«Je ne me voyais pas arrêter»


Clément Davy, qui courait l’année dernière en World Tour avec Groupama-FDJ United, a intégré cette année l’équipe continentale Nice Métropole Côte d’Azur. Il pense y retrouver un épanouissement personnel et sportif.

Comme Clément Davy, des coureurs ont été contraints de descendre de niveau pour poursuivre leur métier. En espérant rebondir.

"On a tout ce qu’il faut pour être bien"
   - VICTOR GUERNALEC (CIC PRO CYCLING ACADEMY)

5 Feb 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

BELLEGARDE (GARD) – Le paysage n’a pas changé : les assistants briquent les vélos sur l’incontournable parking de départ de Bellegarde, les pieds de vigne des Costières sommeillent encore, la flotte arrose la première étape comme un petit nuage qui suit en continu le coyote. L’Étoile de Bessèges, quoi. Et, pourtant, en sortant du camping-car de Nice Métropole Côte d’Azur, Clément Davy semble en quête de repères.

À 200 mètres de là, le car rutilant de son ancienne formation, Groupama-FDJ United, attire la foule: «Ce n’est pas un pincement au coeur mais ça fait bizarre, oui. Après deux années en Conti, cinq en World Tour, je me suis posé beaucoup de questions: est-ce que je devais continuer ou arrêter ? Avec mon niveau, je ne me voyais pas arrêter. » À 27 ans – « un âge bâtard, pas assez jeune, ni trop vieux » –, le coureur né à Fougères, dans le même coin que les frères Groussard, est alors descendu de deux étages, en Conti, et il n’est pas le seul dans ce cas.

Deux ex-Arkéa, Simon Guglielmi (28ans) et Victor Guernalec (25ans), contraints par la liquidation de leur équipe, ont dû revoir leurs ambitions personnelles à la baisse. Le premier a rapidement donné son accord à Saint-Michel-Preference HomeAuber 93, dès septembre. « Ils m’ont dit qu’il restait une place, raconte Guglielmi. C’est une année compliquée, il ne fallait pas faire le difficile. Je n’ai pas hésité. » Guernalec a, lui, patienté un peu avant de rejoindre les rangs de CIC Pro Cycling Academy, «jusqu’en octobre. Mais déjà Anthony Ravard (le manager général de CIC) m’avait appelé en juillet, on avait un accord verbal: si je n’avais pas autre chose, je venais chez eux. Le choix était naturel. J’ai toujours cette chance d’être pro et toujours l’ambition de retourner au-dessus». Un objectif commun aux trois que comprend Stéphane Gaudry, directeur sportif de Saint-Michel : « C’est gagnant-gagnant. Nous, on bénéficie de leur expérience et eux peuvent relancer leur carrière. On a l’exemple d’Alexandre Delettre, descendu de chez Cofidis (en 2024) et qui a réalisé une saison extraordinaire chez nous pour rebondir avec Total où il est une pièce maîtresse.» L’histoire ne se répète pas à chaque fois. Thomas Champion, aujourd’hui coéquipier de Simon Guglielmi, a connu cet ascenseur l’an passé, refoulé de chez Cofidis: «Je m’étais fixé un an pour retourner en World Tour mais j’ai connu une année difficile avec des pépins physiques. » Il reconnaît que, les premiers mois, la transition a été « compliquée, plus par rapport au programme de courses. En WT, j’avais des étoiles dans les yeux sur certaines courses, et revenir sur un circuit Coupe de France, c’est ce qui me freinait un peu. Et puis je me suis imposé des exigences qui n’étaient pas nécessaires. Chez Cof’, je faisais bien le travail, ici, il faut scorer».

Dans l’ombre en World Tour, ils retrouvent un statut de «coureur protégé, un privilège, estime Guglielmi. Je travaille là-dessus pour endosser ce rôle : je n’avais pas cette pression du résultat final avant, plutôt celle du travail bien fait. Maintenant, il faut les deux, c’est cool.» La bascule financière un peu moins. Victor Guernalec relativise : « Je n’ai pas fait cinq ou dix ans en World Tour, j’étais amateur de 2019 à 2024. Chez Arkéa, j’étais à 42 500 brut par an et là, je touche 30000 brut. Je n’ai pas eu le temps d’avoir un train de vie avec quatre appartements à rembourser.»

Le reste, le métier, est le même. Il faut appuyer sur les pédales et le niveau des Conti s’est tellement amélioré que Guglielmi ne voit «pas énormément de différences sur les trucs essentiels de la performance, c’est carré, c’est top, très pro». Son ex-copain de chez Arkéa énumère le matériel à sa disposition: «Le cadre est le même que chez Cofidis (ProTeam), on a un groupe identique à ce qui se fait dans le peloton. On a tout ce qu’il faut pour être bien.» Et pour retrouver un peu d’altitude, poursuit l’ex-Arkéa: «Ce n’est pas faire offense à l’équipe de vouloir rebondir à un niveau supérieur mais c’est à moi de me bouger. »

Guglielmi, lui, attend, se «fixe une année plaisir» alors que Clément Davy espère en retrouver, tout simplement. «J’étais aussi à la fin d’un cycle (chez Groupama). J’avais besoin de retrouver un épanouissement personnel et sportif, je l’aurai chez Nice Métropole. » Tout sourire, Thomas Champion (26 ans) en est le bon exemple. Mais il ne se résigne pas: «Bon, si une équipe cherche un équipier, appelez-moi: “Thomas Champion, sur Insta, par mail, au téléphone”, comme vous voulez (rires).»

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Y. H.
Un Crabbe royal

Personne ne l’a vu venir, surtout pas Lukas Kubis (Unibet Rose Rockets) que Tom Crabbe a sauté après la pente de l'avenue de la Méditerranée. Une première victoire professionnelle « incroyable » a glissé, en français, le Belge de la formation Flanders-Baloise, qui « a tout donné après le dernier virage jusqu’au finish » et qui espère « garder le maillot de leader, prendre du plaisir » à l’occasion d’une nouvelle journée dédiée aux sprinteurs entre Saint-Gilles et Domessargues (162,7km). Son succès personnel rend également hommage à son increvable coéquipier Victor Vercouillie, dans l’échappée du jour avec Niils Aebersold (Élite Fondations), Jaakko Hänninen (Nice Métropole Côte d’Azur) et le Français Léandre Huck (Van Rysel Roubaix), et repris à 300 mètres du sommet par le peloton et les toxines.

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