L’INCROYABLE TALENT


CHERKI, PLAISIR D’OFFRIR

Rayan Cherki, encore déterminant hier contre Nottingham Forest, avec un but et une passe décisive, a porté Manchester City vers la victoire. Les fêtes lui vont bien.

“J’espère que Pep (Guardiola) est content, 
mais il est dur en affaires ''
   - RAYAN CHERKI

28 Dec 2025 - L'Équipe
DAMIEN DEGORRE

LONDRES – Comme Erling Haaland, Rayan Cherki a surveillé son poids pendant les trois jours de repos accordés par Pep Guardiola et il est revenu affûté comme une lame. Hier, sur la pelouse du City Ground, à Nottingham, il a offert à Manchester City un succès (2-1) qui semblait lui échapper après l’égalisation d’Omari Hutchinson (55e), alors que son équipe contrôlait le jeu maisnecréaitpasgrandchose.Rayan Cherki, félicité par Phil Foden, a célébré son but contre Nottingham Forest, hier, à la manière de son coéquipier Erling Haaland.

Il manquait aux Citizens un brin de génie, une touche de folie, un éclair dans l’après-midi grisâtre des Midlands. L’international français de 22 ans le leur a offert à sept minutes de la fin du temps réglementaire. Une reprise somptueuse, à la réception d’une remise de la tête de Josko Gvardiol, a remis City à l’endroit et l’a installé, durant quelques heures, en leader de la Premier League. Le temps pour Arsenal de reprendre la main après sa victoire sur Brighton (2-1).

Si la prestation de Cherki se résumait à ce but, son deuxième en Championnat cette saison après celui marqué à Wolverhampton (4-0) dès la 1re journée, elle serait saluée, forcément, mais elle serait une parmi d’autres.

Seulement, l’ancien Lyonnais a été plus qu’un buteur. Juste après la pause (48e), il a également été un passeur magnifique, déroutant, à l’aveugle, les yeux rivés sur le ballon tout en visualisant l’appel de Tijjani Reijnders, son destinataire. C’était là sa septième passe décisive en Premier League. Elle lui permet de rejoindre Bruno Fernandes en tête du classement de la catégorie, le Français comptant tout de même quatre matches de moins que le Portugais.

De la passe ou du but, il confiera, plus tard, au micro de Canal+, «préférer la passe dé». Peut-être parce que, à ce moment-là, il n’a « pas trop suivi les consignes, le coach avait envie que je reste excentré mais là, j’ai senti qu’il fallait que j’aille dans l’axe ». Et Cherki d'ajouter: «J’aime beaucoup délivrer de belles passes.» Il est peu probable que Guardiola lui reproche longtemps sa désobéissance.

En le recrutant en juin à Lyon pour 36,5M€ (hors bonus), il savait qu’il fallait prendre le package avec tout ce que cela comporte de soif de liberté et de besoin de créativité. Malgré tout, le Bleu a bossé, s’est replacé, a récupéré trois ballons et effectué une interception. « J’espère que Pep est content, mais il est dur en affaires» a-t-il souri.

En première période, Cherki avait déjà façonné les consignes à sa guise lorsqu’il a voulu retrouver Haaland, deux minutes après lui avoir déjà offert un caviar (20e) d’une touche de balle délicieusement royale. D’ailleurs, sans doute le seul petit bémol de cette après-veille de Noël, la relation entre le Français et le Norvégien aurait pu, pendant une demiheure, receler ce je-ne-sais-quoi d’exclusif qui pouvait en irriter d’autres.

Cherki l’a compris, et c’est Reijnders qu’il a choisi juste après la pause. Au micro de BBC Sport, le milieu néerlandais a tenu à lui rendre hommage : « Rayan est vraiment très bon, il trouve les espaces et, quand il est en possession du ballon, vous avez intérêt à être prêt et en position pour le recevoir.»

Des passes décisives partagées

Cherki, qui apporte de la légèreté dans le vestiaire mancunien, veut donc que tout le monde ait sa part du gâteau. Sur ses sept passes décisives, trois l’ont été pour Phil Foden, deux pour Haaland, une pour Ruben Dias et la dernière pour Reijnders. Il a cependant noué avec le Norvégien une proximité incontestable, au point de célébrer son but comme son coéquipier fête les siens.

Guardiola, qui visiblement était content, pour répondre aux interrogations du Français, s’est montré beaucoup plus expansif : « Quand vous célébrez votre but comme ça, avec une telle émotion, les joueurs comprennent à quel point c’est dur. C’est vraiment un stade très, très difficile pour s’imposer.» Et lorsqu’il s’est agi de revenir plus spécifiquement sur la performance de Cherki, le manager espagnol a dit: « Il y a des moments où je lui crie dessus et des moments où je veux l’embrasser. On a vraiment une relation ambivalente. Je veux lui permettre d’exprimer son incroyable talent. »

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