Broos après la tempête


Hugo Broos lors de l’arrivée de la sélection sud-africaine au stade d’Uyo, 
au Nigeria, pour y rencontrer le 7 juin les Super Eagles (1-1) 
dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde.

Le sélectionneur de l’Afrique du Sud a critiqué l’un de ses joueurs et son agente en choquant un pays longtemps dominé par l’apartheid. 
Avant de s’excuser et d’éteindre la polémique, au moins temporairement.

"Ça ne se fait pas et la portée est encore plus forte vu notre histoire" 
   - UN JOURNALISTE SUD-AFRICAIN

22 Dec 2025 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL H.P.

RABAT – La tempête n’a pas duré très longtemps mais elle a soufflé fort, très fort sur Hugo Broos, le sélectionneur de l’Afrique du Sud qui entre en compétition ce lundi à 18 heures, face à l’Angola de Patrice Beaumelle. Lors d’une conférence de presse, le 12 décembre, il s’était emporté contre Mbekezeli Mbokazi (20 ans), accusé d’être arrivé en retard au camp d’entraînement : « Je ne suis pas du tout content de ce qu’il a fait. Je vais avoir une petite conversation avec lui après l’entraînement et je peux vous jurer que même si ce garçon est noir, quand il ressortira de mon bureau, il sera blanc, car je ne peux pas accepter ce genre de comportement. »

Sous-entendu : il ne sera plus en retard. Puis s’en prenant à l’agente de ce même joueur pour le choix de son futur club (Chicago) : « Cette gamine qui pense qu’elle connait quelque chose au football. Si seulement elle était un peu intelligente, elle aurait attendu la fin de la Coupe d’Afrique et même celle de la Coupe du Monde pour recevoir des offres d’autres équipes. » Autant dire que ces déclarations ont profondément choqué un pays dominé par l’apartheid pendant des décennies. Un député du Mouvement démocratique uni a même saisi la Commission des droits humains sud-africaine contre l’entraîneur belge pour des « propos racistes et sexistes » . Mais tout s’est aujourd’hui tassé. « Il n’est pas raciste, je le connais mais il ne devait pas dire ça, nous explique un journaliste sud-africain. Ça ne se fait pas et la portée est encore plus forte vu notre histoire. Ce genre de propos ne peut que choquer. »

Broos, soutenu officiellement par sa Fédération, s’est très vite excusé. Son aura dans ce pays a fait le reste. Il a qualifié sur le terrain l’Afrique du Sud pour sa première Coupe du monde depuis 2002. En trois ans, il a totalement relancé le football local, ramené du monde au stade. Ce baroudeur de 73 ans bénéficiait d’une bonne image en Afrique, surtout depuis sa victoire lors de la CAN2017 à la tête du Cameroun.

« Je n’ai jamais vu ou entendu la moindre chose de sa part, assure Michael Ngadeu, le défenseur central camerounais, vainqueur avec lui. C’est un gars qui a apporté au foot chez nous. Mais il peut parler cash à tout le monde, joueurs ou ministre, il a son francparler mais restait toujours dans les limites. » Pas cette fois. Même si un succès de l’Afrique du Sud enterrerait sans doute définitivement cette affaire.

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