Voie sans issue


Adam Silver, patron de la NBA (au centre), 
entouré de David Booth (à gauche) et Jarad Franzreb (à droite).

BLESSURES
PRÉVENTION
CALENDRIER

Les joueurs se disent éreintés. Les médias pointent une augmentation du nombre de matches manqués en NBA, laquelle y oppose sa propre interprétation des chiffres. Plus inquiétant : aucune solution n’émerge afin de soulager un calendrier étouffant. « L’Équipe » fait le point sur l’insoluble question du rythme de jeu outre-Atlantique.

24 Dec 2025 - L'Équipe
AMAURY PERDRIAU

NEW YORK (ÉTATS-UNIS) – La sortie signée du patron de la NBA, Adam Silver, en marge de la finale de NBA Cup disputée à Las Vegas entre les New York Knicks et les San Antonio Spurs (124-113) midécembre, avait étonné : « Les statistiques dont nous disposons depuis le début de saison montrent que nous n’avons jamais eu aussi peu de blessés que sur ces trois dernières années. » Visée par les médias, les joueurs et les coaches pour son calendrier surchargé, la ligue nord-américaine tente d’allumer des contrefeux. Les explications fournies auprès de L’Équipe par plusieurs dirigeants révèlent certaines problématiques, et les solutions manquent.

Les muscles des mollets plus touchés cette saison

Le Web regorge de statistiques en tout genre. Jeff Stotts, préparateur physique, « s’amuse » depuis plusieurs saisons à comptabiliser le nombre de matches manqués pour cause de blessure en NBA. Après neuf semaines de compétition en 2025-2026, il avance ainsi 2274 matches manqués au total, contre 2147 à la même époque la saison dernière.

« Le nombre de blessures survenues en matches a baissé, c’est irréfutable de notre côté », oppose Drew Galbraith, chargé de la branche Santé des joueurs pour la ligue nord-américaine, conscient d’utiliser un prisme différent. S’il concède bien que le nombre de matches manqués est en augmentation, ce serait en raison du « nombre de joueurs blessés depuis la saison dernière (Tatum, Haliburton, Irving…) ou qui l’ont été pendant l’intersaison. » Les divergences d’interprétation se rejoignent sur un point : « Les blessures musculaires aux mollets ont augmenté cette saison, acquiesce Galbraith, qui note au passage que celles à la cuisse sont en recul, probablement parce que les staffs sont plus vigilants sur certains aspects physiques que d’autres, selon les tendances. » Toute la difficulté réside dans l’évaluation précise de la gravité des lésions, celle subie par le Français Victor Wembanyama l’ayant par exemple conduit à manquer un mois de compétition.

« Le corps des athlètes “lâche” de plus en plus jeune »

La NBA concède par ailleurs que les précautions prises par les franchises mènent à des temps de convalescence bien plus longs. « Ce qui mécaniquement augmente le nombre de matches manqués » , prolonge Galbraith. Du côté des joueurs et entraîneurs, l’enchaînement des compétitions, des matches et leur intensité seraient responsables des blessures et d’une fatigue généralisée, comme le confiait lundi à L’Équipe l’ailier français Bilal Coulibaly.

Un aspect sur lequel la NBA n’aurait pas de réelle prise : « On voit bien que les joueurs allongent leurs saisons avec des compétitions internationales, mais aussi qu’ils se prennent en charge individuellement de plus en plus jeune, dès qu’ils ont 12 ou 13 ans, avec des répétitions et des exercices intenses dont on ne peut mesurer l’impact sur le corps à long terme, livre Galbraith. Mais on constate une tendance à ce que le physique des athlètes “lâche” de plus en plus jeune. C’est observable, mais nous ne sommes pas en capacité de mesurer à quel point cela concerne nos joueurs actuels. »

Toujours pas de saison allégée

Entraîneur des Golden State Warriors, Steve Kerr prône une saison régulière à 72 matches (au lieu de 82). « Cela ferait une grande différence » , avait-il estimé. Ce à quoi la NBA oppose une impossibilité d’application, liée notamment aux droits de diffusion négociés à hauteur de 76 milliards de dollars sur 11 saisons (à partir de 2025).Quid des back-to-back (deux matches en deux soirs)? « Il y a dix ans, il y en avait jusqu’à 22 pour certaines franchises, qui jouaient parfois 4 matches en cinq jours. Désormais nous sommes retombés à 14, et nous avons allongé la saison d’une semaine en 2017,

Et lorsque nous l’avons fait, nous avons constaté une augmentation des blessures en pré-saison, car elle était devenue trop courte. » Impossible, paraît-il, d’allonger la saison d’une ou deux semaines de plus, « en raison du calendrier international », déplorent les dirigeants américains.

Réduire le nombre de matches joués n’est pas au programme des dirigeants. À Las Vegas, Silver avait de surcroît ouvert la porte à un passage à 32 franchises en NBA (avec probablement Seattle et Las Vegas). « Chaque équipe ne disputerait quand même que 82 rencontres de saison régulière, sourit Galbraith. Ce qui n’augment erait pas la charge sur les joueurs. » Encore faudrait-il se préoccuper de l’alléger.

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