Combat de Lions pour un sacre
Le 14 janvier, lors de la demi-finale contre l’Égypte, Sadio Mané,
l’attaquant vedette du Sénégal, a marqué l’unique but.
FOOTBALL - Le Maroc, pays hôte, affronte le Sénégal en finale de la Coupe d’afrique des nations, ce dimanche à Rabat.
Une rencontre au sommet entre les deux grands favoris du tournoi.
Le Maroc, auquel le titre échappe depuis cinquante ans, marche sur un fil.
16 Jan 2026 - L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN
Ils sont au rendez- vous. Grands favoris annoncés de la Coupe d’afrique des nations 2025, le Maroc et le Sénégal ont assumé leur statut. Quatre semaines après le lancement du tournoi, le pays hôte et le vainqueur de l’édition 2021 ne sont plus qu’à un match du sacre. Une finale inédite, ce dimanche 18 janvier (bein Sports 1 et M6, 20 heures) à Rabat, qui s’annonce rugissante à plus d’un titre. Avec d’un côté, les Lions de l’atlas et leur star Achraf Hakimi, Ballon d’or africain 2025, qui courent après le trophée depuis leur unique victoire en 1976 et une finale perdue en 2004 contre la Tunisie (2-1). De l’autre, les Lions de la Teranga et leur vedette Sadio Mané, l’un des meilleurs attaquants du monde, lauréats il y a quatre ans et en finale lors de trois des quatre dernières éditions.
La folie qui s’est emparée du pays au terme de la séance de tirs au but remportée par l’équipe du Maroc face au Nigeria (0-0, 4 tirs à 2), mercredi 14 janvier au stade Prince Moulay-Abdellah de Rabat, donne une idée de la tension et de l’attente qui règne dans tout le Royaume. Dans l’obligation de remporter « sa » CAN à domicile, un titre qui lui échappe depuis cinquante ans, le demi-finaliste de la dernière Coupe du monde en 2022 et première nation africaine au classement mondial de la FIFA (11e), marche sur un fil. « Tout autre résultat que le sacre sera perçu comme une défaite », a d’ailleurs souligné le sélectionneur marocain Walid Regragui.
Très critiqué depuis le début de l’épreuve pour le jeu proposé, le technicien sur lequel pèse une énorme pression est en train de réussir son pari. Après avoir balbutié son football lors du premier tour, tout en finissant premier du groupe A, puis avoir remporté son 8e de finale au forceps contre la Tanzanie (1-0), son équipe est enfin entrée dans son tournoi en quarts, face au Cameroun (2-0). Imposant un pressing et un contre-pressing de tous les instants, les Marocains ont empêché les quintuples vainqueurs de l’épreuve de développer leur jeu.
Bis repetita en demi-finale, où les joueurs de Walid Regragui ont poursuivi leur harcèlement face au Nigeria, meilleure attaque du tournoi (14 buts en 5 matchs), soudainement incapable de trouver le chemin des filets pour la première fois. Un système qui fonctionne à la perfection mais constitue une débauche d’énergie qui, ajoutée à la demi-heure supplémentaire de prolongations face au Nigeria, pourrait peser dans les jambes contre le Sénégal.
En mission, les Lions de l’atlas sont portés par Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations, et leur capitaine Achraf Hakimi, qui retrouve peu à peu son niveau après deux mois sans jouer. En 8es, après un coup franc qui s’est écrasé sur la barre transversale tanzanienne, le latéral du PSG a offert une passe décisive à Brahim Diaz pour débloquer la situation et en demi-finale il a inscrit avec autorité son tir au but.
LA FORCE DE L’HABITUDE
Un leadership et une capacité à garder la tête froide en toute situation qui ne seront pas de trop face aux Sénégalais habitués à disputer la finale de la CAN. Finalistes en 2019, avant de la remporter deux ans plus tard, les Lions de la Teranga ont pour avantage la force de l’habitude. Emmené par ses cadres trentenaires (Édouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gueye et Sadio Mané) et la fougue de ses jeunes remplaçants Ibrahim Mbaye ( 17 ans) et Lamine Camara (21 ans), le Sénégal a réalisé un tournoi sans fioritures, en s’imposant chaque fois sans trembler. Sortis premiers du groupe D, vainqueurs du Soudan ( 3- 1) en 8es, les partenaires de Sadio Mané sont venus à bout, en quarts de finale, d’un Mali accrocheur (1-0), qui n’avait pas perdu la moindre rencontre.
Face au Maroc, les joueurs entraînés par Pape Thiaw devront néanmoins évoluer sans leur milieu Habib Diarra, suspendu après avoir reçu deux cartons jaunes en quart et demi-finale. Ils devront aussi faire sans leur capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu et sorti sur blessure lors de la victoire en demi-finale face à l’égypte, septuple vainqueur de l’épreuve. Une absence qui n’a pas semblé les gêner tant ils ont dominé. Et, s’ils ne se sont pas montrés très dangereux, les Sénégalais ont encore une fois pu compter sur Sadio Mané, qui a inscrit, d’une frappe sèche au ras du poteau, l’unique but (1-0, 78e).
À 33 ans, s’il n’a plus sa vivacité d’antan, le coéquipier de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr (Arabie saoudite) préserve intacte son influence sur son équipe. Auteur de deux buts dans cette édition, devenant ainsi le meilleur buteur de l’histoire de la CAN avec 10 réalisations, et de trois passes décisives, ce qui le rend également meilleur passeur de l’histoire de la compétition avec neuf offrandes, Sadio Mané a programmé sa sortie au sommet. « Je suis très heureux de pouvoir jouer, pour ma toute dernière CAN, une finale avec les Lions, a-t-il annoncé, mercredi soir. J’espère la remporter et l’amener à Dakar. » Les Marocains sont prévenus.
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