INTOUCHABLE
IL EST IMMENSE
Sur les routes du Rwanda, TADEJ POGACAR a décroché son deuxième titre mondial, en usant d’un scénario identique au premier : une attaque à plus de 100 km pour une nouvelle arrivée en solitaire.
Pogacar était parti et personne n’allait le revoir, car personne ne le revoit jamais
29 Sep 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
KIGALI – Tout s’est donc joué là, dans cette grande boucle qui allait voir plus loin que le circuit habituel, s’écartait des quartiers résidentiels, des ambassades, des hôtels aseptisés, pour grimper le mont Kigali et le mur du même nom. Le frisson, déjà, de découvrir une foule immense alors que le peloton s’extirpait de l’hypercentre de la capitale rwandaise, gagnait les quartiers populaires, la gare routière, le marché de Nyabugogo, pour nous donner une sensation un peu plus palpable, réelle de la vie à Kigali. Partout, sur plusieurs rangées, sur plusieurs étages, les Rwandais s’étaient massés.
Comment ne pas avoir les poils dressés devant de telles images, devant un tel vrombissement, une telle liesse, alors que le rêve d’un premier Championnat du monde en Afrique vivait son apothéose, qu’il fallait se frotter les yeux, voire les sécher quand Tadej Pogacar, Isaac Del Toro, Juan Ayuso ouvraient la voie sur les pavés de ce mur de Kigali dont les tribunes naturelles étaient pleines à craquer, au milieu des petites maisons peintes de jaune, d’orange, parfois de violet, les toits de tôle ocre, les ruelles en terre battue?
Et puis, c’est aussi par là que toute la course s’est jouée, parce que Pogacar avait bien repéré que le mont Kigali était le plus propice pour sa fuite. Le Slovène avait dit dans la semaine que la seule longue ascension du parcours était placée un peu trop loin de l’arrivée, qu’il le regrettait. Petit filou. À 104 km de la ligne, dans les derniers hectomètres de l’ascension, il accéléra. 104 bornes? C’est plus de deux heures et demie d’effort à fond d’train les grelots. Aucun problème. Quelques tours de vis plus tard, il n’y avait plus qu’Ayuso dans sa roue. Un duo qui deviendra bientôt un trio car, dans leur sillage, Del Toro allait se faire la peau pour les rejoindre dans la descente, trois UAE en tête du Mondial comme en stage à Calpe (Espagne) en janvier.
L’Espagnol allait en revanche vite plier les ailes dans le mur et Pogacar et Del Toro, le présent et le futur, proche, très proche, filèrent ensemble. Une trentaine de bornes main dans la main, roue dans roue, avant que le patron ne s’envole dans la côte du golf. Il restait alors 67km à couvrir en solitaire, une nouvelle folie dont la démence a tendance à passer inaperçue ces temps-ci, à s’effacer, tant elle se répète et devient presque ordinaire, mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps, on était satisfaits quand les opérations démarraient dans les 20 derniers kilomètres.
Tadej Pogacar était ainsi parti et personne n’allait le revoir, car personne ne le revoit jamais. Derrière, on ne peut pas dire qu’on avait déposé les armes, au contraire, mais l’écart, d’abord autour de 45 secondes, n’allait jamais bouger, ou sinon grandir, et le Slovène allait planter les derniers clous dans les cercueils de ses rivaux à trois tours du terme, où il avait mis un dernier tour de poignée, de ce merveilleux coup de savate sur les pavés, si fluide, si naturel, et l’on voyait toute la tension de l’effort dans sa nuque et dans sa mâchoire inférieure qui commençait à partir de travers.
Dans son sillage, c’est Remco Evenepoel, revenu de l’arrière après avoir été décroché sur les pentes du mont Kigali et après avoir connu deux ennuis mécaniques (voir page 4), qui avait tenté d’organiser la résistance. Il avait ramassé avec lui Ben Healy, Mattias Skjelmose, Tom Pidcock et Jai Hindley. Les deux derniers passèrent par la fenêtre dans le mur de Kimihurura, à un peu moins de 50 km du but. Evenepoel alla gratter l’argent 30km plus loin, Healy le bronze dans le dernier tour, et si le Belge, vaillant tout au long du Mondial, brisé dans tous les sens du terme à l’arrivée, regretta d’avoir dû composer avec ces pépins, qu’il se console, il n’aurait rien pu faire de plus.
