Tour de France 2026: 7 étapes á pas rater
De Barcelone à Paris, la 113e édition de la Grande Boucle promet du spectacle, des nouveautés et du classique. Survol des temps forts.
24 Oct 2025 - Le Figaro
Jean-Julien Ezvan
Carte d’embarquement. Dès potron-minet, le Palais des congrès à Paris, virtuelle ligne de départ, a vu jeudi converger un peloton mêlant joyeusement élus, partenaires, coureurs, coureuses, membres de l’encadrement des équipes et médias pour assister au spectacle traditionnel de la révélation des cartes du Tour de France, qui lance les candidats sur les routes pour de longs et minutieux repérages. L’événement se gagne durant l’été mais se prépare durant de longs mois.
Après un Tour 100 % France en 2025, la 113e édition du Tour de France vivra son 26e grand départ de l’étranger (le 3e d’espagne, après Saint-sébastien en 1992 et Bilbao en 2023). « Depuis que je suis là, cela va faire vingt ans, il n’y a jamais eu autant de demandes de grand départ émanant de l’étranger. Pour le Luxembourg, la demande récente a été faite par le premier ministre et par le grand-duc Henri. Lors de la dernière étape du Tour 2025, c’est le premier ministre slovène qui était là pour me faire part de la candidature de la Slovénie. Nous étions à Prague en début d’année dernière, le premier ministre, la présidente de la Chambre des députés, le maire de Prague, le président de la région nous ont accueillis. On a une candidature de l’allemagne pour 2030, date anniversaire de la réunification de l’allemagne, menée par Rudolf Scharping, l’ancien président de la Fédération de cyclisme et ancien ministre de la Défense. On a des candidatures des Pays-bas. On a une approche de la Pologne… Tous les 15 jours, on travaille sur un dossier grand départ pour 2028, 2029, 2030, 2031, 2032. C’est exceptionnel» , révèle Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, avant de confier : « Tous les ans, nous avons environ 300 candidatures pour être sur la carte du Tour, 250 en France, une cinquantaine à l’étranger. »
Ce Tour de toutes les passions qui s’expose, s’exporte, comptera 3 333 km (avant homologation) en 21 étapes. Trente cols (26 en 2025), dont 13 dans les Alpes, figurent au programme, pour un total de 54450 m de dénivelé positif (52 500 m en 2025 ; 52 000 m en 2024). Huit étapes de montagne (5 arrivées au sommet et 7 ascensions inédites) se dresseront et 7 étapes pourraient servir les desseins des sprinters. Éternel et actuel, le Tour vivra à Tarragone (2e étape) son départ le plus austral. Et s’il n’y a pas d’hommage prévu durant l’édition, le Tour pensera à Luis Ocaña en arrivant à Orcières-merlette lors de la 18e étape (en mars 2026, sortira chez Gallimard La Chute de Luis Ocaña dans le col de Menté, un poème épique signé Christian Laborde). Dans cet ensemble qui traversera les cinq massifs montagneux (dans l’ordre : Pyrénées, Massif Central, Vosges, Jura et Alpes), les ingrédients esthétiques, historiques et athlétiques sont au menu, mais l’événement n’est pas à l’abri d’un nouveau cavalier seul avec le diabolique Tadej Pogačar, qui cherchera à coiffer une cinquième couronne (après 2020, 2021, 2024 et 2025). Sur la route du Slovène, 7 étapes se détachent pour une édition qui ira « crescendo », selon le voeu de Christian Prudhomme.
■ 2e étape : Tarragone - Barcelone (182 km)
Après le contre-la-montre par équipes en ouverture à Barcelone (pour la première fois depuis 1971 à Mulhouse et la victoire de l’équipe Molteni du toutpuissant Eddy Merckx), les pourcentages de la côte de Montjuïc seront une nouvelle fois à l’honneur le lendemain, théâtre de l’arrivée, à l’endroit du traditionnel point final du Tour de Catalogne, qui a vu s’imposer Remco Evenepoel (2023), Tadej Pogačar (2024), puis Primoz Roglic (2025). Suffisant pour « dessiner le portrait-robot du vainqueur potentiel», se délecte Christian Prudhomme, ravi d’une difficulté posée d’entrée après la côte de Pike (à Bilbao, Tour 2023) et la côte de San Luca (à Bologne, Tour 2024).
