PARC DES PRINCES Un soir en coulisses


26 Nov 2025 - L'Équipe
EMERY TAISNE (TEXTE) et ÉTIENNE GARNIER (PHOTOS)

« L’Équipe » a pu visiter l’enceinte parisienne lors de la venue du Bayern Munich en Ligue des champions, le 4 novembre. Plongée au coeur d’une machinerie huilée.

Il est 17 heures, le 4 novembre, le Parc des Princes s’éveille avant de recevoir le Bayern Munich (1-2). L’ouverture des portes pour le grand public n’est prévue que dans deux heures et demie mais les camions CRSdéfilent déjà rue Commandant- Guilbaud. C’est la norme en Ligue des champions, 600 policiers sont mobilisés. Trois fois plus que pour un match standard. Et deux fois moins que les 1250 agents de sécurité privée sollicités par le club.

17 heures Déjà du mouvement porte K

Chasubles jaunes sur le dos, un premier contingent quitte l’enceinte parisienne, au niveau de la porte K, pour se poster à chaque barrage de sécurité. Le Parc est l’un des rares stades en France qui se situe en ville, ce qui implique un dispositif bien particulier. La « règle » des cercles concentriques prévaut. Avec un parcours bien défini et différentes zones de contrôles. Première

La sécurité du club a un oeil sur tout ce qui se déroule à l’intérieur du stade. Les autorités publiques s’occupent, elles, de tout ce qui se passe à l’extérieur. étape à la sortie du métro, porte d’Auteuil ou porte de Saint-Cloud en fonction de son emplacement dans le stade : contrôle visuel des billets et ouverture des manteaux. À l’approche du Parc, nouvelle vérification pour s’assurer de ne pas s’être trompé de porte. Rebelote pour entrer dans l’enceinte: scan du billet, portique numérique et palpation manuelle, obligatoire sauf pour les VIP. Alors que le public afflue à l’extérieur, plusieurs agents, chiens en laisse, font leur ronde à l’intérieur du stade. Trois types de chiens sont mobilisés pour ce type d’évènement: anti-pyrotechnie, défense, et anti-explosifs.

17 h 30 Derniers ajustements en régie

L’essentiel de l’opérationnel, les soirs de match, se déroule du côté de la tribune Borelli. Au 5e étage, la salle régie vidéo est déjà sur le qui-vive. C’est ici que les équipes du PSG visionnent et revisionnent tout ce qui a trait aux deux écrans géants. La particularité de la pièce est qu’elle ne donne pas sur le terrain. L’ingénieur son, l’opérateur, le cadreur, le speaker… Tout ce beau monde déroule une dernière fois le conducteur de la soirée : la composition des équipes, – seulement 45 secondes, remplaçants compris, pour l’adversaire – la vidéo de l’historique des confrontations entre les deux clubs, le top buts, le quiz qui sera proposé au public, les slides des différents chiffres de l’affiche à venir, le show de l’artiste invité à se produire – le DJ Yuksek face au Bayern, la chanteuse America Foster pour la réception de Tottenham ce soir…

Tout est (re) passé au peigne fin. Avec des débats marginaux: « Match nul prend un “e”? », « on ne peut pas enchaîner le show avec le film de l’entrée des joueurs », « il y a une répétition du mot “PSG” sur cette image », « à quel moment on lance la musique? »… Depuis la réception du Bayern, le PSG collabore avec Universal pour la création d’une musique dédiée à chaque de match de C1. Tout est calibré. Par rapport à une rencontre de L1, la seule contrainte imposée par l’UEFA concerne la diffusion d’un texte protocolaire contre le racisme.

18 heures

La fan expérience au coeur de la soirée

Au rez-de-chaussée, près de l’atrium où les VIP s’entremêlent à côté d’un maillot de Marquinhos mis en vitrine et floqué du chiffre 436 en référence à la soirée où le Brésilien avait battu le record de match de Jean- Marc Pilorget, on croise Arnaud Delpech, Head of Stadium Revenues Marketing & Fan Engagement. Sa mission avant le match consiste à faire venir le public plus tôt, un soir de semaine, afin d’éviter un engorgement. Avec des points d’expérience distribués aux bons élèves. Comprendre : des avantages pour les abonnés du programme de fidélité MyParis, des invitations aux évènements un peu sélects du club - sortie d’un maillot, shooting, projections…

Il s’apprête à prendre en charge les groupes de supporters internationaux – environ 170 dans le monde, présents dans 90 pays différents. La « fan experience » est prise très au sérieux. Par le passé, des rencontres après les matches ont pu être organisées avec Keylor Navas ou Gianluigi Donnarumma. Impossible à mettre en place les soirs de C1 compte tenu des contraintes UEFA. L’idée reste de créer de la proximité, et de montrer, via des reportages immersifs, que le PSG est un club de standing mondial.