Seixas, meilleur Français à seulement 19 ans
Et puis, Evenepoel avait piqué l’orgueil de Pogacar quand il l’avait déposé dans le chrono inaugural des Mondiaux et il ne pouvait penser que ce toupet resterait impuni. Il faut bien comprendre la brutalité de la course à laquelle on a assisté, avec un peloton étiré comme un mille-pattes dès le deuxième passage dans la côte pavée de Kimihurura, seulement trente survivants à l’arrivée, le plus petit total depuis trente ans dans un Mondial, et des écarts monstrueux en 6 h 20' de course, équivalents à ceux du classement général d’une course par étapes.Toms Skujins, 5e mais à 6’41’’. Tom Pidcock, 10e à 9’ 5’’.
Dans ce contexte si hostile, la 13e place de Paul Seixas, meilleur Français à seulement 19 ans (voir page 5), est une performance qui veut dire beaucoup, un nouveau palier franchi, une promesse qui gonfle, pour sa première sur 270km et face à une telle concurrence, alors que les Bleus n’ont pas pu exister comme ils l’auraient souhaité, affaiblis notamment par les abandons précoces de Julian Alaphilippe et Louis Barré, malades.
Le meilleur équipier de Tadej Pogacar fut en réalité le parcours, car il est trop facile pour lui de gagner sur un tracé si dur. Cet enfer pour les autres fut son nouveau paradis. Il avait démarré d’aussi loin à Zurich l’an passé, mais ce deuxième sacre n’a rien eu à voir, beaucoup plus limpide, beaucoup moins disputé tant il était seul dans son monde et beaucoup plus en contrôle.
Sous la flamme rouge, son triomphe validé, il avait baissé la tête, frappé du poing son cintre, enfin un peu assommé par le poids de ce destin qui ne cesse de s’épaissir. En 2024, il avait réalisé la plus grande saison de l’histoire. Cette année, il a remporté les Strade Bianche, le Tour des Flandres, la Flèche Wallonne, Liège-BastogneLiège, le Critérium du Dauphiné, le Tour de France, le Championnat du monde – on vous fait grâce des plus «petites» courses et des places d’honneur sur les Monuments – et il est remonté dès hier soir dans un avion avec en tête le Championnat d’Europe de dimanche et le Tour de Lombardie. Tout ça face au peloton le plus concurrentiel de l’histoire, le plus dense, le mieux préparé. On ne peut plus le raccrocher à grand-chose. À 27ans, il est en train de devenir le plus grand coureur de l’histoire.
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INGIOCABILE
È IMMENSO
Sulle strade del Ruanda, TADEJ POGACAR ha conquistato il suo secondo titolo mondiale, con uno scenario identico al primo: un attacco a più di 100 km dall'arrivo per un nuovo arrivo in solitaria.
Pogačar era partito e nessuno lo avrebbe più rivisto, perché nessuno lo rivede mai
29 settembre 2025 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
KIGALI – Tutto si è quindi giocato lì, in questo grande circuito che si spingeva oltre il percorso abituale, allontanandosi dai quartieri residenziali, dalle ambasciate, dagli hotel asettici, per scalare il Mont Kigali e l'omonimo muro. Già il brivido di scoprire una folla immensa mentre il gruppo si allontanava dal centro della capitale ruandese, raggiungeva i quartieri popolari, la stazione degli autobus, il mercato di Nyabugogo, per darci una sensazione un po' più palpabile, reale, della vita a Kigali. Ovunque, su più file, su più piani, i ruandesi si erano radunati.
