Rouge et blanc pour la vie


Surnommés « les shorts rouges », les joueurs du Bayern Munich arborent depuis la fin des années 1960 un maillot avec une prédominance de la même couleur.

3 Nov 2025 - L'Équipe
EMERY TAISNE

Sur les kiosques du bloc S de l’Allianz Arena trône une reproduction de Die Rothosen («les shorts rouges»), l’oeuvre de Josef Mauder (1884-1969) peinte en 1906. Né à Munich, « Sepp » était un artiste, illustrateur de livres pour enfants, pionnier de la caricature sportive en Allemagne et accessoirement joueur du FC Bayern. C’est à l’occasion de son 135e anniversaire, en 2019, que les supporters munichois ont décidé de lui rendre hommage à travers cette fresque, symbole de l’identité du club.La tenue « standard » du Bayern du milieu des années 1970, emmené par son capitaine légendaire Franz Beckenbauer, correspond à l’âge d’or du club, vainqueur notamment de trois Coupes d’Europe des clubs champions (1974, 75, 76).

À l’origine, les « shorts rouges » évoluaient… en bleu et blanc. « Lorsque les membres fondateurs autour de Franz John ont créé le FC Bayern Munich le 27 février 1900, ils ont choisi comme couleurs officielles du club celles du royaume de Bavière. Le maillot de l’équipe première était bleu clair et le short blanc », rappelle Andreas Wittner, archiviste de longue date du club.

Le maillot rouge, fruit de la superstition de Beckenbauer ?

L’adoption du (short) rouge et du (maillot) gris argenté n’est intervenue que six ans plus tard lors de la fusion avec le Munich SportClub. À de rares exceptions près, c’est avec cette tunique (mais aussi un maillot parfois blanc), que le Bayern a disputé la majorité de ses matches jusqu’à la fin des années 1960. Avec, à son palmarès, un premier titre de champion d’Allemagne en 1932 et une montée en D1 en 1965, deux ans après la création de la Bundesliga. La prédominance du rouge sur son maillot est arrivée lors de la saison 1968-1969 alors que le club venait d’échouer trois années de suite dans sa tentative de remporter le Championnat. Elle serait le fruit de la superstition de Franz Beckenbauer, à en croire le récit de l’ancien président du club Wilhelm Neudecker (1962-1979). « Nous ne gagnerons jamais le Championnat avec ces maillots », aurait déclaré le « Kaiser » au sujet du maillot gris argenté. Coïncidence ou non, c’est à sa 4e tentative et avec un nouveau maillot à rayures verticales rouges et blanches que le Bayern est parvenu à ses fins avec le deuxième titre de champion de son histoire, le 14 juin 1969.

« De temps à autre, le FC Bayern Munich renoue avec les couleurs traditionnelles rouge vin et gris argenté, souligne Wittner. L’équipe de l’entraîneur (Ottmar) Hitzfeld a porté ces couleurs historiques lors de la mémorable finale de la Ligue des champions 1999 contre Manchester United (1-2, buts encaissés dans le temps additionnel). » Un scénario qui a probablement nourri chez les plus superstitieux une forme de malédiction.

Le bleu et la colère des supporters

Avec l’arrivée d’Adidas (lire ci-des sous) à partir de la saison 19731974, les maillots ont été rouges– comme les shorts–la majorité du temps. La marque aux trois bandes et le club ont pu constater qu’il ne valait mieux pas y déroger. En mai 2018, le maillot bleu nuit (avec des motifs rouges en losange) a fait un four. Et provoqué l’ire des supporters.

Les banderoles « Rot bleibt Rot ! » (« le rouge reste rouge ! ») ont fleuri dans les tribunes dès le début de la saison. Avec un mea culpa et cette promesse faite par la légende Uli Hoeness, président du club de 2009 à 2019, quelques mois plus tard, en novembre 2018 : « À partir de maintenant, nos maillots “domicile” seront rouges, et seulement rouges. »

« Je pense qu’ils ont voulu tester, estime Raimund Simmet, auteur du livre Alle Bayern-Trikots : von 1900 bis heute (“Tous les maillots du Bayern : de 1900 à aujourd’hui”). Moi, le bleu me pose moins de problèmes que lorsqu’ils ont fait des maillots jaunes (tunique extérieure en 1983-1984, puis de 1993 à 1995) ou noir (maillot extérieur en 2011-2012, notamment). Le bleu n’est pas très bien accepté parce que c’est aussi la couleur du Munich 1860. Mais c’est amusant de rappeler que pour leur premier match, en 1901, le Bayern jouait en bleu et le Munich 1860 en rouge (victoire 3-0 du Bayern). » La saison d’après, la réconciliation entre le Bayern et ses supporters a pris la forme d’un maillot rouge vif intégral, avec cette inscription sur l’étiquette du col en guise d’excuse aux supporters : « Rot & Weiss ein Leben lang ». Rouge et blanc pour la vie.

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Une influence française

3 Nov 2025 - L'Équipe
E. T.

Jean-Pierre Papin (1994-1996), Bixente Lizarazu (1997-2004, 2005-2006), Willy Sagnol (2000-2008), Franck Ribéry (20072019), Benjamin Pavard (2019-2023), Kingsley Coman (20152025), Dayot Upamecano (depuis 2021)… L’appétit du Bayern Munich pour les joueurs de l’Hexagone est établi depuis trois décennies. Fait plus méconnu : son maillot, au début de la collaboration avec Adidas, est également d’inspiration française. Le 13 octobre 1973, l’Allemagne de l’Ouest dispute face à l’équipe de France un match amical à Gelsenkirchen (2-1). Plusieurs joueurs du Bayern – Franz Beckenbauer, Gerd Müller, Uli Hoeness – y participent… et tombent sous le charme du maillot bleu à trois bandes d’Adidas.

À leur retour à Munich, ils enjoignent le manager du club, Robert Schwan, de se procurer le même maillot décliné aux couleurs du Bayern, une version rouge et une alternative en blanc. Proche d’Adi Dassler, le fondateur d’Adidas, Schwan accède sans mal à leur requête. Trois jours plus tard, plusieurs cartons de ces maillots sont livrés au siège du club. Ils arrivent tout droit de… France et des usines Le Coq Sportif. À l’époque, Le Coq et Adidas sont en effet partenaires, et il est courant que la marque française fabrique et distribue sous licence les produits de la marque aux trois bandes. C’est ainsi que la tenue « standard » du Bayern est née avec, sur le plan sportif, une période dorée. Sous cette tunique, le club bavarois remporte trois Coupes des clubs champions d’affilée (1974, 1975 et 1976).

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