HIP HIP HIP ENDRICK !


ÉLECTRIQUE ENDRICK 

Le crack brésilien prêté par le Real Madrid a fait exploser la défense messine d’un triplé. Sa présence change tout pour l’OL, solide 4e, qui peut rêver d’une deuxième partie de saison en boulet de canon grâce à son buteur de 19 ans.

"Il dégage quelque chose de particulier"
   - BENJAMIN STAMBOULI, MILIEU DE METZ

"C’est un joueur incroyable, avec une excellente attitude"
   - TYLER MORTON, SON COÉQUIPIER

26 Jan 2026 - L'Équipe
HUGO GUILLEMET

METZ – Il a sauté et dansé devant le parcage avec les autres, mais les supporters, qui chantaient son nom en hurlant, n’avaient d’yeux que pour lui, évidemment. Il a alors brandi le ballon du match au-dessus de sa tête comme un trophée, avant de précieusement le glisser sous son bras pour le faire signer à ses coéquipiers et le conserver à la maison, sur une étagère qui deviendra assez vite trop petite.

Endrick a le sens du show, cela se sent, mais pas seulement après les matches, ou pour célébrer ses buts: sur le terrain, il est un spectacle vivant et la manière dont il a concassé le FC Metz en réussissant un triplé, hier, imprimera durablement la rétine des chanceux qui ont pu assister à la victoire de l’OL à Saint-Symphorien (5-2).

«C’est un joueur de classe mondiale », a résumé le capitaine ad verse Gauthier Hein, malgré la déception. « Le match qu’il fait, c’est monstrueux, a appuyé Moussa Niakhaté. Il va nous apporter énormément.»

Son apport est simple à analyser : le Brésilien de 19 ans, prêté cet hiver par le Real Madrid, transforme à lui seul le visage offensif de l’équipe de Paulo Fonseca, qui avait du mal à briller face

au but avant son arrivée. «C’est un attaquant différent, décisif, a reconnu l’entraîneur lyonnais. J’avais déjà dit plusieurs fois qu’il nous manquait des initiatives, de la profondeur… Maintenant, avec lui, nous l’avons. Il fait des différences tout seul, mais il est aussi très à l’aise dans le collectif. Il ne faut pas oublier qu’il n’avait quasiment pas joué de la saison. Il va donc s’améliorer physiquement et encore progresser.»

S’il progresse sur les bases de son match d’hier, la Ligue 1 pourrait assister à un carnage. À Metz, Endrick a rimé avec hat-trick et les trois buts permettent de se faire une idée de la large palette du joueur. D’abord un petit ballon piqué en une touche pour ouvrir le score (1-0, 11e), puis une finition parfaite entre les jambes de Jonathan Fischer après un rush de 50 mètres depuis son camp (4-1, 45e+1) et enfin un penalty tranchant qu’il était lui-même allé chercher dans la surface messine (5-2, 87e).

Cette prouesse a presque éclipsé la réalisation de Ruben Kluivert (2-0, 16e) et la frappe pure de Tyler Morton (3-0, 32e), parce qu’il n’y a pas eu que cela dans la prestation de l’ex-prodige de Palmeiras. Il aurait ainsi pu réussir un quintuplé sans deux exploits de Fischer (47e, 59e) et a donné des ballons de but à Morton (61e) et Ainsley Maitland-Niles (79e), juste avant un enchaînement de dribbles qui a fait lever le stade, supporters adverses inclus (80e).

« Il dégage quelque chose de particulier, a avoué Benjamin Stambouli, qui l’a observé depuis le banc avant de se frotter à lui. Il a une qualité d’appel-contre appel qui fait très mal. Être capable de faire ça à 2 000 à l’heure, c’est le reflet du très haut niveau. Mais il est aussi altruiste dans ses choix de jeu, il ne se trompe pas sous pression et c’est rare à cet âge.»

Avec Endrick, il ne faut donc pas se fier au visage poupin, mais plutôt à la circonférence des cuisses et à cet immense potentiel technique, dans la lignée des plus grands attaquants brésiliens. Le joueur est probablement trop fort pour Lyon, ce qui dit beaucoup de la prouesse de l’avoir attiré, mais puisqu’il est venu s’y refaire une santé pendant une demi-saison, autant en profiter.