Come non avere la pelle d'oca davanti a tali immagini, davanti a tale fragore, a tale giubilo, mentre il sogno di un primo Campionato del Mondo in Africa raggiungeva il suo apice, tanto che bisognava strofinarsi gli occhi, o addirittura asciugarli, quando Tadej Pogačar, Isaac Del Toro e Juan Ayuso aprivano la strada sul selciato di quel Muro di Kigali, le cui tribune naturali erano gremite, tra le casette dipinte di giallo, arancione, a volte viola, i tetti di lamiera ocra, i vicoli di terra battuta?
Ed è proprio lì che si è giocata tutta la gara, perché Pogačar aveva capito bene che il Mont Kigali era il più adatto alla sua fuga. Lo sloveno aveva detto durante la settimana che l'unica lunga salita del percorso era un po' troppo lontana dall'arrivo, e che se ne rammaricava. Piccolo furbacchione. A 104 km dal traguardo, negli ultimi centinaia di metri della salita, ha accelerato. 104 km? Sono più di due ore e mezza di sforzo a tutta velocità. Nessun problema. Qualche giro di vite dopo, c'era solo Ayuso sulla sua ruota. Un duo che sarebbe presto diventato un trio perché, sulla loro scia, Del Toro avrebbe dato il massimo per raggiungerli nella discesa, tre UAE in testa al Mondiale come nello stage a Calpe (Spagna) a gennaio.
Lo spagnolo, invece, avrebbe presto piegato le ali contro il muro e Pogačar e Del Toro, il presente e il futuro, vicini, molto vicini, sono filati via insieme. Una trentina di chilometri mano nella mano, ruota nella ruota, prima che il capo prendesse il volo nella salita del (Kigali) golf. Rimanevano quindi 67 km (66,6, ndr) da percorrere in solitaria, una nuova follia la cui demenza tende a passare inosservata in questi tempi, a svanire, tanto si ripete e diventa quasi ordinaria, ma non bisogna dimenticare che non molto tempo fa ci si accontentava quando le operazioni iniziavano negli ultimi 20 chilometri.
Tadej Pogačar era partito e nessuno lo avrebbe più rivisto, perché nessuno lo rivede mai. Dietro di lui, non si può dire che avessero deposto le armi, al contrario, ma il distacco, inizialmente di circa 45 secondi, non sarebbe mai cambiato, se non aumentato, e lo sloveno avrebbe dato il colpo di grazia ai suoi rivali a tre giri dalla fine, dove ha dato un'ultima accelerata, con quel meraviglioso colpo di pedale sul selciato, così fluido, così naturale, e si vedeva tutta la tensione dello sforzo nel suo collo e nella mascella inferiore che cominciava a deformarsi.
Sulla sua scia, Remco Evenepoel, tornato dal fondo dopo essere stato staccato sulle salite del monte Kigali e dopo aver avuto due problemi meccanici (vedi pagina 4), aveva cercato di organizzare la resistenza. Aveva raccolto con sé Ben Healy, Mattias Skjelmose, Tom Pidcock e Jai Hindley. Gli ultimi due sono stati eliminati sul muro di Kimihurura, a poco meno di 50 km dal traguardo. Evenepoel ha conquistato l'argento 30 km più avanti, Healy il bronzo nell'ultimo giro, e se il belga, valoroso per tutto il Mondiale, distrutto in tutti i sensi all'arrivo, si è rammaricato di aver dovuto fare i conti con questi contrattempi, può consolarsi pensando che non avrebbe potuto fare di più.
Seixas, il miglior francese a soli 19 anni
Inoltre, Evenepoel aveva ferito l'orgoglio di Pogačar quando lo aveva battuto nella cronometro inaugurale dei Mondiali e non poteva pensare che questa sfacciataggine sarebbe rimasta impunita. Bisogna comprendere bene la brutalità della gara a cui abbiamo assistito, con un gruppo allungato come un millepiedi già al secondo passaggio sulla salita pavimentata di Kimihurura, solo trenta sopravvissuti all'arrivo, il numero più basso degli ultimi trent'anni in un Mondiale, e distacchi mostruosi in 6 ore e 20 minuti di gara, equivalenti a quelli della classifica generale di una gara a tappe. Toms Skujins, 5° ma a 6'41'‘. Tom Pidcock, 10° a 9’5''.