■ 6e étape : Pau - Gavarnie-Gèdre (186 km)
L’étape phare des Pyrénées unit le classique (avec les cols d’aspin et du Tourmalet) et l’inédit, avec une arrivée à Gavarnie-Gèdre : «Une très longue montée finale, mais très roulante (18,7 km, mais à 3,7 %), d’où on verra, bien sûr, le cirque de Gavarnie. On va respecter l’environnement. Les Pyrénées seront tout sauf édulcorées, mais on n’a pas voulu les durcir outre mesure », souligne Christian Prudhomme.
■ 10e étape : Aurillac - Le Lioran (167 km)
Les routes de l’Aveyron et du Cantal seront hérissées de la côte de Pailherols, du col de la Griffoul, de la côte de Murat, du Pas-de-Peyrol - Puy-Mary et du col de Pertus pour un dénivelé positif de 3 900 m lors d’une étape spectaculaire et corsée : « C’est totalement dans l’esprit de ce qu’on fait depuis une dizaine d’années, d’aller chercher ailleurs que dans les Alpes et les Pyrénées des parcours hautement probants, sachant que, pour moi, la plus belle étape du Tour 2024, c’était celle du Lioran, avec ce final Vingegaard vainqueur ce jour-là devant Pogačar», rappelle Christian Prudhomme.
■ 14e étape : Mulhouse - Le Markstein (155 km)
Avec l’une des six ascensions inédites de l’édition : le col du Haag (11,2 km à 7,3 %) au coeur d’une voie verte nouvellement tracée. «Une variante au Grand Ballon avec des pentes extrêmes à 15 %, une montée qui est très, très irrégulière sur l’ancien chemin forestier transformé en voie cyclable. Donc là, ça va faire mal», décrit Christian Prudhomme. En 2023, Cyril Ast, président de la communauté de communes de Saint-Amarin, expliquait, dans les frondaisons : «Voir le col de la Loze (chemin forestier situé entre Méribel et Courchevel, posé pour la première fois sur le tracé du Tour en 2020) nous a donné des idées. » Avant la deuxième journée de repos, les inédits cols de Sarenne et plateau de Solaison (lire nos éditions de jeudi) lanceront le lendemain une folle dernière semaine dans les Alpes.
■ 16e étape : Évian-les-Bains - Thonon-les-Bains (26 km)
Jonas Vingegaard (Combloux 2023), Remco Evenepoel (Gevrey-Chambertin 2024, Caen 2025) et Tadej Pogačar (Nice 2024, Loudenvielle 2025) se sont partagé les cinq derniers contre-la-montre du Tour de France. Des moments toujours forts qui exposent, propulsent ou dégradent. La lutte est féroce, intime. Le chrono sera traversé par la côte de Larringes (9,7 km à 4,3 %) pour un profil qui n’a rien « d’une promenade sur les rivages du lac Léman. Un tiers de montée, un tiers de descente, un tiers de plat : un cocktail explosif que seuls les rouleurs complets peuvent digérer», retient le directeur du Tour.