18 h 30 Dernier brief pour PSG TV

Dans les souterrains du Parc, sous la tribune Auteuil, les vestiaires se succèdent: escort kids, ramasseurs de balle… L’endroit sert aussi d’espace de stockage. C’est là, dans un bureau, que l’équipe PSG TV prépare « son » match. L’émission sera plus courte que pour un match de L1, avec l’interdiction de diffuser des images « live » à quarante-cinq minutes du coup d’envoi.

La journée a commencé dans la matinée, dès l’annonce du groupe parisien, avec l’obligation d’occuper le terrain des réseaux sociaux. « On essaye de faire vivre l’évènement, de créer du lien, on aime démarcher des abonnés sur Twitch, détaille Charlotte Namura, host du PSG. C’est une façon de se connecter au match, en centrant sur les supporters qui ne sont pas là. » Faute d’autorisation délivrée par l’UEFA, les commentaires pendant la rencontre, s’effectueront depuis le siège, à Boulogne.

19 heures La fan zone s’anime, le car du PSG attendu

Rue des Princes, Sacha Khayat, fondateur de l’agence événementiel OpeningStage et Mateo sont déjà en place. Ils sont accompagnés de Patrick, le DJ, maillot du PSG sur le dos. Ce sont eux qui sont chargés d’animer la fan zone, au milieu des food-trucks. Ils vont manquer l’arrivée du car parisien aux alentours de 19 h 30, l’un des moments importants de la soirée pour les forces de sécurité. Un instant particulièrement observé depuis la salle de commandement.

19 h 45 Silence religieux dans la bulle de sécurité

Située au-dessus de la salle de crise et du poste de police du stade, au premier niveau de la tribune Borelli, la « bulle de sécurité » est divisée en deux : une partie pour les services de secours, l’autre pour les forces de sécurité. « Le coeur du réacteur », souffle un membre du PSG. Première chose qui interpelle dans cette pièce où un silence religieux règne : la profusion d’écrans pour observer les 325 caméras placées à l’intérieur et l’extérieur de l’enceinte.

Avec un périmètre bien délimité. La barrette de commandement de droite pour les autorités publiques où se mêlent, entre autres, les représentants du parquet, du renseignement et le chef de salle. La barrette de gauche pour Michel Besnard, le directeur de la sécurité et des opérations du club, et ses équipes. Au milieu trône « la main courante ». Autrement dit, la personne chargée de répercuter toutes les communications qui se tiendront dans cet espace clos.

20 heures Le taux de remplissage contrôlé

Pour schématiser, les autorités publiques ont un oeil sur tout ce qui se passe à l’extérieur du stade, la sécurité du club sur tout ce qui se déroule à l’intérieur. Il est question de quelques faux billets – un phénomène visiblement récurrent au Parc – mais aussi du taux d’occupation du stade et des différentes tribunes à une heure du coup d’envoi. « Si une tribune est déjà remplie à 90 %, on peut déplacer un effectif vers une autre tribune », explique un participant. En coordination avec le bureau d’organisation match, le trafic des lignes 9 et 10 du métro est également scruté en direct pour anticiper l’arrivée des supporters.

Ledit bureau est composé de membres de la SESE (société d’exploitation sports et événements) avec, parmi eux, un ancien membre de la direction de la sécurité pour faciliter les échanges. L’un de ses objectifs consiste à avoir « les yeux partout » et faire en sorte que chaque service ait le même degré d’informations. Il peut aussi être assimilé à « un bureau à tout faire » : la partie électrique, plomberie ou encore nettoyage, tout lui impute.

21 h 45 Cocktails pour les VIP

Dans « la Galerie », l’un des salons les plus premiums du Parc, les 70 privilégiés du soir sont loin de ces préoccupations. La vue qui leur est proposée est unique: derrière une vitre teintée, ils peuvent observer tout ce qui se trame dans le couloir donnant aux vestiaires. Le menu qui leur est proposé n’est pas mal non plus : un cocktail avant le match, un autre à la mi-temps, suivi d’un dîner de deux heures après le coup de sifflet final. Maîtres d’hôtel, barmans, hôtesses… Une trentaine de personnes s’affaire pour leur faire passer une soirée inoubliable.

Lors de PSG – Bayern, le trophée de la Ligue des champions y était exceptionnellement exposé pour immortaliser la soirée. Sur les 48583 places du Parc des Princes, environ 5 000 sont dédiées aux Hospitalités. Avec près de 3500 personnes tous corps de métiers confondus qui passent par le Bungalow A, le sas accréditation situé derrière la tribune Boulogne, pour faire vivre l’enceinte parisienne les soirs de Ligue des champions.

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