In un contesto così ostile, il 13° posto di Paul Seixas, miglior francese a soli 19 anni (vedi pagina 5), è una prestazione che significa molto, un nuovo traguardo raggiunto, una promessa che cresce, per la sua prima volta su 270 km e di fronte a una concorrenza del genere, mentre i Bleus non sono riusciti a imporsi come avrebbero voluto, indeboliti in particolare dai ritiri precoci di Julian Alaphilippe e Louis Barré, malati.
Il miglior gregario di Tadej Pogacar è stato in realtà il percorso, perché per lui è troppo facile vincere su un tracciato così difficile. Questo inferno per gli altri è stato il suo nuovo paradiso. Era partito da altrettanto lontano a Zurigo l'anno scorso, ma questa seconda vittoria non ha avuto nulla a che vedere con quella, molto più netta, molto meno combattuta, tanto era solo nel suo mondo e molto più in controllo.
Sotto il triangolo rosso (dell'ultimo chilometro, ndr), con la vittoria ormai certa, aveva chinato il capo, battuto il pugno sul manubrio, un po' stordito dal fardello di un destino che continua a farsi sempre più pesante. Nel 2024 aveva realizzato la stagione più grande della storia. Quest'anno ha vinto la Strade Bianche, il Giro delle Fiandre, la Freccia Vallone, Liegi-Bastogne-Liegi, il Critérium del Delfinato, il Tour de France, il Campionato del Mondo - vi risparmiamo le gare più “piccole” e i piazzamenti d'onore nelle Monumenti - e ieri sera è risalito su un aereo con in mente il Campionato Europeo di domenica e il Giro di Lombardia. Tutto questo di fronte al gruppo più competitivo della storia, il più denso, il più preparato. Non c'è più molto da aggiungere. A 27 anni, sta diventando il più grande corridore della storia.
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LA NOTE DE LA COURSE
Un très grand exploit individuel de la part de Tadej Pogačar pour conserver son titre, mais le scénario de ce Championnat du monde aura été trop limpide et sans suspense.
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NOTA DI GARA
Un'impresa individuale straordinaria per Tadej Pogačar, che ha conservato il titolo, ma la storia di questo Campionato del Mondo è stata troppo semplice e priva di suspense.
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Pas tout à fait 2024
La façon dont Tadej Pogačar a conquis son second titre mondial ressemble beaucoup au premier. Mais elle n’en est pas le décalque.
Pas tout à fait 2024
XAVIER COLOMBANI
L’attaque : pas forcément comparable
L’an dernier, Tadej Pogacar avait déclenché les hostilités à 101 km de l’arrivée. Cette fois à 104km. En Suisse, le parcours proposait une première partie en ligne de 69,4 km avant sept tours d’un circuit de 26,7km. Il est parti dans la quatrième des sept boucles et son attaque paraissait insensée. Cette fois, le parcours, avec sa boucle de 15km parcourue 16 fois, entrecoupée d’une extension de 41km, proposait un moment phare : l’ascension du mont Kigali (5,9km, 6,9%).
Un col est une rareté dans un Championnat du monde, où le fonctionnement en circuit limite la durée des montées. C’est là qu’il a tenté, avec Remco Evenepoel et les principaux outsiders dans sa roue. Ce qui n’était pas le cas l’an passé. Mais difficile de parler d’une attaque. C’était plutôt une accélération au train, les fesses sur la selle. Usé par les neuf premières boucles, le peloton ne comprenait plus qu’une quarantaine d’éléments.
L’isolement : encore plus tôt que l’an dernier
En 2024, Pogacar avait attaqué alors qu’il restait encore du monde à l’avant. Son coéquipier Jan Tratnik s’était laissé décrocher pour lui fournir un appui très précieux, l’aidant à la fois à revenir sur les autres échappés et à maintenir son avance sur la chasse effrénée du groupe Evenepoel-Van der Poel. Cette année, son accélération s’est produite au moment où il reprenait le dernier échappé, Julien Bernard. En revanche, des coéquipiers d’UAE étaient encore là. L’an dernier, il avait lâché Sivakov à 51 km de l’arrivée. Cette fois, Ayuso était décramponné après 5 km ensemble dans le mur de Kigali, et Del Toro cédait à 66,6 km, dans la côte de Kigali Golf.
