Alaphilippe a toujours faim


Malgré ses 33 ans, le double champion du monde, sous contrat avec Tudor jusqu’en 2027, refuse d’abdiquer.

“À l’entraînement, je souffre plus à un certain seuil qu’avant. Auparavant, je pouvais aller plus loin. C’est peut-être l’âge, je ne sais pas, je commence à avoir des cheveux blancs" 

“À chaque fois que je suis au départ de la Flèche Wallonne c’est spécial. Les Strade Bianche, je suis super content d’y retourner. San Remo, quand tu arrives dans le final, c’est électrisant aussi"

8 Jan 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

MORAIRA (ESP) – C’est fou comme tout le monde s’engraine au point qu’on en vienne à scruter le cuir chevelu de Julian Alaphilippe afin d’y déceler quelques mèches blanches. Lors de la journée de présentation de son équipe, hier, le vainqueur de Milan-San Remo en 2019 a rapidement compris qu’on ne lui parlerait plus de Quick-Step comme l’an passé, mais plutôt des années qui passent, d’un éventuel déclin physique, logique, mais, à 33 ans, le vainqueur du Grand Prix du Québec, la saison dernière–laseule avec sa nouvelle équipe Tudor –, a encore l’âge de clouer quelques succès à son palmarès.

Fabian Cancellara, patron de l’équipe suisse, en est persuadé: « Il va encore en gagner beaucoup. Il a bien terminé sa saison, du Tour de Grande-Bretagne au Lombardie, ça, c’est Loulou. Et cette année, il a tiré tout le monde, les coureurs et le staff, vers le haut. Et puis il est jeune dans la tête. » Mais celui qui a été cueilli par un paquet de virus ces derniers mois commence à adopter des réflexes d’anciens. Avant de commencer l’interview, on lui a soumis l’idée de passer une veste parce qu’il se baladait en teeshirt. Il a d’abord décliné avant de se raviser : « Vous avez raison, je vais en chercher une dans machambre. » Rhabillé, il est revenu évoquer son corps meurtri par les chutes, la douleur de laisser sa famille et quelque part, aussi, la fin puisqu’il a glissé que les Mondiaux au Canada, en septembre, pourraient être ses derniers, estimant que ceux de Sallanches, en 2027, neseraient pastaillés pourlui.

Votre première saison chez Tudor a-t-elle ressemblé à vos attentes?

Elle a été une bonne saison d’intégration dans le sens où il s’agissait quand même d’un grand changement pour moi. Par contre, je suis tombéencoretropsouvent malade, à des moments importants dans ma préparation. Au Tour de France, j’ai beaucoup souffert, je n’ai pasfait le Tour que j’espérais ( 56e augénéral, 3e de la 15e étape).

Vous avez été malade avant le Tour des Flandres, avant le Tour donc, à Montréal, à Kigali aussi. Ce sont les prémices de la vieillesse?

(Il sourit.) Je me pose la question mais, honnêtement, depuis quelques années, je suis régulièrement malade. Après, je touche dubois mais l’an passé, je n’ai pas fini les deux stages, en décembre et en janvier. Et là, tout va bien, je me sens bien. Donc je me dis qu’aumoins l’hiver est bonet que c’est une bonne base.

La plupart des questions ont tourné aujourd’hui autour de votre âge… C’est vexant?

Pasdutout, pas grand-chosemevexe, mais c’est unfait: je suis dans mes deux dernières années de contrat, doncplus prochedelafin. On m’a déjà souvent posé la question sur mon après-carrière, j’ai plein d’idées maisje n’y pensepasconcrètement parce quesi tu penses à la fin, tu as déjà un pied dehors. Et ce n’est pas mon cas. Si on veut performer à ce niveau-là, il faut être à fond de dans, si non c’est mort.

Vous arrivez encore à vous “faire mal à la gueule”?

