Bouabré, sacré pigiste


Saïmon Bouabré trompe Einar Fauskanger 
et ouvre le score pour la France contre la Norvège.

Arrivé en cours de compétition, le joueur transféré cet été de Monaco à Neom a envoyé les Bleus dans le dernier carré. Mais il ne pourra disputer la demie, contraint de retourner dans son club en Arabie saoudite.

“Techniquement, c’était quelqu’un qui, 
quand il était bien, bonifiait l’équipe. 
Il pouvait être décisif, passeur ou à la finition"
   - FRÉDÉRIC BARILARO, UN DE SES 
     ANCIENS FORMATEURS À MONACO

14 Oct 2025 - L'Équipe
ROMAIN LAFONT (avec N. G.)

Cela valait bien une petite pirouette. Saïmon Bouabré a spectaculairement célébrés on ouverture du score contre la Norvège, dimanche soir à Valparaiso (2-1). Il faut dire que ce but, qui fut transformé en doublé vingt minutes plus tard, était assez inattendu: il y a dix jours, le joueur de Neom n’était même pas au Chili, retenu par son club comme nombre de ses compatriotes car cette Coupe du monde des moins de 20 ans a démarré en dehors des dates FIFA. L’ex-Monégasque n’a donc pu débarquer que pour les huitièmes de finale contre le Japon (1-0 a.p.), où il avait disputé soixante-six minutes. Et il est devenu quelques jours plus tard l’improbable héros de la première qualification des Bleus pour le dernier carré de la compétition depuis la bande à Paul Pogba en 2013.

Malheureusement, il ne pourra contribuer à emmener les siens en finale, demain (22 heures, en direct sur la chaîne L’Équipe). Car Neom, qui a acheté le joueur 10M € cet été, a refusé hier soir la demande de la Fédération française de le laisser à disposition pour vingt-quatre heures de plus, alors que la fenêtre de dates FIFA prend fin ce soir à minuit. Quelques minutes avant de recevoir la mauvaise nouvelle, son sélectionneur Bernard Diomède nous expliquait: «Faire une demi-finale avec ou sans lui, ça change les choses.»

Ceux qui ont côtoyé le joueur de 19 ans en Principauté ne diront pas le contraire. «Ça a toujours été un talent, on l’a toujours su, rappelle Frédéric Barilaro, qui l’a eu en jeunes à l’ASM. Quand on a gagné la Gambardella en 2023, il avait été très présent sur les sept matches de la campagne et, en finale contre Clermont (4-2), il avait été énorme. Techniquement, c’était quelqu’un qui, quand il était bien, bonifiait l’équipe. Il pouvait être décisif, passeur ou à la finition. Après, il a pu faire preuve d’immaturité dans certaines situations. Ce sont des jeunes qui, à un moment, sont peut-être impatients. La Youth League, à un moment, ce n’était plus suffisant pour lui, dans sa tête. Et il pouvait dégager par moments une certaine suffisance.»

Impatient de faire son trou dans le groupe d’Adi Hütter, Bouabré a dû se contenter de miettes, avec quatre apparitions, toutes compétitions confondues, la saison passée. Et la seule fois où il avait eu sa chance, en janvier à Nantes (2-2), il s’était clairement loupé, en première période, pas aidé par des partenaires également à côté de la plaque. Et il n’avait rejoué que lors du dernier match de la saison, alors que l’ASM était assurée de finir sur le podium.

Bouabré devait partir dans la foulée disputer l’Euro Espoirs, mais en raison d’un différend contractuel, son club l’avait empêché d’aller en Slovaquie car la compétition ne se déroulait pas aux dates FIFA… Le joueur est finalement allé disputer le tournoi Maurice Revello, situé dans la bonne fenêtre, sous la houlette de Diomède. Un sélectionneur tout heureux de le retrouver quatre mois plus tard au Chili. Même si ce bonheur aura finalement été éphémère.

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