■ 19e et 20e étapes : Gap-Alpe d’Huez (128 km) et Le Bourg-d’Oisans - Alpe d’Huez (171 km)
L’Alpe d’Huez. Un mythe du Tour de France. Cadre de la première arrivée au sommet (Fausto Coppi, 1952), devenue au fil des ans l’ascension la plus populaire. Son virage n°7, dit « des Hollandais », et la liesse qui monte le long des lacets en font toujours un moment à part. L’alpe d’huez, qui avait connu un contre-la-montre (2004), la double ascension (2013), vivra les émotions ricochets avec deux arrivées de suite en deux jours. Pour des explications au sommet. Avant de laisser, comme en 2025, le peloton escalader la butte Montmartre (21e étape), fendre une foule digne des plus prestigieuses ascensions et terminer sur les Champsélysées. En beauté…
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Ferrand-Prévot défendra sa couronne en passant par le Ventoux
« C’est un Tour malicieux. Sur chaque étape, il y a une difficulté pas très loin de l’arrivée » Marion Rousse Directrice du Tour de France Femmes 2026
24 Oct 2025 - Le Figaro
Gilles Festor
Elle était la grande absente du grand raout au Palais des congrès jeudi mais on imagine aisément que Pauline Ferrand-prévot (33 ans), qui se remet d’une opération de la cheville gauche le 3 octobre dernier, était collée à son smartphone pour découvrir peu avant midi le tracé du Tour de France Femmes 2026. En résumé : 9 étapes, 1 175 km avec un départ de Lausanne le 1er août et une arrivée à Nice le 9 août, trois massifs à escalader (Jura, Massif central et Alpes) et environ 19 000 m de dénivelé positif, un record.
Le décor est planté pour la championne française de l’équipe néerlandaise Visma Lease a Bike, qui défendra son titre après avoir fait se soulever les foules l’été dernier. Grâce aux exploits de la championne olympique de VTT à Paris, l’épreuve a basculé dans une nouvelle dimension en termes de popularité. « Nous avons atteint un pic de 8 millions de téléspectateurs lors de la dernière étape, un record sur France Télévisions (la deuxième meilleure audience sur les deux Tour de France confondus derrière l’étape hommes à Montmartre, NDLR) », s’est réjoui Marion Rousse, la directrice de l’épreuve.
« Cet été, on est entré pleinement dans le coeur des gens. Il n’y a plus de doute, c’est le Tour de France», insiste l’ancienne coureuse à la tête d’une course qui s’émancipe désormais de son grand frère. Le départ sera donné une petite semaine après l’arrivée à Paris des hommes et non plus dans la foulée, comme ce fut le cas les années passées afin de profiter de l’élan médiatique. «On avait besoin, ces premières années, d’être dans la roue de la course des garçons car il n’y avait pas de meilleure vitrine, mais avec le succès que nous avons connu cette année le long des routes et à la télévision, on se dit que les gens seront aussi là au rendez-vous, cinq jours après la fin du Tour de France Hommes », ajoute-t-elle.
« C’est un tour malicieux, résume Rousse. Sur chaque étape, il y a une difficulté placée pas très loin de l’arrivée ou quelque chose qui fait qu’aucune leader ne pourra, pendant les neuf jours de course, se dire : “Aujourd’hui, je reste à l’arrière, ça se finira en sprint massif”. » La patronne de l’épreuve se réjouit aussi du retour d’un contre-la-montre, entre Gevreychambertin et Dijon (21 km), absent du menu depuis deux ans et surtout, pour la première fois de son histoire, de la présence du Ventoux. Deux jours avant l’arrivée, les femmes se frotteront au mont Chauve, « un des lieux les plus iconiques du Tour de France, avec 3 565 mètres de dénivelé positif. » Vingt et un kilomètres de souffrance et un juge de paix qui pourraient désigner la future reine. Même si l’ultime étape dans le majestueux arrière-pays niçois, avec quatre ascensions du col d’èze, le passage inédit du très étroit chemin du Vinaigrier et le col des Quatre-chemins, a tout d’un final explosif. Le parcours. 1er août : 1re étape Lausanne Lausanne, 137 km ; 2 août : 2e étape Aigle - Genève, 149 km ; 3 août : 3e étape Genève - Poligny (France), 157 km ; 4 août : 4e étape Gevrey-chambertin Dijon (clm), 21 km ; 5 août : 5e étape Mâcon Belleville-en-beaujolais, 140 km ; 6 août : 6e étape Montbrison - Tournon-sur-rhône, 153 km ; 7 août : 7e étape La Voulte-sur-rhône - mont Ventoux, 144 km ; 8 août : 8e étape Sisteron - Nice, 175 km ; 9 août : 9e étape Nice - Nice, 99 km.
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