Ousmane Dembélé a, entre autres, accordé une interview à TF1, hier.

ET EN PLUS’ IL PARTAGE

OUSMANE DEMBÉLÉ BALLON D’OR

HUGO DELOM et LOÏC TANZI (avec G. V.)
24 Sep 2025 - L'Équipe

C’est une folle journée de célébrations et d’obligations qu’a vécue l’attaquant du PSG après son sacre sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris, lundi soir. Avec les supporters, ses proches ou ses coéquipiers, Ousmane Dembélé a occupé tous les terrains. 

Dehors, en face de ce théâtre du Châtelet, les supporters parisiens chantent encore et encore. À 770 kilomètres de là, le PSG vient de subir sa première défaite de la saison mais le «kop» n’en finit plus de savourer le sacre d’Ousmane Dembélé. Évreux, la ville berceau, est traversée par une douce euphorie. Les images de ces U14/15 du club local et de la centaine d’invités réunis devant un grand écran apparaissent déjà sur les réseaux sociaux. Grégory, Romaric, Victor et les autres: les éducateurs qui ont participé à la construction de « Dembouz » échangent leurs émotions à distance. Les téléphones chauffent et les yeux sont noyés par les larmes. Le quartier de la Madeleine s’endort en rêvant.

Les puissants « Et Ousmane Ballon d’Or» se diluent peu à peu dans la nuit parisienne. Après l’émotion de son discours, l’attaquant du PSG, entre deux photos, échange dans le players’ lounge.

Nasser al-Khelaïfi, Didier Deschamps... ils sont des dizaines à vouloir parler avec la star du soir. Le sélectionneur des Bleus est d’humeur taquine. Ça se checke, ça se câline: la famille et les amis du nouveau Ballon d’Or ne réalisent pas encore tout à fait. Dembélé s’affaire pour les photos et activités médias.

Le père de Lamine Yamal mauvais joueur

Le clan Lamine Yamal quitte, lui, la cérémonie rapidement. Le prodige barcelonais a pris le temps de saluer le lauréat. Un peu plus loin, son père ne cache pas son énervement en moquant ostensiblement Dembélé sur son niveau de jeu affiché ces derniers mois au regard de celui de son fils.

L’heure du départ du lauréat arrive. Les rues sont secouées par des cris, le Parisien se mêle à la foule en présentant son trophée. Sa famille et ses proches – parmi ceux qui n’étaient pas présents au Châtelet – n’en finissent plus de célébrer le sacre. Dans ces appartements-là, la folie est totale. Ça danse, ça pleure. L’épouse du nouveau Ballon d’Or ne masque pas son émotion. La nuit est froide et humide, «Dembouz» la traverse en van pour rejoindre un restaurant du VIIIe arrondissement. Organisée par une marque, cette soirée accueille des proches, des amis du joueur mais aussi des influenceurs en tous genres. Dans un décor ancien, l’attaquant ne peut pas se détendre tout de suite, devant se prêter au jeu d’une nouvelle séance photos avant de poser avec les nombreuses personnes invitées.

Au programme, un menu très simple: croque saumon-avocat, mini-burgers, rigatoni à la truffe, nuggets, pommes allumettes, des légumes croquants, du poulet braisé et des desserts maison. Mathieu Bodmer et Bernard Mendy, l’acteur Ragnar Le Breton, ou l’ancien responsable du recrutement du Borussia Dortmund Sven Mislintat font partie des invités. Les heures passent. L’émotion affleure. Les rires sont partout. Il est question, avec son ami d’enfance Moustapha Diatta et les autres de la soirée, ponctuée sur un imbroglio sur les places, du discours émouvant et de souvenirs d’enfance. Au milieu de la nuit, vers 3 heures, Dembélé, éreinté par ces heures intenses, rejoint sa chambre d’hôtel parisienne, près des ChampsÉlysées. Le numéro 10 du PSG sait que sa première journée en tant que Ballon d’Or sera intense.

Un passage au Campus de Poissy

Elle commence, dans la matinée, par une interview enregistrée pour le 20 heures de TF1, où il a été accueilli par une haie d’honneur de grands dirigeants de la chaîne. Les entretiens s’enchaînent. Celui accordé à France Football organisé au Crillon va durer une petite heure. « Dembouz » y apparaît fatigué, forcément, mais blagueur et conscient d’avoir traversé une nuit d’histoire.

