En attendant l’équipe de France, que devient Zinédine Zidane ?
Zinédine Zidane, le 14 septembre, à Paris.
Alors que les Bleus affrontent l’Azerbaïdjan, ce vendredi au Parc des Princes, le successeur pressenti de Didier Deschamps attend dans l’ombre. Sans faire de vagues.
10 Oct 2025 - Le Figaro
Baptiste Desprez
Partir sur les traces de Zinédine Zidane s’apparente à un vrai parcours du combattant. Glaner des informations sur l’icône du football français en est un autre tout aussi fastidieux. Ses anciens partenaires champions du monde 1998 vous écoutent, ou non, vous répondent, ou non, sont polis pour la plupart mais ont tous la même réponse. « Rien à dire », avancent-ils en substance. D’autres déclinent, « pas intéressé par le sujet ». Idem pour ses proches et sa garde rapprochée. La parole est proscrite. Le silence est roi. La volonté est limpide : distiller le moins d’éléments possibles au sujet de l’ancien maître à jouer de l’équipe de France, promis à la succession de Didier Deschamps dans le costume de sélectionneur des Bleus l’été prochain après la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet).
« Je pense qu’il est trop tôt pour vous aider sur votre article sur Zizou », nous répond un ponte de 1998 qui « préfère garder l’anonymat pour ne froisser personne ». Un autre dit la même chose : « Les Bleus sont en période de qualif et il est bon qu’il y ait autour de la sélection sérénité, calme et union. » Sous-entendu : laissez travailler Didier Deschamps et ne parlez pas de Zinédine Zidane. Évitons les interférences et petites phrases qui pourraient déranger les uns et les autres. On tente de rassurer nos interlocuteurs en expliquant notre volonté de raconter ce que devient la légende, sans alimenter quelconque polémique ou créer la moindre affaire d’état. Rien n’y fait. Les bouches et les portes se ferment. Les unes après les autres.
De son côté, le principal intéressé, qui n’a plus entraîné depuis 2021, reste silencieux après quelques sorties qui l’ont un peu refroidi. En mai dernier, lors d’un événement avec son équipementier de toujours, Adidas, il avait notamment confié se sentir « légitime en équipe de France» avant d’ajouter sur une possible prise de fonction, un jour : « bien sûr, c’est un rêve, j’ai hâte .» Ces propos font les choux gras de la presse. Zidane parle peu, mais quand il rompt son silence, cela fait du bruit. Et les relais sont nombreux. « Il y a un entraîneur aux commandes, il y a une équipe, et il faut respecter tout ça, et c’est ce qu’on fait, avançait-il aussi, soucieux de ne pas perturber Didier Deschamps, à qui il voue un profond respect. J’ai toujours respecté le football et les gens, donc ce n’est pas vraiment le bon moment. Mais le moment venu, ce sera un grand plaisir si l’occasion se présente. »
Ce n’est un secret pour personne, même pour l’actuel patron des Bleus, mais le triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid (2016, 2017, 2018) figure en tête de liste pour le poste. Aucun autre profil ne lui arrive à la cheville. En février dernier, dans nos colonnes, «DD» assurait même que « Zizou » était « un très bon candidat naturel » et « attendu ». Les dés sont jetés. Interrogé par nos soins en juin dernier sur ce dossier a priori facile à gérer avec la nomination du champion d’europe 2000 après le Mondial 2026, Philippe Diallo bottait en touche. Avant d’assurer: « Lorsque la Coupe du monde s’arrêtera, l’équipe de France aura un nouveau sélectionneur et un nouveau staff. Je serai prêt. » Depuis, silence radio. Les Bleus sont engagés dans les qualifications, et tout est fait pour que l’actuel sélectionneur et son groupe ne soient pas perturbés par ce sujet ô combien symbolique.
Ces derniers mois, l’icône « ZZ » n’a pas fait de bruit médiatique, en dehors de quelques clichés postés sur ses réseaux sociaux avec sa femme, Véronique, ou ses enfants, entre la Provence, Madrid, Merano, le Grand Prix de Monaco ou récemment New York. Entre sobriété et plaisir(s) de la vie pour un homme appelé à revenir sur le devant de la scène dans les prochains mois. Tout comme des opérations avec ses sponsors (Adidas, Alpine, Bwin, Montblanc…), à l’image de la présentation du nouveau ballon de la Coupe du monde, entouré de Jürgen Klinsmann, Xavi, Alessandro Del Piero ou encore Cafu. Avec lui au centre. Les autres à côté. Légende un jour… Qui retrouvera le Stade-vélodrome à Marseille le 7 décembre prochain pour un événement avec son neveu Ryad.
Chaque semaine, avec sa femme, il suit les matchs de ses enfants Luca, Théo et Elyaz (Enzo a mis un terme à sa carrière), qui évoluent dans trois clubs d’andalousie - d’où est originaire sa femme -, à Grenade, Cordou et au Betis Séville. Il a aussi accueilli, non sans fierté, la convocation de Luca… avec la sélection algérienne. Le pays de son père, Smaïl, avec lequel il garde un lien indéfectible. Comme tout ancien footballeur qui se respecte, il s’est mis au padel. « C’est devenu un accro à ce sport, il adore ça et se challenge », avance un proche. Ce qui lui permet de garder une certaine forme physique. Peu d’excès. «À la maison, c’est salade, poisson», soufflait-il, ascète, à L’équipe pour ses 50 ans. À 53 ans, le double buteur iconique du 12 juillet 1998 a aussi soufflé les 27 bougies du titre planétaire au centre Z5 à Aix-en-provence avec certains de ses anciens collègues, tel Christophe Dugarry, avec lequel il a poussé la chansonnette dans une vidéo qui a ravi les réseaux sociaux. Moment choisi aussi pour aider financièrement plusieurs associations.
« Envie de boucler la boucle »
Et le football dans tout ça ? Chaque semaine il observe les matchs de Ligue des champions mais aussi la Ligue 1 et la Liga, reste connecté avec le sport qui l’a fait roi. Se délecte des exploits des Français. Une autre source qui préfère rester dans l’ombre assure qu’il prend des notes, récolte des informations et se renseigne ou que certains éléments remontent à lui sans qu’il ne le demande. Sans faire de bruit, ni prendre de place. Surtout ne pas brusquer. Jamais. Ses intentions sur les Bleus sont claires et assumées, lui dont le nom n’a cessé d’alimenter le mercato ces dernières années, que ce soit au Paris SG, à Manchester United, au Bayern Munich ou encore à la Juventus Turin et même à la tête de la sélection brésilienne. «ZZ» n’y a jamais trop prêté attention. Refus poli, mais ferme. « J’ai envie de boucler la boucle avec l’équipe de France», avouait-il lors de son dernier grand entretien avec un média français. L’histoire d’amour n’est pas terminée. Chut. Promis, on ne nous a rien dit.
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