La conclusion : pas de frayeur cette fois
Après avoir décroché Del Toro, Pogacar a passé plus d’une heure trente seul en tête, pour quatre tours et demi de circuit, soit plus de 1300m de dénivelé positif sur un total effrayant de 5 500 m. Il comptait une minute d’avance à quatre tours de la fin et a fini avec 1’28’’ sur Evenepoel.
L’an dernier, son avance était passée d’une minute à l’entrée dans le dernier tour à 34’’ à l’arrivée sur le deuxième, Ben O’Connor. Dans son stand, on craignait qu’il n’ait présumé de ses forces. Cette année, la différence a moins à voir avec lui qu’avec ses poursuivants, lessivés par le parcours. Car Pogacar a ralenti de la même manière dans le final. À Zurich en 2024 : 37’21’’ pour parcourir le 6e des 7 tours (26,7km), contre 38’13’’ pour parcourir le dernier tour. À Kigali en 2025 : 41’38’’ pour parcourir les 13e et 14e tours (30,2 km), contre 42’34’’ pour parcourir le 15e et dernier tour.
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Pas tout à fait 2024
La façon dont Tadej Pogačar a conquis son second titre mondial ressemble beaucoup au premier. Mais elle n’en est pas le décalque.
La façon dont Tadej Pogačar a conquis son second titre mondial ressemble beaucoup au premier. Mais elle n’en est pas le décalque.
Pas tout à fait 2024
XAVIER COLOMBANI
L’attaque : pas forcément comparable
L’an dernier, Tadej Pogacar avait déclenché les hostilités à 101 km de l’arrivée. Cette fois à 104km. En Suisse, le parcours proposait une première partie en ligne de 69,4 km avant sept tours d’un circuit de 26,7km. Il est parti dans la quatrième des sept boucles et son attaque paraissait insensée. Cette fois, le parcours, avec sa boucle de 15km parcourue 16 fois, entrecoupée d’une extension de 41km, proposait un moment phare : l’ascension du mont Kigali (5,9km, 6,9%).
Un col est une rareté dans un Championnat du monde, où le fonctionnement en circuit limite la durée des montées. C’est là qu’il a tenté, avec Remco Evenepoel et les principaux outsiders dans sa roue. Ce qui n’était pas le cas l’an passé. Mais difficile de parler d’une attaque. C’était plutôt une accélération au train, les fesses sur la selle. Usé par les neuf premières boucles, le peloton ne comprenait plus qu’une quarantaine d’éléments.
L’isolement : encore plus tôt que l’an dernier
En 2024, Pogacar avait attaqué alors qu’il restait encore du monde à l’avant. Son coéquipier Jan Tratnik s’était laissé décrocher pour lui fournir un appui très précieux, l’aidant à la fois à revenir sur les autres échappés et à maintenir son avance sur la chasse effrénée du groupe Evenepoel-Van der Poel. Cette année, son accélération s’est produite au moment où il reprenait le dernier échappé, Julien Bernard. En revanche, des coéquipiers d’UAE étaient encore là. L’an dernier, il avait lâché Sivakov à 51 km de l’arrivée. Cette fois, Ayuso était décramponné après 5 km ensemble dans le mur de Kigali, et Del Toro cédait à 66,6 km, dans la côte de Kigali Golf.
La conclusion : pas de frayeur cette fois
Après avoir décroché Del Toro, Pogacar a passé plus d’une heure trente seul en tête, pour quatre tours et demi de circuit, soit plus de 1300m de dénivelé positif sur un total effrayant de 5 500 m. Il comptait une minute d’avance à quatre tours de la fin et a fini avec 1’28’’ sur Evenepoel.