Dans ce programme digne d’un chef d’État, l’ex-Barcelonais n’a pas perdu de vue son programme de rééducation. Alors que ses coéquipiers sont en décrassage, et que ceux qui n’ont pas joué tentent de se réchauffer dans la fraîcheur de Poissy, l’ancien Rennais suit son protocole au côté de son physio. Sa convalescence avance bien mais aucun risque ne sera pris et son retour devrait intervenir après la trêve internationale d’octobre. Pour la première fois, le nouveau Ballon d’Or croise certains partenaires et membres du staff. L’ambiance est chaleureuse, les photos, trophées en mains, s’enchaînent. Les chants aussi. La lumière tombe. Et la délégation parisienne arrive ensemble au gala de la fondation, au Parc des Princes, vers 20 h10.

Ousmane Dembélé, souriant, a les traits tirés par sa journée intense. La star insiste pour que les photos soient avant tout collectives. La soirée s’étire. Certains joueurs, en repos aujourd’hui, prévoyaient de la prolonger ailleurs qu’au Parc des Princes. Samedi, contre Auxerre, le Parc fêtera son Ballon d’Or. Et un refrain bien connu sera entonné. Le refrain de cet automne 2025. Le refrain d’une nouvelle vie pour Ousmane Dembélé.

***


Hakimi fataliste

"Mes statistiques, ce ne sont pas celles d’un défenseur normal"
   - ACHRAF HAKIMI SUR CANAL+, EN AOÛT 

24 Sep 2025 - L'Équipe
LOÏC TANZI

Dans le vestiaire du Stade-Vélodrome, après la défaite face à Marseille lundi (0-1), Achraf Hakimi ne s’attendait pas à voir son nom apparaître aussi rapidement, à la 6e place du classement du Ballon d’Or. Au milieu de ses coéquipiers, face à la télévision installée spécialement pour suivre l’événement, le Marocain n’a montré aucun signe d’agacement ou d’énervement.

Initialement attendu au théâtre du Châtelet, le défenseur n’a pas pu accepter l’invitation en raison de la reprogrammation de la rencontre entre l’OM et le PSG, reportée dimanche à cause des conditions météo.

Presque un mal pour un bien pour un homme qui sentait depuis quelques jours que les débats ne tournaient plus qu’autour de Lamine Yamal et Ousmane Dembélé. Surtout, Hakimi aurait peut-être perçu une pression différente de l’organisation et de son club s’il avait eu une chance plus importante de gagner lundi soir, quand bien même le nom du vainqueur a été gardé secret jusqu’au bout. Avec une probabilité de succès plus élevée pour le Marocain, le Paris-SG aurait fait bien plus pour ne pas jouer en même temps que la cérémonie. Des indices, dans les ultimes instants, déjà annonciateurs de mauvaises nouvelles.

De là à se retrouver sixième... Malgré une communication positive, notamment via un post Instagram avec une photo d’Ousmane Dembélé soulevant le trophée et un « mérité » accompagné de la couronne d’un roi, Achraf Hakimi doit être déçu. Les votants ont-ils pris en compte la situation judiciaire du joueur (*) ? « Finir dans les six meilleurs joueurs du monde est déjà une belle fierté » , lâchait-on dans son entourage ces dernières heures. Mais on le sait, le défenseur rêvait plus grand. «Quand les gens me mettent dans le débat du Ballon d'Or, c’est un rêve auquel je n’avais jamais pensé. Si j’ai la possibilité de le gagner, je pense que je le mérite aussi » , avait-il expliqué dans une interview accordée à Canal+ début août. « Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont marqué en quarts, en demies et en finale ( de la Ligue des champions), alors que c’est plus difficile en tant que défenseur, ajoutait-il. Les gens pensent que je suis attaquant ou milieu, mais non, je joue dans une ligne de quatre et je dois penser à défendre. Les statistiques que j’ai eues cette année, ce ne sont pas celles d’un défenseur normal. Je pense que quand un défenseur fait ça, il mérite plus qu’un attaquant.»

Une certaine tension était ressortie de cet entretien, entre un club dévoué à la candidature d’Ousmane Dembélé et un joueur surpris de ne pas être plus soutenu. Ces derniers jours, les paroles de l’ancien Madrilène étaient déjà moins ambitieuses au Campus PSG. Une nouvelle interview doit sortir sur les antennes de Canal+ cette semaine, avec des mots différents à l’évocation de ce Ballon d’Or.

Achraf Hakimi sait aussi qu’il peut vivre une nouvelle saison historique avec la Coupe d’Afrique des nations à disputer à domicile avec le Maroc (du 21 décembre au 18 janvier 2026), et une quatrième place à défendre lors de la prochaine Coupe du monde aux États-Unis, au Mexique et au Canada (du 11 juin au 19 juillet). Pour vivre une nouvelle cérémonie l’année prochaine, et pas depuis un vestiaire cette fois-ci.


