Barcola, un peu plus loin des étoiles


Quatre buts en 31 matches, un taux de grosses occasions converties faible : l’attaquant du PSG, efficace en L1, ne parvient pas à transposer ce niveau en Ligue des champions. Question de confiance ? De profil ? De niveau ?

«On sent parfois qu’il cherche le bon geste. Mais ça se travaille. 
Quand Ousmane (Dembélé) a commencé, il n’avait pas ça»
   - PAUL-GEORGES NTEP, ANCIEN AILIER

«Autant je le trouve libéré dans la dernière passe, 
autant dans le dernier geste, il manque encore de confiance»
   - ÉRIC HÉLY, UN DE SES FORMATEURS À LYON

26 Nov 2025 - L'Équipe
HUGO DELOM

Écririons-nous ce papier si, le 31 mai, au bout d’un raid somptueux, où il a littéralement fait tomber Francesco Acerbi, Bradley Barcola avait inscrit le cinquième but parisien en finale de Ligue des champions contre l’Inter Milan? Sans doute pas.

Cette action qui a fait lever de son canapé n’importe quel amateur de five aurait suffi pour bousculer le constat posé depuis des mois. Au lieu de cela, elle symbolise, malgré elle, le déficit d’efficacité de Bradley Barcola (23 ans) en Ligue des champions.

Quatre buts en 31 matches sur la plus grande des scènes européennes, dont le dernier remonte au 19 février face à Brest (7-0), un taux d’occasions manquées supérieur à ses coéquipiers ou aux ailiers du même niveau en Europe... Ces chiffres traduisent fidèlement ce que l’on perçoit depuis deux ans de Barcola : un ailier prolifique en Ligue 1 (23 buts depuis l’été 2023) qui n’a pas encore totalement transposé son niveau en Ligue des champions.

Les statistiques dessinent le profil d’un attaquant qui, sur les deux scènes, est un passeur décisif précis (24 avec Paris, dont 7 en Ligue des champions), qui se crée une moyenne d’occasions quasiment similaire, frappe autant. Et pourtant, face au but, cet écart significatif entre L1 et C1 existe.

« Je ne pense pas qu’on puisse identifier une seule raison : forcément en L1, quand on rate, qu’on est un joueur du PSG, on sait qu’on en aura d’autres et il y a une pression en moins, alors qu’en Ligue des champions, quand elle arrive, tu sais qu’il ne faut pas la louper. Dans l’approche, c’est vraiment différent, pose d’entrée l’ancien ailier Paul-Georges Ntep, pour qui les clés de compréhension sont aussi structurelles. Après, dans le cas de Bradley, il renvoie la perception que ce n’est pas un attaquant “killer”. Des attaquants comme Mbappé ou Zlatan se sont construits à travers le but. Bradley, ce n’est pas cela, on sent parfois qu’il cherche le bon geste. Mais ça se travaille. Quand Ousmane ( Dembélé) a commencé, il n’avait pas ça. Et on l’a senti, une fois qu’il y a goûté l’an dernier, il s’est dit: “C’est bien, j’ai envie d’y regoûter.” Bradley, ça peut être aussi ça comme évolution. »

Pour comprendre ce delta, il faut sans doute effectivement revenir à ce qu’est Barcola. Un ailier virevoltant, formé essentiellement en tant qu’axial, mais pas unidimensionnel: « Bradley n’est pas un buteur obsessionnel. Je n’ai jamais perçu chez lui d’égoïsme. Il a une panoplie très large. Quand on le voit prendre la profondeur, par exemple, c’est très impressionnant, analyse l’un de ses formateurs à l’OL,

Éric Hély. La différence avec la L1, je l’explique peut-être par une forme de pression. Autant je le trouve libéré dans la dernière passe, autant dans le dernier geste, il manque encore de confiance. Il ne fait pas partie de ceux qui veulent tout dévorer face au but. Il n’est pas totalement programmé comme peut l’être par exemple (Désiré) Doué. Il a une marge de progression. Bradley, c’est un bosseur. Je suis convaincu que dans les deux ou trois ans, il va trouver de la régularité dans ce domaine. »

La thèse de la précipitation est parfois partagée en interne. Avec un manque de lucidité, au bout de courses parfois longues et une gestion incertaine des dernières foulées. Et donc du dernier geste. Au-delà du débat entre C1 et L1, l’international (18 sélections, 3 buts) lui-même mesure sa marge de progression face au but. Un chantier sur lequel il travaille depuis plusieurs mois. Et dont il attend le résultat à court ou moyen terme. Dès ce soir?

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