Le Maroc à l’économie
63e minute : Brahim Diaz inscrit le seul but du match pour le Maroc,
hier face à la Tanzanie.
Le Maroc sans accroc
Grâce à un Brahim Diaz chirurgical, qui a inscrit son quatrième but du tournoi, les Lions de l’Atlas ont dominé la Tanzanie, atteint les quarts de finale et chassé les mauvaises ondes.
5 Jan 2026 - L'Équipe
MATHIEU GRÉGOIRE
RABAT – Du soulagement. Au coup de sifflet final, Bilal el-Khannouss s’est allongé de fatigue sur la pelouse et Brahim Diaz, l’homme clé remplacé dix minutes avant, est revenu sur le terrain en montrant une joie mesur é e . Face à un evaillante Tanzanie, le favori de la compétition a d’abord été ronronnant, avant une accélération en début de seconde période, récompensée par le but de Diaz (63e) et une gestion de sénateurs sur la dernière demi-heure de jeu.
« Ce genre de match, avant, on l’aurait perdu bêtement, a souligné Walid Regragui. On est passés par la petite porte, mais l’essentiel est de se qualifier, l’histoire ne retient que ça.» La délivrance plutôt que la manière. Le sélectionneur marocain a convoqué ses souvenirs de jeune Francilien, quand il vibrait devant le parcours des Bleus d’Aimé Jacquet, à domicile : « On a souffert jusqu’à la dernière minute, mais rappelez-vous de la France championne du monde en 1998. En huitièmes de finale, elle a besoin d’un but en or contre le Paraguay (1-0, a.p.). En quarts, elle s’impose aux tirs au but face à l’Italie (0-0, 4-3 aux t.a.b.). En demi-finales, elle est menée 0-1 par la Croatie, et il faut qu’un arrière droit qui n’avait jamais mis un but de sa carrière inscrive un doublé pour passer (2-1)… »
Ah là là, Lilian Thuram… Regragui nous a mis les frissons, rien que d’en parler. Son équipe, elle, a semblé fébrile d’entrée, et la première occasion, énorme, a été pour la Tanzanie, avec un centre du jeune Selemani Mwalimu Abdallah (19 ans), qui venait de piéger Adam Masina, pour la tête de Simon Msuva, maladroit (3e). D’une tête sur coup franc, Ismael Saibari aurait pu rassurer les siens, mais son but a été refusé pour hors-jeu (15e).
Hakimi rassurant pour son retour
«On a commencé notre match en seconde mi-temps, la première n’est pas de notre niveau, avec beaucoup de mauvais choix, de déchet, peu de courses… On a donné confiance à l’adversaire, a expliqué Regragui. Les joueurs étaient empruntés. La blessure d’Azzedine (Ounahi) hier à l’entraînement les a choqués, il a pleuré, c’était sa compétition… (voir par ailleurs). Et vu le passif du Maroc en huitièmes de finale de la CAN (éliminations surprises en 2024 et en 2019), on sait que l’accident peut arriver… Je leur ai dit à la pause : si vous voulez que l’accident arrive, il va arriver. Soit vous vous réveillez, soit on y va tout droit! »
Les Marocains ont choisi la seconde option, portés par un Diaz virevoltant. Il manque peutêtre encore de jus selon son staff, la faute à un rôle annexe au Real Madrid cette saison, mais il aère l’esprit de ses camarades. Il avait déjà percé le coffre comorien lors du match d’ouverture (2-0). Hier, après une frappe ratée en bonne position (37e), il a allumé au premier poteau un gardien tanzanien douteux, et cela a suffi.
Pour sa première titularisation depuis son entorse de la cheville gauche face au Bayern le 4 novembre, Achraf Hakimi est monté en puissance, il a dosé ses efforts, expédié un coup franc direct sur la barre (60e) et été le dernier passeur sur le but de Diaz.
La Tanzanie, impeccable dans l’engagement et les sorties de balle, a fait peur au stade MoulayAbdellah après une intervention appuyée d’Adam Masina sur un des attaquants tanzaniens, dans la surface marocaine, au bout du temps additionnel. L’arbitre n’a pas jugé cette poussette assez sévère pour siffler penalty, et le Maroc a continué sa compétition à la maison sans passer par la case prolongation, contrairement à France 98.
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5 Jan 2026 - L'Équipe
H. P., à Rabat.
Les Lions indomptables vont retrouver les Lions de l’Atlas dans un quart de finale de la CAN très alléchant, vendredi soir. Après une entame très compliquée, avec un trio de défenseurs un peu perdu, les Camerounais, en mode diesel, ont haussé leur niveau contre l’Afrique du Sud (2-1) grâce notamment à Bryan Mbeumo et Carlos Baleba (photo), élu logiquement homme du match. Junior Tchamadeu a profité de sa frappe contrée pour ouvrir le score (1-0, 34e) puis, en début de seconde période, Christian Kofane a claqué une magnifique tête hors de portée de Ronwen Williams (2-0, 47e). Mais il faudra aussi mieux gérer la fin de soirée contre le Maroc. Les hommes de David Pagou se sont fait peur après une réduction du score par Evidence Makgopa (2-1, 88e) et deux ou trois actions très dangereuses dans la surface ensuite. « Le Maroc est une bonne équipe, on va garder la tête froide, disait Baleba en se projetant sur le quart. On va regarder leurs vidéos et les analyser. » Et tenter de créer une nouvelle surprise. « Cette équipe a un gros coeur, elle est très forte physiquement, met de l’impact et a du “fighting spirit”, analysait Hugo Broos, le sélectionneur sudafricain. C’est un vrai collectif qui peut devenir la surprise de cette CAN. »
Comme son équipe camerounaise en 2017, vainqueure du tournoi au Gabon. « L’objectif était de faire mieux que la dernière fois (8es de finale, il y a deux ans), soulignait David Pagou, le sélectionneur, et c’est fait.
Nous avons commencé, il y a dix-huit jours ensemble. Les gars adhèrent bien. Et on a eu un peu de baraka aujourd’hui aussi. Peut-être qu’on a la main de Dieu, comme diraient les Ivoiriens. Mais notre mot d’ordre, c’est de progresser encore. » Pour aller encore plus loin…
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