Déjà buteur à Lille en Coupe de France pour sa première (2-1, le 11 janvier), passeur décisif et brillant contre Brest il y a huit jours (2-1), «Bobby» est un gamin qui a fait passer les défenseurs messins pour des enfants, hier, et il est déjà le plus jeune Lyonnais de l’histoire à inscrire un triplé en Championnat, effaçant des tablettes un record vieux de plus de cinquanteans du légendaire Bernard Lacombe, rien que ça.

«C’est un joueur incroyable, avec une excellente attitude, a ajouté Morton. Il nous aide avec le ballon, mais aussi sans. C’est la clé de notre succès. Il a une vraie éthique de travail, j’applaudis sa mentalité. » Le rêve éveillé ne durera que jusqu’à la fin du mois de mai, mais cinq petits mois peuvent parfois suffire pour changer le destin d’un club, et c’est probablement ce qu’Endrick a dans la tête.

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UN TALENT QUI PASSE

26 Jan 2026 L'Équipe
Vincent Duluc

Sa quatrième place à deux points de l’OM et les débuts fracassants d’Endrick permettent à l’OL de laisser dans son sillage, en cette fin janvier, une trace à la fois surprenante et spectaculaire. La surprise, avouons-le, est que Lyon soit aussi haut, et à la tête d’une série de huit victoires d’affilée, toutes compétitions confondues, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2006 et la première saison de Gérard Houllier, le sommet d’une dynastie qui avait vu l’OL être sacré avec quinze points d’avance. Aujourd’hui, Lyon reste une équipe qui peut très bien jouer au foot, mais qui peut également faire n’importe quoi, généralement à l’intérieur d’un même match, parce qu’elle n’a pas de goût pour la tiédeur, pas beaucoup de maîtrise par vent de face, même à Metz (5-2), et pas beaucoup de banc, non plus, pour éteindre ses difficultés au fil de l’eau. Mais, alors que les résultats obtenus par Paulo Fonseca à l’automne semblaient à beaucoup une manière de miracle, vu les manques de l’effectif, l’OL est entré dans une autre logique, en 2026, avec le prêt d’Endrick par le Real Madrid et le constat d’une équipe type plutôt d’aplomb. Parallèlement à ses comptes accablants, il est patent que le club lyonnais mène une politique sportive cohérente depuis que John Textor n’est plus là pour faire le recrutement lui-même et s’arranger avec ses amis pour très cher. Cette quatrième place est fragile, mais il faut à la fois respecter les bilans, puisque l’OL est leader de la Ligue Europa, déjà en huitièmes de finale, et considérer les perspectives. Dans cette équipe d’outsiders, de gamins doués ou surdoués, de leaders positifs et de champions du monde au crépuscule, émerge désormais un talent supérieur, qui donne un autre sens à ce que son équipe fait de bien. Alors qu’il n’a que 19 ans, les débuts enchanteurs d’Endrick suscitent quelques réflexions: il n’a pas de raison de s’arrêter en chemin, puisque son rêve est de disputer la Coupe du monde avec le Brésil; il faut vraiment que le Real Madrid soit très fort pour n’avoir pas besoin de lui et négliger un dribbleur pareil, allumeur de joie et de réverbères; il faut vraiment que Lyon soit une terre bénie plutôt qu’un exil, à leurs yeux, depuis que Bernard Lacombe faisait les allers-retours au Brésil avec Marcelo et Lucien Muller, décédé la semaine dernière, pour que tous les Brésiliens qui passent se sentent comme à la maison. Enfin, c’est décidément la nature profonde de la Ligue 1 que d’offrir une scène et de la lumière à de grands talents qui viennent grandir et ne feront que passer: Endrick joue en France depuis trois semaines, et on a déjà compris qu’il partira dans cinq mois. L’idée, franchement, serait plutôt d’en profiter.

