Le récital de Bouaddi


D’un exploit personnel, la perle lilloise a permis au LOSC de réenclencher une dynamique positive. Sa première action décisive de la saison confirme sa prise de pouvoir dans l’entrejeu, saluée par tout un groupe.

“Il tire les autres vers le haut"
   - THOMAS MEUNIER, ARRIÈRE DROIT DE LILLE

Sa noteLe milieu de terrain lillois Ayyoub Bouaddi, ballon au pied, devant l’attaquant angevin Lanroy Machine, hier lors de la victoire du LOSC contre le SCO (1-0).

3 Nov 2025 - L'Équipe
NATHAN GOURDOL

VILLENEUVE-D’ASCQ (NORD) – Entré vingt minutes plus tôt avec la fougue de ses 18 ans, l’attaquant angevin Prosper Peter s’est fait avaler comme un vétéran sur la dernière action par un joueur né en 2007 comme lui, mais qui avait quatrevingt-quinze minutes dans les pattes: Ayyoub Bouaddi. Tentaculaire, le surdoué du LOSC a reçu un gros câlin de son gardien Berke Özer après cet ultime effort, mais c’est tout un groupe qui pouvait l’enlacer. « Il a été énorme, il était partout, soufflait Olivier Giroud (39 ans), qui ne cesse d’encenser celui qui pourrait être son fils. Il est impressionnant de précocité, de maturité. Je sais qu’il a la tête sur les épaules et qu’il va aller très haut. Il fait déjà énormément de choses, et le jour où il enchaînera les buts et les passes décisives…»

Titulaire indiscutable à Lille comme chez les Espoirs tricolores, le crack a effectivement tout fait face au SCO, avec une grosse activité défensive – huit duels gagnés sur douze, record du match – et un exploit sur l’unique but de Felix Correia (45e+2). Alors qu’il n’avait pas encore été directement impliqué sur un but cette saison, Bouaddi a fixé la défense avec son style à lui, des gestes déliés et la tête relevée, avant de distiller le service parfait vers le Portugais (45e+2); sa deuxième passe décisive en 44 matches de L1 après celle pour Mitchel Bakker face à Toulouse en octobre 2024. Intenable, il aurait aussi pu marquer son premier but dans l’élite, mais l’épaule de Matias Fernandez-Pardo a repoussé son tir (26e). Seule sa passe en retrait interceptée par Sidiki Chérif (28e) a terni, un poil, son récital. «Il est unique dans son genre, martelait Thomas Meunier, subjugué par la pépite révélée au monde l’an dernier contre le Real Madrid et le Borussia Dortmund, de plus en plus constante. Un (Thiago) Motta était comme lui, très élégant avec énormément de technique, un vrai numéro 6 qui courrait beaucoup. Mais il avait un côté un peu plus crapule. Ayyoub est un mec très propre, ce que j’aime chez lui. Il ne fait pas d’histoires, on ne l’entend pas râler. Il est toujours souriant, le premier arrivé, le dernier parti. Il tire les autres vers le haut. Thiago était un joueur exceptionnel, mais Ayyoub n’a que 18 ans. À cette allure-là, il ne fera pas de vieux os à Lille (contrat jusqu’en 2027). »

« Je ne sais pas où il s’arrêtera, mais c’est une chance d’avoir un jeune joueur comme ça à diriger, poursuivait Bruno Genesio. On lui demande de venir plus devant le but, d’être capable de faire des avant-dernières ou dernières passes, et aussi de concrétiser. Il a déjà progressé parce que lorsque vous lui parlez ou que vous lui montrez des vidéos de ses axes d’amélioration, il imprime et met en application tout de suite. Il peut marquer 4, 5, 6 buts dans la saison.»

Genesio loue également sa prise de muscles qui lui offre une «dimension athlétique supplémentaire» et lui permet de «gratter des ballons qu’il avait un peu de mal à gagner il y a encore quelques mois » , et veut le rendre le plus complet possible. Pas question de le brider, mais pour Meunier, c’est en sentinelle que son avenir doré s’écrira : « Il pourrait se voir un 8, mais pour moi c’est un 6. Il doit rester dans ce rôle de liant. On n’a pas deux profils comme lui, c’est un couteau suisse, il peut tout faire. Il est altruiste et généreux, c’est son authenticité.»

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