«Wemby» dans la nasse
Victor Wembanyama et San Antonio ont chuté dans la nuit de dimanche à lundi à Phoenix pour la première fois de la saison dans un match où le plan des Suns a gêné le Français. Un avantgoût du traitement qui l’attend désormais.
4 Nov 2025 - L'Équipe
SAMI SADIK
À la fin, il n’en reste qu’une. De toutes les équipes NBA, une seule garde encore un bilan immaculé: Oklahoma City (7-0). Les Spurs ont été éjectés du club dimanche sur le parquet de Phoenix (118-130) après une soirée sans, y compris pour Victor Wembanyama (9 points, 4/14 au tir, 9 rebonds, 6 pertes de balle). « Il y a quand même du positif à tirer de ce match, on a beaucoup appris » , relativisait le numéro 1 de la draft 2023. Dans l’Arizona, il s’est frotté à un plan de jeu millimétré des Suns décidés à limiter un maximum son impact, sans doute grandement aidés par la fatigue d’un sixième match en onze jours après huit mois sans compétition.Victor Wembanyama sous la pression des joueurs de Phoenix Royce O’Neale (de dos), Mark Williams et Grayson Allen (118-130).
Une défense musclée
« Félicitations à Phoenix, ils ont donné le ton d’entrée avec leur impact physique » , concédait Mitch Johnson, l’entraîneur des Spurs. Symbole de ce traitement de faveur sur Wembanyama? Une séquence où Nick Richards, le pivot remplaçant des Suns, l’a tout simplement attrapé par l e maillot et jeté au sol. « Ils étaient toujours au contact, même quand le ballon était loin de lui, d’abord Royce O’Neale (l’ailier-fort de Phoenix) mais pas que. Sur la durée d’un match, ça crée de la frustration et on a vu qu’il a pris deux fautes offensives. C’est la seule solution pour l’arrêter. Si tu le regardes jouer, il va mettre 40 points » , observe Frédéric Weis, l’ancien pivot des Bleus et consultant pour beIN Sports.
Un traitement de faveur inexistant lors de la reprise contre Dallas où l’ancienne star des Metropolitans 92 avait marché sur les Mavericks et Anthony Davis (125-92). Pour garder une main ferme sur Wembanyama, Phoenix a partagé le rôle de chien de garde entre des petits gabarits tels O’Neale et les pivots, moins mobiles, Mark Williams et Richards.
« Victor est un garçon super intelligent, il s’adapte vite, si le même joueur reste sur lui, il va finir par le mettre en grande difficulté. Mais s’il y a une alternance entre des petits, des grands, des qualités défensives différentes, il peut être gêné. Et c’est un symbole: ça veut dire à quel point on le respecte » , poursuit Weis.
La vie à un contre deux
Devant les médias, Stephon Castle, le meneur rookie de l’année 2024-2025, prônait un mea culpa collectif après la soirée difficile de son coéquipier frenchie: « On doit aller plus vite dans nos spots pour lui créer de l’espace et qu’il puisse voir arriver plus vite les prises à deux. Les équipes ne vont faire que ça, elles ne veulent pas le défendre en un-contre-un.»
Face aux Suns, l’international français de 21 ans a vu double tout le match, avec un deuxième défenseur à ses basques dès que le ballon lui arrivait poste haut ou poste bas. Une tenaille aux mâchoires agressives, à l’image de l’énergie mise par le meneur allstar Devin Booker pour lui faire lâcher le ballon le plus vite possible. «Phoenix l’a très bien fait, souvent après le premier dribble pour forcer une décision ultra rapide de Wembanyama qui doit précipiter son jeu pour combattre cette prise à deux» , appuie Weis. L’intérieur n’a pas forcé de tirs, jusqu’à l’excès ou presque, avec seulement 2 points au compteur à l’entame du dernier quart. Mais les Spurs n’ont pas profité des ballons libérés par leur star, très maladroits à trois points (24 %), pour le plus grand plaisir de Phoenix.
Contourner la muraille
Immense favori pour le titre de meilleur contreur de la NBA (4,7 par match), Wembanyama a encore distribué quatre crêpes dimanche. Des signes de relâchement dans le camp adverse, comme ce double pas suicidaire de Grayson Allen « contré façon Jeanne et Serge» (ancienne série de volley-ball) s’amuse Weis. Mais le reste du temps, les joueurs de l’Arizona ont imité ceux de Toronto (1 contre seulement pour Wemby face aux Raptors) en évitant systématiquement d’attaquer le cercle avec le Français dans les parages.
«Face à lui, si tu attaques direct, tu es bête. Je le dis toujours : être un bon contreur, c’est plus facile les premières années, après les gens trouvent d’autres solutions. Avec Rudy Gobert, les joueurs avaient déjà peur de pénétrer vers le cercle, c’est pire avec Victor qui change la façon d’appréhender le match. Les équipes ont compris, elles s’adaptent » , indique Weis. Pas encore réputé pour son tir longue distance, Bam Adebayo, le pivot champion olympique de Miami, a dégainé 13fois derrière l’arc contre les Spurs. Pour les plus étourdis, le deuxième match du Français a servi de piqûre de rappel avec neuf contres servis face à New Orleans (120-116). Loin de l’Arizona, J.J. Redick, le coach des Lakers, n’a pas dû perdre une miette du spectacle. Il a trois jours pour tenter de reproduire la recette des Suns avec la même réussite.
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