Un Tour de France toujours plus haut


L’édition qui s’élancera le 4 juillet 2026 de Barcelone, en Espagne, s’annonce sans répit pour les coureurs. Plusieurs ascensions font leur entrée dans la course.

24 Oct 2025 - L'Humanité
ÉRIC SERRES

La 113e édition du Tour de France masculin (4 juillet-26 juillet) partira comme annoncé de Barcelone. C’est la 27e fois que les coureurs s’élanceront de l’étranger. En toile de fond pour ce Grand Départ de carte postale, la Sagrada Familia, les immeubles Gaudi, Montjuic et son stade olympique, où évolue le FC Barcelone, orphelin jusqu’à la fin 2026 de son Camp Nou chéri. Pour une ville qui se bat contre la surpopulation touristique durant l’été, voilà un drôle de moyen de limiter les flux. Mais peut-on se refuser un départ du Tour de France ? Pas évident ! Reste à savoir si l’équipe Israel-Premier Tech sera de la partie, même sous un nouveau nom. Pas de réponse à cette heure.

Sur les 21 étapes et les 3 333 km du parcours, il y aura huit étapes de montagne avec cinq arrivées en altitude : Gavarnie-Gèdre, plateau de Solaison, Orcières-Merlette et deux fois à l’Alpe-d’Huez lors des 19e et 20e étapes. Cette 113e édition visitera donc les cinq massifs de l’hexagone, avec dans l’ordre les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura et les Alpes. Plusieurs ascensions feront leur grande entrée dans la légende : la montée de Gavarnie-Gèdre (6e étape), les cols du Page et du Haag (14e étape), le plateau de Solaison (15e étape) et le col de Sarenne (20e étape). Trois monstres sacrés compléteront le tableau avec le Tourmalet, l’Alpe-d’Huez et le Galibier, qui sera, avec ses 2 642 m, le toit de l’édition 2026. Le dénivelé positif impressionne déjà avec un total de 54 450 m. Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard savent déjà où se retrouver. Côté français, Paul Seixas, si jamais il prenait le départ – ce que lui déconseille le vieux druide Cyrille Guimard –, pourrait y fourbir les armes de son futur.

Mais si la montagne est belle pour certains, elle l’est beaucoup moins pour d’autres et rime souvent avec « chantier ». Les sprinteurs auront, malgré tout, de quoi se sustenter avec sept étapes de plaine disséminées au milieu des difficultés. On pense ainsi au Français Paul Magnier, qui aura tout juste 22 ans. Il représente l’avenir du sprint tricolore ! Reste le cas des baroudeurs, qui pourraient trouver un peu de réconfort lors des quatre étapes dites accidentées. Enfin, pour les hommes avec qui le temps passe vite, un contre-la-montre par équipes le premier jour à Barcelone et un autre contre-la-montre individuel (26 km) seront les occasions pour ces spécialistes d’écraser les pédales et de rattraper le temps perdu.

Après trois semaines éprouvantes, c’est de Thoiry que les grands fauves roulants s’élanceront pour l’ultime étape vers Paris et les Champs-Élysées. Comme en 2025, les processions seront à mettre en veille, même lors du passage de la butte Montmartre et devant le Sacré-coeur avec une triple ascension de la rue Lepic. Le tracé final a malheureusement été légèrement modifié puisque le sommet se trouvera à 15 km de l’arrivée, au lieu des 6 km de cette année. Dommage pour ceux qui gardent en mémoire la sublime victoire du Belge Wout Van Aert distançant Tadej Pogačar dans les lacets de la Butte. Une aubaine par contre pour les sprinteurs, qui auront le temps de se refaire avant d’attaquer les Champs.


Les femmes à l’assaut du mont Ventoux

La Grande Boucle féminine a longtemps été vue comme une simple extension de la version masculine. Son coup d’envoi sera donné le 1er août 2026 à Lausanne, en Suisse. Grâce à son succès populaire en 2025, elle s’affirme comme un événement de haute volée ri

Cette cinquième Grande Boucle féminine s’élancera le 1er août 2026 de Lausanne, jour de la fête nationale en Suisse. À croire que l’on aime les symboles chez ASO – organisateur du Tour ! Après 1 175 km et neuf étapes, il s’achèvera à Nice, le 9 août. Ce départ de Suisse, le deuxième de l’étranger après celui de Rotterdam (Pays-bas) en 2025, n’a rien d’un parcours de santé pour le peloton, qui traversera le Jura, la Bourgogne, le Beaujolais, le Massif central, affrontera le mont Ventoux et terminera par le col d’èze, sur les hauteurs de Nice. En termes de dénivelé positif, cette édition du Tour féminin sera la plus difficile de sa jeune histoire : 18 795 m de dénivelé positif, dépassant ainsi les records établis en 2025 avec 1 165 km et 17 240 m de D+.

Outre la difficulté du parcours, le Tour féminin prend de plus en plus de liberté par rapport à son grand frère. Il partira en effet pour la première fois une semaine après celui des hommes et non dans sa foulée immédiate. La marque d’une volonté, s’il en était besoin, d’en faire un événement à part entière et non une extension récréative de la Grande Boucle, comme l’a expliqué Marion Rousse : « On avait besoin les premières années d’être dans la roue de notre grand frère qui est le Tour hommes parce qu’il n’y avait pas meilleure vitrine pour nous, a expliqué la directrice de la Grande Boucle féminine. Mais on voit bien cette année avec le succès qu’on a connu en termes de spectateurs sur le bord des routes – c’était dingue – et en termes d’audiences avec un pic à pratiquement 8 millions lors de la dernière étape qu’on était capables de voler de nos propres ailes. »

UN PARCOURS MALICIEUX

Qui dit indépendance, bien méritée, dit aussi besoin de s’affirmer dans la difficulté. La 7e étape entre la Voultesur-rhône et le mont Ventoux répond à tous ces critères. Le Géant de Provence succédera dans la série des ascensions légendaires à la Super Planche des Belles Filles en 2022, le Tourmalet en 2023, l’alpe-d’huez en 2024 et la Madeleine, où Pauline Ferrand-prévot avait construit son succès l’été dernier. La Française a d’ailleurs annoncé qu’elle en serait encore cette année. Avec ses pentes assassines, le mont Chauve a largement de quoi redistribuer les cartes après le chrono de 21 km qui aura eu lieu dans le département de la Côte-d’or, entre GevreyChambertin et Dijon, lors de la quatrième étape. Mais le Ventoux, malgré son ascension la plus difficile par la route de Bédouin, ne livrera peut-être pas un verdict définitif. La dernière étape à Nice offrira de quoi tenter un ultime coup de poker avec la quadruple ascension du col d’èze et l’ajout, dans le dernier tour, d’un passage par le très étroit chemin du Vinaigrier et le col des Quatre-chemins pour 6 km à 7,6 %. « Cette dernière étape est pour moi aussi une étape de montagne, a souligné Marion Rousse. Il y aura du suspense jusqu’au bout. Personne ne pourra dire en haut du mont Ventoux que le Tour est joué. Si je devais résumer ce parcours par un mot : c’est malicieux, car sur toutes les étapes il y a un piège. »

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