito, l'ultimo giorno del Tour de France, credo di aver corso qualcosa come 280 tappe (282), non ho pianto, ma ho sentito le emozioni salire. »

LE VITTORIE
« All'inizio del Team Sky, eravamo piuttosto coraggiosi »

«Da professionista, la cronosquadre al Tour del Qatar (2010) non è stata male. Erano gli esordi del Team Sky, eravamo piuttosto coraggiosi, annunciavamo che avremmo vinto il Tour con corridori britannici. A molti non piaceva, una nuova squadra, tanti soldi, bocche larghe, non di una nazione tradizionale... Avevamo i rulli per fare riscaldamento, nessuno lo faceva. Tutti ci guardavano dicendo: “Cazzo! Chi sono questi tizi? Non siete più in pista, ragazzini”. E abbiamo vinto. Ci siamo detti: se volete criticarci, nessun problema, vi dimostreremo che vi sbagliate. È un po' quello che mi ha accompagnato per tutta la carriera. Al punto che mi creavo delle storie nella mia testa. Nel 2019, anche se non l'avevo sentito, mi dicevo: oh, la gente pensa che la mia vittoria del Tour nel 2018 sia stata un colpo di fortuna. Questo mi motivava ancora di più. Nel 2019 ero quasi altrettanto orgoglioso perché l'anno dopo la mia vittoria era stato speciale, avevo festeggiato alla grande, ero andato un po' dappertutto, quindi essere in grado di essere competitivo e finire secondo... La mia ultima vittoria deve essere stata in Svizzera (la classifica generale nel 2022). Il 2021 è stato difficile, le trattative con la squadra per il rinnovo del contratto, il mio Tour è stato uno schifo (41°)... La fine del 2021 è stata probabilmente il punto più basso della mia carriera, quindi tornare e vincere, andare al Tour e finire terzo è stato fantastico. Mi ha ridato la carica. »

LE CADUTE
«Brailsford ha chiamato subito mio padre, mia madre e mio fratello»

«(Ride.) Wow, da dove cominciare? Nel 2005 ero in Australia per il mondiale su pista. Il ragazzo davanti a me ha calpestato un detrito ed è finito sulla mia ruota anteriore. Sono atterrato sul manubrio e mi sono spappolato la milza, che mi hanno dovuto asportare. Era febbraio, avevo finito la scuola l'agosto precedente, mia madre voleva che andassi all'università, ma io volevo partecipare al programma Espoirs. Ho fatto finta di iscrivermi, ma non ci sono andato. Dopo quella caduta, ero in terapia intensiva, Dave Brailsford ha fatto venire d'urgenza mio padre, mia madre e mio fratello. E naturalmente mia madre mi ha detto: “Te l'avevo detto, avresti dovuto andare all'università”. L'ultima, non lo so. In realtà, ho avuto un periodo a metà della mia carriera in cui ho subìto molte cadute, ma alla fine non sono più caduto così spesso. Ma quando hai una reputazione...».

LE GIOIE
«I belgi e il pavé erano davvero la mia prima passione».

«Ai Campionati nazionali su pista c'era la categoria Under 12 in cui avevo vinto e la cerimonia era la stessa di quella dei grandi. Il podio, la medaglia e sempre la canzone Simply the Best di Tina Turner in sottofondo. Da giovane, a letto, sognavo di salire sul podio con quella canzone. Anche alla Roubaix juniores (2004) è stato speciale. Avevo vinto un mini-cioccolatino, ma anche il mio peso in cioccolato. Mi avevano chiesto quanto pesassi, avevo risposto 80 kg e il ragazzo mi aveva guardato in modo strano dalla testa ai piedi. I belgi e le pavé erano davvero la mia prima passione, è così che mi sono appassionato al ciclismo. L'ultima gioia è stata il Tour of Britain, è stato così irreale. Molti corridori non possono scegliere quando smettere, e poi finire a casa...».

IL VULCANO TEIDE
«Un training camp, ma amplificato»

«Il primo camp laggiù è stato un po' un caos, c'eravamo io, Brad (Wiggins), Simon Gerrans e Xabier Zandio. Avevo portato la mia PlayStation perché circolavano voci che non ci fosse segnale, niente Internet, ed era vero. Ho giocato il primo giorno, ma poi non l'ho più accesa, ero troppo stanco. Per me il Teide è un training camp amplificato, dove sei così concentrato. Con Xabi siamo scesi al livello del mare per fare un test, di lattato o non so cosa, ed era giallo come Homer Simpson. Mi è sempre piaciuto stare là. L'ultima volta è stata quest'anno, prima del Tour. È stato il training camp più lungo che abbia mai fatto là, tre settimane. Avevamo un bel gruppo, la sera uscivamo a osservare le stelle, c'era un ragazzo che ci spiegava tutto e poi facevamo discussioni folli sulle piramidi che non sarebbero state costruite dagli esseri umani. È stato molto bello, ma ero un po' triste perché era l'ultima volta».

LO STRESS
«Le Olimpiadi mi hanno aiutato»

«Da piccolo mi sentivo nervoso prima di alcune gare, stavo un po' male, come durante un omnium, dopo tre prove, se ero in testa. L'ultima, non lo so, hai sempre quel tipo di energia nervosa, ma credo di essermici abituato, di averla usata in modo positivo. Le Olimpiadi mi hanno aiutato, ti abituano all'ambiente di un grande evento. Pechino (2008, ndr) mi ha aiutato per Londra (2012, ndr), e tutto questo mi ha aiutato per il Tour. La pista è più intensa della strada. In un inseguimento a squadre, un minimo errore e tutto è finito. Al Tour, se ne commetti uno piccolo, hai venti giorni per rimediare.»

LE FESTE
«Ho qualche vuoto di memoria sull'ultima serata da corridore»

«Il titolo mondiale juniores su pista (nello scratch, nel 2004) è stato il primo. È stato davvero fantastico vincere. Era negli Stati Uniti (a Los Angeles), quindi non potevo bere, ma ho bevuto due pinte in hotel. E quando siamo tornati a Cardiff, i miei amici mi hanno invitato al Birch, c'era una pista da bowling dove volevamo giocare. In realtà era una sorpresa, erano tutti lì per darmi il benvenuto. L'ultima è stata dopo il Tour of Britain. Ho qualche vuoto di memoria su quella serata. Ho vomitato alle 5 del mattino e la BBC Wales doveva venire a casa mia alle 9:30 per un'intervista. Per fortuna li conoscevo, quindi mi hanno lasciato fare con calma e sono sceso con quarantacinque minuti di ritardo. Ma sono riuscito a cavarmela».

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