MAROC L’entrée, c’est fait


Si le match d’ouverture de la CAN a été marqué par le splendide retourné acrobatique du Marocain Ayoub el-Kaabi, 
joueurs et supporters n’ont pas été épargnés par la pluie.

Des favoris en contrôle

Même si tout n’était pas parfait, les Lions de l’Atlas ont réussi leurs débuts dans leur CAN en battant les Comores.

22 Dec 2025 - L'Équipe
HERVÉ PENOT

RABAT – Le Maroc s’est retiré une immense pression, hier, en battant les Comores dans une soirée très mouillée (voir par ailleurs). Depuis deux ans, et sa défaite en huitièmes de finale en Côte d’Ivoire (face à l’Afrique du Sud, 0-2), le pays ne vit que dans l’attente d’une victoire finale dans sa CAN, la première étape avant d’envisager de plus grandes conquêtes. Alors personne, ici, n’imaginait un archipel de moins d’un million d’habitants titiller la grandeur du Royaume.

Walid Regragui et ses joueurs savaient tout ça. Les 18 victoires consécutives n’ont toujours pas permis au sélectionneur d’être tranquille ni de gagner ses galons auprès de l’opinion publique. Et à la fin de la première période, les sifflets descendus des tribunes ne disaient rien de bon pour la suite. D’autant que les Lions avaient raté un penalty, une simple péripétie, et perdu Romain Saïss, un coup bien plus ennuyeux pour la suite si l’on s’en tient à son visage au moment de son remplacement.

Mais ils ont su remettre les pendules à l’heure d’hiver après la pause en claquant deux buts, l’un par Brahim Diaz (1-0, 55e), l’un des chouchous du peuple, sur un centre de l’impeccable Noussair Mazraoui, l’autre sur un chef-d’oeuvre signé Ayoub el-Kaabi (2-0, 74e), une bicyclette du gauche dans la surface que n’aurait pas renié Amara Simba.

L’équipe pouvait souffler, retrouver de l’allant, du rythme comme s’il avait fallu passer par ce moment d’incertitude, de doute pour enfin entrer dans la compétition. Il n’est jamais facile pour un pays organisateur d’ouvrir le bal, peutêtre un peu plus difficile encore quand on est le Maroc et ses ambitions démesurées. « Il y avait beaucoup d’attente dans le vestiaire, admettait Regragui. Ça fait deux ans qu’on travaille pour cette équipe, il y avait de la tension. Et en plus, on loupe un penalty et il y a la blessure de Romain ( Saïss). On aurait pu se dire que ce n’était pas un bon jour pour nous, on aurait pudouter. Mais on sait garder nos qualités depuis longtemps comme notre état d’esprit. Les joueurs ont été patients, ont réagi comme il le fallait.»

Le Mali sera moins attentiste vendredi

Lui a réglé des défauts entrevus comme ce manque de présence devant et ses joueurs ont profité de la débauche d’énergie des Comoriens vraiment épatants à ce niveau. Rafiki Saïd a même failli égaliser après avoir chipé le ballon dans les pieds de Nayef Aguerd, mais Yassine Bounou veillait (59e)…

Rien ne sert évidemment de tout dévoiler d’entrée. Les exemples en 2024 de la Côte d’Ivoire, catastrophique en phase de groupes avant de chiper le trophée, et du Sénégal, énorme puis sorti en huitièmes, restent bien présents dans les têtes. Le Maroc a déjà montré qu’il avait de la réserve sur le banc, une qualité qui pourrait servir dans la phase à élimination directe. « C’était dur car ils ont joué tous derrière, soulignait Brahim Diaz, élu homme du match. Ce n’est jamais simple un premier match de CANet on va continuer de s’améliorer en marquant plus sur nos occasions. Ce résultat, je suis sûr, va nous aider pour la suite. Et on a besoin des fans qui ont été incroyables. Ce sera important de les avoir avec nous. Moi, je me sens très bien, les gens m’aiment et je les aime tellement, je veux tout donner et les rendre fiers.»

Ces fans ne les ont pas toujours portés, mais ils seront bien présents contre le Mali vendredi, un tout autre rendez-vous. Pour une fois, le Maroc affrontera une formation qui ne restera pas calée dans sa surface à l’attendre. Cela offrira de nouvelles perspectives à Regragui. Lui, si critiqué, peut au moins respirer, sa CAN est lancée.

***

Le déluge et le soulagement

L’ouverture de la CAN a été rincée par les averses, et l’ambiance s’en est ressentie. Mais la victoire marocaine a permis de vraiment lancer les festivités.

22 Dec 2025 - L'Équipe
MATHIEU GRÉGOIRE

RABAT – À la fin de la rencontre, la bande de Walid Regragui est allée saluer les tribunes, mais beaucoup de supporters avaient déjà filé. Pas par dépit ou déplaisir, seulement parce qu’ils avaient pris l’eau, en cette drôle de journée d’ouverture marquée par des averses aussi intenses que les interventions de Sofyan Amrabat au milieu du terrain. Après l’ouverture du score de Brahim Diaz (55e), le récupérateur du Betis et son camarade Jawad el-Yamiq ont d’ailleurs harangué la foule, réclamant du soutien, de la passion. On peut réellement dater le début de la CANàcemomentprécis, à 21h24, le stade Moulay-Abdellah se consumant de soulagement après la frappe victorieuse du joueur du Real.

Jusqu’ici, il avait supporté son équipe plutôt timidement, rapidement douché par le penalty raté de Soufiane Rahimi et la vaillance comorienne, et des sifflets ont accompagné le retour aux vestiaires des deux équipes à la pause.

Le moment le plus émouvant? Sans doute la présentation des formations au prince héritier Moulay el-Hassan, 22 ans, quelques minutes après un hymne scandé à l’unisson. Le cérémonial a été complet, chaque joueur a serré la main droite du fils du roi Mohammed VI, l’a embrassé au niveau de l’épaule droite, et ce grand fan de football a ensuite posé au milieu du onze marocain. Sous une pluie battante, il a donné le coup d’envoi fictif d’une petite louche et le public l’a acclamé. Le sélectionneur Walid Regragui avait espéré une ambiance digne des derbys de Casablanca, où même les enfants de 8 ans se comportent comme des ultras. Il a eu droit, logiquement, à une atmosphère plus feutrée, engoncée dans les enjeux de l’événement.

Aya Nakamura, poncho et flaques d’eau

L’après-midi a été rafraîchi par la pluie, les bonnets, survêtements et autres capes aux couleurs du Maroc ont prestement recouvert les maillots des Lions. Sur le parvis du stade, la sono crache Idiot d’Aya Nakamura mais Yanis, 6 ans, n’en fait pas partie. Sa mère, Meryem, l’a recouvert d’un poncho plastifié avant de nous donner son pronostic : « 3-0 ! » Pour le Maroc, bien sûr.

À quelques encablures, devant la fan-zone officielle de Rabat, Imran, 10 ans, taquinait le ballon entre deux flaques d’eau. En tenue de la sélection, le crâne teint en rouge et le drapeau du Maroc sur le dos. « Et encore, je lui ai mis un sous-pull, il ne voulait pas, il se croyait l’été…», soufflait sa mère. Ce petit gars, gardien émérite du club de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), a avoué son admiration pour Yassine Bounou. Et comme son idole, les rideaux d’eau de Rabat ne l’ont pas anesthésié.

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