Evenepoel, la médaille et les galères
Remco Evenepoel était aussi inconsolable qu’épuisé après la ligne d’arrivée,
hier à Kigali, malgré sa 2e place.
Le Belge est allé chercher l’argent malgré un double ennui mécanique et un agacement visible.
“Changer de vélo deux fois sur un Mondial
où le niveau est tellement relevé, c’est fatal
- REMCO EVENEPOEL
29 Sep 2025 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
Un dimanche en or. Un dimanche en argent. Un dimanche où tout est millimétré, parfaitement dans le plan, un autre où tout déraille, se crispe et se coince. Rien ne s’est passé comme Remco Evenepoel le souhaitait, et sa frustration mêlée à des larmes à l’arrivée prouve que l’argent n’est pas une médaille agréable. « J’étais là pour le doublé ( après son titre en contre-la-montre), je me sentais bien, mais le destin m’a donné un résultat différent aujourd’hui… Je pensais que je pouvais suivre Tadej. Mais il y a eu des faits de course. Le vélo est aussi un sport mécanique, tout doit être parfait si vous voulez être champion du monde » , expliquait le Belge à l’arrivée.
Alors qu’il restait 105 kilomètres, la machine s’est grippée. « Juste avant le mont Kigali, ma selle est tombée, elle s’est dévissée, j’ai pris un trou dans la route, détaillait Evenepoel. Pendant la montée, je sentais un début de crampe derrière la cuisse. Quand Tadej a attaqué, j’ai pu suivre trente secondes mais après j’ai senti la crampe. J’ai dû me battre jusqu’au sommet. Je savais que j’avais un vélo en haut, il fallait que je tienne jusque-là. »
Mais passer de son vélo or à son vélo noir n’a pas arrangé les choses. « Avec ce deuxième vélo, j’ai eu le sentiment que la selle n’était pas au bon degré d’inclinaison, ajoutait-il. J’ai essayé de la remettre en place. Chaque kilomètre qui passait, j’avais de plus en plus mal. Donc j’ai rechangé de vélo. Il y avait un barrage, ma voiture est arrivée très tard. Il n’y avait pas de communication, pas d’oreillette, je n’avais pas d’informations. »
Pendant ces très longues secondes à attendre sa voiture, le Belge s’est agacé, mettant un coup de pied dans une bouteille sur la chaussée. Aux Jeux, l’an dernier, il avait également perdu ses nerfs après une crevaison et un dépannage qui tardait à venir. Mais ce coup de rage à 75 bornes de l’arrivée, hier, l’a remotivé, il est revenu sur un groupe de poursuivants à toute allure, avant d’en prendre les commandes et de faire sauter plusieurs concurrents. Et son attaque à 20 km de l’arrivée pour aller chercher l’argent n’a laissé aucune chance à l’Irlandais Ben Healy (3e) et au Danois Mattias Skjelmose (4e).
« Changer de vélo deux fois sur un Championnat du monde, où le niveau est tellement relevé, c’est fatal » , confiait alors Evenepoel au micro de la RTBF. Cette course pose aussi la question de la gestion de ses émotions lorsque les choses lui échappent. Imperturbable sur un vélo de chrono, il est plus instable dans un scénario de course où il ne dicte pas le tempo.
Commenti
Posta un commento