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Battu, pas abattu

26 Jan 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL H. G.

Toujours dernier, Metz ne désarme pas : les défaites de ses rivaux directs, Auxerre et Nantes, lui laissent de l’espoir.

“Ce match va beaucoup nous servir, c’est une évidence"
   - BENOÎT TAVENOT, ENTRAÎNEUR DU FC METZ

METZ – Pour ses débuts de coach au FC Metz, Benoît Tavenot avait décidé de presser haut et d’agresser les Lyonnais dans leur camp. Une idée pleine de panache, mais un peu suicidaire au vu des caractéristiques des attaquants adverses, et surtout de la naïveté de la défense lorraine.

« On avait décidé d’aller les chercher, mais on s’est fait prendre dans la profondeur de manière très violente, a regretté le remplaçant de Stéphane Le Mignan. Ça m’embête, car il y avait un beau stade, une bonne énergie… Mais on a fait trop d’erreurs, et face à des joueurs comme ça, ça ne pardonne pas.»

Le « beau stade » avait quand même quelques messages à faire passer, excédé par la position de lanterne rouge. Les virages ont ainsi déployé des banderoles très acides à l’égard de Bernard Serin, le président du club, et les ultras ont plusieurs fois scandé « direction démission ». Ils ont aussi offert un impressionnant spectacle pyrotechnique, qui a provoqué une brève interruption du match en seconde période et qui pourrait également coûter cher face à la commission de discipline, avant de s’en prendre à leurs joueurs après la rencontre.

« Mouillez le maillot » a été le refrain le plus entendu, et les Messins sont allés d’une tribune à l’autre la tête basse. Ils n’ont pourtant pas été pris en défaut d’engagement et d’envie, hier. Ils ont même eu la possession et fait (un tout petit peu) douter l’OL grâce à des buts de l’infatigable Koffi Kouao (34e) et de Habib Diallo (64e). « Ils veulent qu’on se bouge et on est d’accord avec eux, a dit Benjamin Stambouli, ovationné à son entrée. C’est à nous de redonner cet espoir-là en travaillant toujours un peu plus tous les jours. On a des ressources, on a réussi à mettre un peu le feu avec nos armes, il faut s’appuyer sur ce qu’on a bien fait. On est sur la bonne voie pour se donner les moyens de s’en sortir.»

« Ce match va beaucoup nous servir, c’est une évidence, a poursuivi Tavenot. C’est un week-end à blanc, car Nantes et Auxerre ont aussi perdu. La fin de saison est encore très loin.»

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TOPS

Morton - 8

L’Anglais est le maître du jeu lyonnais. Depuis une position basse, il oriente tout et sa qualité de passe fait de grosses différences. Son renversement pour Merah avant le 2e but est superbe (16e) et il lance parfaitement Endrick en profondeur pour le 4-1 (45e + 1). Sa prestation est embellie d’un but, d’une frappe limpide sur un mauvais renvoi adverse (32e).

Mata - 7

Auteur d’une ouverture sublime pour Tolisso sur l’action de l’ouverture du score (11e), il a parfaitement assumé sa tâche défensive.
Deux retours spectaculaires pour contrer Diallo (19e, 54e) et plusieurs couvertures pour protéger son but, grâce à sa vitesse et à sa lecture du jeu.

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FLOPS

Yegbe - 2

Le défenseur central gauche a été catastrophique dans sa gestion des espaces et de la profondeur. Il rend le ballon dans l’axe avant la frappe victorieuse de Morton (32e) et s’aligne mal avant le but du 4-1 d’Endrick (45e+1). En souffrance constante avant d’être remplacé par Mboula (62e), qui a aussi souffert face au Brésilien.

Al. Touré - 2

Le jeune milieu de terrain de 20 ans n’a pas vu le jour dans l’entrejeu. Naïf avec et sans la balle, il a égaré plusieurs possessions. Signe de ses grandes difficultés à exister, il a perdu neuf ballons en une heure de jeu et n’en a récupéré aucun. Remplacé par Stambouli (62e), qui a été ovationné à son entrée et a apporté de la stabilité. (H.G.)

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