Comment la NBA drague l’Europe… et le PSG


Le Paris Saint-Germain fait partie des clubs en lice pour une place dans la nouvelle ligue européenne de basket, qui pourrait être lancée dès l’automne 2027. Décryptage.

« L’un des aspects les plus intéressants du PSG est sa capacité à construire une culture de marque, une communauté, et son association avec Jordan, figure emblématique du basketball » 
   - Mark Tatum numéro deux de la NBA

19 Jan 2026 Le Figaro
Christophe Remise Envoyé spécial à Londres

Opération séduction. Comme chaque année depuis 2011, la NBA s’est invitée en Europe pour des matchs de saison régulière, jeudi dernier à Berlin et dimanche à Londres. L’occasion pour l’association de soigner ses fans sur le Vieux Continent. Cette tournée promotionnelle avait toutefois une saveur particulière cette année, avec la perspective de la création d’une ligue européenne estampillée NBA, avec la participation de la FIBA, à horizon 2027. Il est question d’un championnat semi-fermé, avec, dans un premier temps, 12 clubs permanents et quatre qualifiés via la Ligue des champions.

Grand patron de la ligue nord-américaine, Adam Silver se dit « extrêmement enthousiaste », assurant avoir « rencontré des clubs intéressés à participer à (cette) ligue. Nous avons également discuté avec d’autres acteurs potentiels, notamment des entreprises de médias qui souhaiteraient la couvrir et des sponsors désireux de collaborer avec nous. » La machine est en marche.

Selon diverses sources, la future NBA Europe cible plusieurs gros marchés entre l’Angleterre (Londres, Manchester), l’Italie (Milan, Rome), l’Allemagne (Munich, Berlin), la Turquie (Istanbul), la Grèce (Athènes), l’Espagne (Madrid, Barcelone) et bien sûr la France. Ce n’est pas un secret, l’asvel de Tony Parker est candidate au projet. Outre la capitale des Gaules, la NBA vise bien évidemment Paris. «C’est un marché sur lequel nous souhaitons absolument être présents», avoue sans détour Mark Tatum, numéro deux de la NBA.

Outre les banlieusards de Nanterre (Betclic Élite) et Levallois (National 1), il y a le Paris Basketball, champion de France en titre. Créé en 2018, le club de David Kahn et Eric Schwarz - anciens de la NBA - évolue en Euroligue depuis deux saisons et a réussi à « galvaniser » le public, comme le souligne George Aivazoglou, patron de la NBA en Europe, se disant « ouvert » à parler à tous les candidats. Ouvert, mais pas débordant d’enthousiasme. Disposés à intégrer des marques mondiales et des clubs de foot, même s’ils n’ont pas encore de section basket, les dirigeants de la NBA le sont davantage pour évoquer le PSG, ciblé comme peut l’être Manchester City de l’autre côté de la Manche.

« Ils font partie des clubs avec lesquels nous parlons », confesse Adam Silver, relevant que les Parisiens «ont le savoirfaire nécessaire pour gérer un club de basket-ball au plus haut niveau, si cela les intéresse ». Ça les intéresse, on y reviendra. «L’un des aspects les plus intéressants du PSG est sa capacité à construire une culture de marque, une communauté, et son association avec Jordan, figure emblématique du basketball. Comme l’a dit Adam, nous voulons identifier les bons partenaires et des personnes possédant une expertise spécifique. Le PSG en apporte, notamment en matière de marketing, de promotion et de construction d’une marque mondiale », jure Mark Tatum.

La NBA ne fera toutefois pas de cadeau, ses dirigeants étant gourmands en matière de droit d’entrée. Malgré des moyens quasi illimités, QSI a bien l’intention de faire une bonne affaire en intégrant la NBA Europe. Le principe d’une ligue semi-fermée offre un potentiel de rentabilité bien supérieur à celui du foot, même si QSI a mis en place une politique qui devrait lui permettre de dégager des bénéfices avec le foot. En interne, on espère que le prix du billet d’entrée sera « réaliste ». D’ailleurs, ce n’est pas seulement un droit d’entrée, mais une potentielle participation au capital et un investissement dans des actions dont la valeur augmenterait avec le temps.

Une chose est sûre : si la NBA lorgne la marque mondiale qu’est devenu le PSG, le PSG adore la NBA. Les relations sont excellentes entre Nasser al-khelaïfi et Adam Silver. Selon nos informations, QSI et la ligue nord-américaine annonceront d’ailleurs un accord autour d’un autre projet dans les mois à venir. « Cela montre à quel point nos deux organisations sont proches », souffle une source proche de la direction du club de la capitale.

À noter que c’est la NBA qui a sollicité le PSG, pas l’inverse. Les dirigeants US apprécient le travail de QSI dans divers domaines. Du côté de la Factory, on voit dans la NBA Europe un projet qui s’inscrit dans la continuité de tout ce qui a été réalisé au PSG en termes « de lifestyle, d’innovation, international et moderne». Le basket, c’est le deuxième sport en Europe, sans doute sous-exploité à bien des égards, et qui « recèle un immense potentiel et de grands talents », souffle-t-on en interne, envisageant un «retour sur investissement ».

Pourquoi QSI n’irait pas au bout ? « Le principal obstacle serait la cupidité excessive de la NBA et des attentes irréalistes sur le prix des billets. C’est la seule chose qui pourrait bloquer le projet», estime un connaisseur du dossier.

Une question, toutefois : le PSG devrait racheter un club existant en Île-de-France. Lequel? Nanterre, c’est non. Levallois, qui devrait monter en Pro B la saison prochaine, est une option. Quid du Paris Basketball? «Nous avons de nombreuses options, nous les connaissons, mais nous n’avons encore entamé aucune discussion, car nous ne le ferons pas tant que nous ne sommes pas certains de la viabilité financière du projet», assure un proche de la direction.

Par ailleurs, le PSG n’a évidemment pas de salle. « Si nous nous lançons, nous trouverons sans problème une solution avec les bons partenaires et la bonne salle. » À noter qu’il a toujours été question de la construction d’une salle omnisports si le PSG allait au bout de son projet de nouveau stade à Poissy ou Massy. Les municipales de mars prochain pourraient toutefois rebattre les cartes et permettre aux champions d’europe de rester au Parc des Princes.

On suivra également avec attention la suite du feuilleton entre la NBA et l’euroligue, qui reste potentiellement ouverte à une forme de collaboration avec la ligue nord-américaine, tout en la menaçant de poursuites judiciaires si elle continue de discuter avec ses clubs, comme le Real ou l’ASVEL. Ambiance… A priori, le Barça aurait déjà rempilé en faveur de l’euroligue. Pour ce qui est de la NBA Europe, les candidats devront déposer leur dossier d’ici à mai prochain.

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