L’an dernier, son avance était passée d’une minute à l’entrée dans le dernier tour à 34’’ à l’arrivée sur le deuxième, Ben O’Connor. Dans son stand, on craignait qu’il n’ait présumé de ses forces. Cette année, la différence a moins à voir avec lui qu’avec ses poursuivants, lessivés par le parcours. Car Pogacar a ralenti de la même manière dans le final. À Zurich en 2024 : 37’21’’ pour parcourir le 6e des 7 tours (26,7km), contre 38’13’’ pour parcourir le dernier tour. À Kigali en 2025 : 41’38’’ pour parcourir les 13e et 14e tours (30,2 km), contre 42’34’’ pour parcourir le 15e et dernier tour.
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Non proprio come nel 2024
Il modo in cui Tadej Pogačar ha conquistato il suo secondo titolo mondiale è molto simile al primo. Ma non è una copia esatta.
XAVIER COLOMBANI
L'attacco: non necessariamente paragonabile
L'anno scorso, Tadej Pogačar aveva dato il via alle ostilità a 101 km dall'arrivo. Questa volta a 104 km. In Svizzera, il percorso prevedeva una prima parte in linea di 69,4 km prima di sette giri di un circuito di 26,7 km. È partito nel quarto dei sette giri e il suo attacco sembrava insensato. Questa volta, il percorso, con il suo giro di 15 km percorso 16 volte, intervallato da un prolungamento di 41 km, prevedeva un momento-clou: la salita del monte Kigali (5,9 km, 6,9%).
Un passo è una rarità in un Campionato del Mondo, nel quale il percorso a circuito limita la durata delle salite. È là che ha tentato, con Remco Evenepoel e i principali outsider alla sua ruota. Cosa che non era successa l'anno scorso. Ma è difficile parlare di un attacco. Si è trattato piuttosto di un'accelerazione al ritmo, senza alzarsi dalla sella. Logorato dai primi nove giri, il gruppo era ridotto a una quarantina di elementi.
L'isolamento: ancora più precoce rispetto all'anno scorso
Nel 2024, Pogačar attaccò mentre c'erano ancora altri in testa. Il suo compagno di squadra Jan Tratnik si ritirò per fornirgli un supporto prezioso, aiutandolo sia a raggiungere gli altri fuggitivi sia a mantenere il vantaggio sul frenetico inseguimento del gruppo Evenepoel-van der Poel. Quest'anno, la sua accelerazione è arrivata quando ha raggiunto l'ultimo fuggitivo, Julien Bernard. Tuttavia, alcuni suoi compagni di squadra di club della UAE Emirates-XRG erano ancora lì. L'anno scorso, lasciò Sivakov a 51 km (51,7) dal traguardo. Questa volta, Ayuso si è staccato dopo aver percorso insieme 5 km sul Muro di Kigali, e Del Toro ha ceduto ai -66,6 km, sulla salita del Kigali Golf.
La conclusione: niente paura questa volta
Dopo aver staccato Del Toro, Pogačar ha trascorso più di un'ora e mezza da solo in testa, percorrendo quattro giri e mezzo del circuito, per un dislivello di oltre 1.300 metri su un totale spaventoso di 5.500 metri. Aveva un minuto di vantaggio a quattro giri dalla fine e ha concluso con 1 minuto e 28 secondi su Evenepoel (secondo all'arrivo, ndr).
L'anno scorso, il suo vantaggio era passato da un minuto all'inizio dell'ultimo giro a 34 secondi al traguardo sul secondo classificato Ben O'Connor. Ai box, si temeva avesse sopravvalutato le proprie forze. Quest'anno, la differenza non è dipesa tanto da lui quanto dai suoi inseguitori, stremati dal percorso. Pogačar ha rallentato allo stesso modo nel finale. A Zurigo nel 2024: 37'21" per percorrere il sesto dei sette giri (26,7 km), rispetto ai 38'13" dell'ultimo giro. A Kigali nel 2025: 41’38” per coprire il 13° e 14° giro (30,2 km), rispetto ai 42’34” per il 15° e ultimo giro.
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