(*) Il est mis en examen pour viol. À l’issue de l’enquête, le parquet de Nanterre a demandé un procès. Il revient à la juge d’instruction de décider ou non de ce renvoi. Le joueur clame son innocence depuis le début de la procédure.

***

Vitinha futur roi ?

RÉGIS DUPONT

Juste avant que le monde ne regarde Ousmane Dembélé recevoir, au théâtre du Châtelet, une récompense à laquelle il ne rêvait même pas, Vitinha a maintenu, lundi, au Stade-Vélodrome, sa courbe de performance hors de la zone de médiocrité. Il a encore été, statistiquement, le meilleur joueur du PSG un soir où l’absence de mouvement aurait dû le pénaliser individuellement, audelà du revers au Vélodrome (0-1).

S’il n’avait eu autre chose à faire et s’il avait pu regarder le match, Ruud Gullit, le coprésentateur de la cérémonie du Ballon d’Or 2025 et lauréat du prix en 1987, aurait répété ce cri du coeur émis en fin de saison dernière. « Il n’était même pas assez bon pour jouer à Wolverhampton, et maintenant c’est le meilleur joueur du Paris-SG!» , avait lancé l’ancien milieu offensif de l’AC Milan.

C’est un peu la signification du vote des journalistes, qui l’ont placé sur le podium du 69e Ballon d’Or. Derrière les étoiles Ousmane Dembélé et Lamine Yamal, mais largement devant Achraf Hakimi (6e), l’autre Parisien qui semblait en mesure de décrocher la récompense individuelle suprême. Un an après le sacre de Rodri, la troisième place de Vitinha confirme la sensibilité nouvelle du jury pour ces meneurs de jeu reculés qui sont la sève des équipes de possession. Elle valide, surtout, le passage du milieu dans une nouvelle dimension, à 25 ans.

Sixième Portugais à figurer sur le podium du Ballon d'Or

Quatre saisons après son passage manqué à Wolverhampton (22 matches en 2020-2021), deux saisons après l’arrivée libératrice de Luis Enrique sur le banc parisien, c’est une revanche considérable. Une bonne leçon, aussi, pour ceux qui pensent que jouer simple signifie forcément de lâcher vite le ballon. Lors de son passage en Premier League, comme lors de ses premiers mois à Paris ou même lors de sa formation au FC Porto, Vitinha a écouté les conseils de ses différents entraîneurs, ou les remontrances de quelques illustres coéquipiers. Il a encaissé les reproches sans se renier, a simplement amendé son jeu pour mieux l’aimanter.

Il est le sixième Portugais à figurer sur le podium du Ballon d’Or, après Eusebio, Paulo Futre, Luis Figo, Deco et Cristiano Ronaldo. Une année où le pays vainqueur de la dernière Ligue des nations place deux éléments dans le top 10 (Vitinha et Nuno Mendes) pour la première fois depuis 2019 (Ronaldo, 3e, et Bernardo Silva, 9e), il a aussi fait migrer le centre de gravité de la Seleçao un cran plus bas.

Le métronome n’est plus vraiment Bruno Fernandes, encore moins Bernardo Silva. En témoigne l’entrée décisive de Vitinha en Allemagne (2-1, le 4 juin) en demifinales de Ligue des nations. «Ce qu’il réalise cette saison, pour moi, sans aucun doute, le justifie, avait affirmé son sélectionneur, Roberto Martinez. C’est un joueur essentiel dans les succès du PSG cette année.»

Il a évidemment disputé les 120 minutes de la finale contre l’Espagne (1-1, 7-5 aux t.a.b.) quatre jours plus tard et, malgré la fatigue d’une saison 2024-2025 interminable, la quasi-totalité des deux matches de rentrée (5-0 en Arménie et 3-2 en Hongrie, en qualifications au Mondial 2026). Deux rencontres durant lesquelles le sélectionneur a installé pour de bon le duo Vitinha - João Neves au milieu, à dix mois d’une Coupe du monde où le Portugal espère ressembler comme jamais au PSG de Luis Enrique.

***

LE CLASSEMENT DES PARISIENS AU BALLON D’OR

1. Ousmane Dembélé
3. Vitinha
6. Achraf Hakimi
9. Gianluigi Donnarumma (désormais à Manchester City)
10. Nuno Mendes
12. Kvitcha Kvaratskhelia
14. Désiré Doué
19. Joao Neves
24. Fabian Ruiz

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