Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron, l’or plus fort que les polémiques


Yara NARDI/REUTERS
Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron, lors de la cérémonie de remise des médailles aux Jeux olympiques d’hiver, à Milan, le 11 février.

Alors que la presse américaine poursuit sa campagne de dénigrement, les danseurs français, eux, savourent leur titre olympique si durement acquis, en faisant fi des critiques.

« Cela a été extrêmement difficile, car il ne s’agissait pas seulement de patinage, mais aussi de mon intégrité et de la sienne »
   - Laurence Fournier Baudry Médaillée d’or en patinage artistique

13 Feb 2026 - Le Figaro
Cédric Callier Envoyé spécial à Antelserva

D’une idée un peu folle - en partant de rien, si ce n’est une forte amitié, aller décrocher l’or olympique en danse sur glace un an plus tard -, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry en ont fait une merveilleuse réussite. Du Vogue de Madonna à la bande-son envoûtante du film The Whale, le duo a su séduire les juges autant que subjuguer le public pour s’imposer et permettre à Cizeron de devenir le premier patineur de l’histoire à décrocher une médaille d’or aux Jeux avec deux partenaires différentes. «C’est un moment incroyable et assez vertigineux quand on regarde un an en arrière, lorsqu’on s’est lancé ce challenge. De voir tout le chemin parcouru, cela a été tellement rapide et pourtant, Dieu sait qu’on a eu des obstacles depuis… », reconnaît le Clermontois de 31 ans. Qui, tristement, n’est pas au bout de ses peines niveau obstacles et autres polémiques.

Depuis leur arrivée à Milan il y a une dizaine de jours, le couple français a dû faire face à une constante campagne de dénigrement, à la limite du harcèlement, de la part de la presse américaine, désireuse de ne pas les laisser respirer et de les déstabiliser au profit du tandem Madison Chock-evan Bates, leurs principaux rivaux battant pavillon… américain. Un classique, seraiton tenté de dire, dans une discipline qui, hélas, en a vu d’autres, et des bien pires avec par exemple l’affaire Harding-kerrigan. L’or autour du cou, Cizeron et Fournier Beaudry auraient cependant pu espérer que toutes ces manoeuvres cessent. Ce qui, hélas, n’a pas été le cas, celle-ci s’amplifiant même outre-atlantique. À l’image de l’éditorial publié par USA Today, d’une violence rare : « Quel message terrible le patinage artistique vient d’envoyer aux survivants et aux victimes d’abus sexuels, ainsi qu’aux parents qui souhaitent que leurs enfants pratiquent un sport sûr (…) Si vous devez choisir des modèles pour vos enfants, vous optez pour Chock et Bates à tous les coups. Ce fut une soirée triste pour eux, et une soirée encore plus triste pour leur sport. »

Le journaliste freelance Max Gao, qui a collaboré notamment avec le New York Times ou NBC, ajoute de son côté, via le réseau social X : «Il n’y a absolument aucune raison pour que Cizeron remporte deux médailles d’or olympiques. C’est scandaleux. Tous ceux qui sont impliqués dans le sport de la danse sur glace et qui ont permis à ces deux-là de concourir, sans parler de monter sur la plus haute marche du podium, ded’eux-mêmes. vraient avoir honte » Des attaques faisant référence d’un côté aux propos de Gabriella Papadakis - dans le livre qu’elle a sorti mijanvier Pour ne pas disparaître son au sujet de Cizeron, partependant naire sur la glace près de vingt ans, dont elle dénonce une emprise et un comportement toxique, notamment au travers de cette phrase choc : « L’idée de me retrouver seule avec lui me terrorise. » « Face à la campagne de dénigrement dont je suis la cible, je tiens à exprimer mon incompréhension et mon désaccord avec les qualificatifs qui me sont attribués, a répondu le patineur par le biais d’un communiqué. Dans ce contexte, j’ai fait le choix de confier ce dossier à mes avocats et de mettre en demeure toutes les parties impliquées de cesser immédiatement la diffusion de propos diffamatoires à mon encontre et je me réserve le droit d’engager toutes les actions légales nécessaires pour protéger mon intégrité.»

Et de l’autre côté, la presse américaine apl’accusation puie sur d’agression sexuelle, proférée par une patineuse à l’encontre de Nikolaj Sorensen, le compagnon et ancien partenaire sur la glace de Laurence Fournier Beaudry avant que cette affaire, qui remonte à 2012, n’éclate. Celui-ci avait été suspendu dans un premier temps six ans, avant que cette sanction ne soit annulée et ne fasse l’objet d’un appel toujours en cours. Dans un documentaire diffusé par Netflix, la patineuse de 33 ans explique « se sentir comme un dommage collatéral. Cela a été extrêmement difficile, car il ne s’agissait pas seuleaussi ment de patinage, mais de mon inje tégrité et de la sienne. connais mon petit ami à 100 %. Je le connais bien. Et nous sommes restés forts ensemble. » Un soutien qui ne passe pas aux yeux de la presse américaine, de même que celui de Cizeron qui s’est dit « triste » pour son ami.

Autant de polémiques extra-sportil’objet ves, réelles et qui font actuellejudiciaires ment de procédures devant suivre leur cours, utilisées donc par certains pour contester la légitimité sportive du titre olympique remporté sur la glace de Milan par Cizeron et Fournier Beaudry, et l’existence même de leur association. Ou dit autrement, le premier n’aurait pas dû être autorisé à poursuivre sa carrière avec une autre partenaire sur la seule foi des propos de Papadakis, et ce sans aucune autre forme de procès ni possibilité de se défendre. Tandis que la seelle, conde, aurait dû être sanctionnée pour la simple raison de croire en l’innocence de son compagnon, dont elle partage la vie depuis une dizaine d’années. Le tout sans parler du tombereau de haine et du déferlement d’insultes dont Cizeron et Fournier Beaudry font l’objet sur les réseaux sociaux. Mercredi soir, sur la glaavaient ce, là où ils toute leur place et toute leur légicouple timité, le de patineurs n’a pas apporté une quelconleurs que réponse à détracsimplement teurs. Tout car leur triomphe, mérité, et leur association ne relèvent que de la sphère sportive. D’ailleurs, intelligemment, ni l’un ni l’autre n’ont voulu parler de revanche, préférant savourer le bonheur d’une médaille d’or acquise à force d’un travail inouï, comme le rappelait fort justement Cizeron. «On a créé notre histoire, on a créé une vie pour nous deux qu’on a choisie en nos termes. Je pense que ça nous a donné énormément de puissance et je pense qu’on savait exactement pourquoi on reprenait le patinage. On a un amour profond pour la danse sur glace. On a énormément aimé danser l’un avec l’autre sur la glace, s’entraîner et répéter. Et je crois que ce titre est vraiment la célébration de ces heures de travail, de tout l’amour qu’on a pu mettre dans ce projet. »

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