En course, c’est sûr queoui. Sinon, tu ne peuxpascontinuer. Après, à l’entraînement, j’avoue quejesais encore le Julian Alaphilippe (à gauche, au départ du Tour de Lombardie le 11 octobre) aborde avec enthousiasme sa deuxième saison sous les couleurs de Tudor. Lors de la première, il n’avait remporté qu’une victoire, le GP de Québec, mais avec la manière (à droite). faire, parce qu’il le faut, maisje souffre plus à uncertain seuil qu’avant. Auparavant, je pouvais aller plus loin. C’est peut-être l’âge, je ne sais pas, je commence à avoir des cheveuxblancs ( sourires). Et puis j’ai quand même toutes les gamelles, les blessures, qui me rappellent à l’ordre. Souvent, je me rends compte que j’ai des douleurs que je ne suis pas censé avoir à 33 ans. Quand je vois les gamelles que j’ai prises, les opérations quej’ai eues, le dosbloqué souvent…

Avez-vous fait le deuil de gagner une très grande course, un Monument?

Pasencore. C’est encore dansmatête. Je me sens encore capable de pouvoir gagner de grandes courses. Si je n’ai plus ça, c’est fini. Je ne peux pas rouler juste pour rouler. Ça demande trop de sacrifices, trop d’implications, trop de… Moi, j’ai besoin d’avoir des objectifs. À chaque fois que je suis au départ de la Flèche Wallonne (victoire en 2018, 2019, 2021), c’est spécial. Les Strade Bianche (succès en 2019), je suis super content d’y retourner. San Remo, quand tu arrives dans le final, c’est électrisant aussi. Ce sont des moments qui me font dire que j’aime encore ce que je fais et qui me motivent pour m’entraîner.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire arrêter? Neplus gagner?

Je ne fonctionne pas comme ça. Là, je suis vraiment à bloc dans la saison, comme il y a dix ans, commel’annéedernière. Lafin se rapproche mais je ne suis pas fermé à continuer unandeplus, pourquoi pas? Ce qui meferait arrêter serait de connaître une année très difficile, oùje suis très souvent malade, où je suis blessé. Par ce que là, il y a zéro plaisir. Tune cours plus après les victoires, tu cours après la condition et je ne fais pas du vélo pour ce la. »

***

Focus sur les ardennaises

8 Jan 2026 - L'Équipe
Y. H.

Pour sa deuxième saison chez Tudor, Julian Alaphilippe a dessiné un programme assez « classique », focalisé sur les ardennaises (Amstel Gold Race le 19 avril, la Flèche Wallonne le 22 avril et LiègeBastogne-Liège le 26 avril) sans mixer avec les flandriennes, comme l’an passé du reste puisqu’il avait dû déclarer forfait juste avant le Ronde, malade. Le double champion du monde débutera par le Tour d’Algarve (18-22 février), fera son retour sur les Strade Bianche (7 mars), une de ses « courses préférées », qu’il a remportée en 2019. Il poursuivra son séjour en Italie avec Tirreno-Adriatico (9-15 mars) jusqu’à Milan-San Remo (21 mars), théâtre d’une autre de ses victoires prestigieuses. Avant de partir sur les ardennaises, il prendra le départ du Tour du Pays Basque (6-11 avril). La suite de son calendrier devrait « normalement » l’amener de nouveau sur le Tour de France (4-26 juillet).

***

EN BREF

33 ans
1,73m ; 62 kg. 
Équipe : Tudor.
Ses principales victoires : 
double champion du monde (2020, 2021) ; Milan-San Remo 2919 ; Strade Bianche 2019 ; 3 Flèche Wallonne (2018, 2019, 2021) ; GP de Québec 2025 ; Clasica San Sebastian 2018. 
6 étapes du Tour de France (2 en 2018, 2 en 2019, 1 en 2020, 1 en 2021). 
Maillot jaune 18 jours (14 jours en 2019, 3 en 2020, 1 en 2021). 
Meilleur grimpeur en 2018. 1 étape du Giro (2024).

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