LA BONNE GREFFE ENDRICK
Endrick (au centre) à côté de son équipier Pavel Sulc,
auteur du premier but de l’OL, hier, à Décines.
Endrick, quels solos !
L'attaquant brésilien de l’OL a électrisé le Groupama Stadium avec des fulgurances, de la puissance offensive et des gestes de classe.
"Un petit génie qui ne rechigne pas à aller au duel"
- JULIEN LACHUER, ADJOINT
D'ÉRIC ROY, COACH DE BREST
19 Jan 2026 - L'Équipe
JOËL DOMENIGHETTI (avec THOMAS DOUCET)
DÉCINES – L'Olympique Lyonnais a-t-il observé un tel talent offensif depuis Karim Benzema ou Sonny Anderson? Avant d'ouvrir un débat réservé aux puristes, on retiendra qu'Endrick a déjà fait lever le Groupama Stadium à plusieurs reprises le soir de la célébration des dix ans de l'enceinte rhodanienne. «J'avais vu combien le stade était grand et beau, disait l'attaquant après la rencontre. Je m'imaginais y jouer avec beaucoup de gens. C'était incroyable.»
Élu meilleur joueur de la rencontre face à Brest (2-1), le petit Brésilien prêté six mois par le Real Madrid (*) semble bien être le phénomène annoncé. Et sa cote de popularité a grimpé de manière exponentielle après un match à marquer... les esprits. Passeur pour Abner (2-0, 45e + 1), il aurait tellement aimé scorer qu'il en a parfois oublié ses partenaires en fin d'action. Mais son récital, côté droit, ses doubles accélérations, ses contrôles en mouvement et sa panoplie de dribbles ont provoqué des émotions rares. Elles laissent augurer pour l'OL un pouvoir offensif majeur quand Malick Fofana et Ernest Nuamah seront de nouveau opérationnels.
Cet été, Matthieu Louis-Jean, directeur technique de l'OL, avait expliqué à son directeur général, Michaël Gerlinger, qu'il faudrait faire le dos rond en attendant le mois de janvier et l'arrivée d'un vrai numéro neuf. L'intérim manqué de la doublure Martin Satriano, prêté à Getafe (ESP), est aux oubliettes. Place au prodige né à Palmeiras, récompense de prestige de la cellule de recrutement. Un cadeau qui change la donne pour le club revenu dans le top 4 de L1. «Lyon a été chercher un joueur capable de faire la différence, confirmait Julien Lachuer, adjoint d'Éric Roy, entraîneur de Brest. Quand un joueur du Real Madrid vient en France, tous les amoureux du jeu n'ont aucun doute sur ses qualités. C'est un petit génie qui ne rechigne pas à aller au duel. J'espère qu'il fera aussi mal aux autres adversaires qui jouent comme nous le maintien. »
Les stats du Brésilien sont elles aussi marquantes. Avec vingt-six ballons perdus, Endrick a beaucoup tenté, hier. Mais il a gagné douze de ses vingt-quatre duels, réussi huit de ses dix-sept dribbles, et commencé à défendre en récupérant cinq ballons dont trois dans le dernier tiers du terrain. «Il a fait de bonnes choses, commentait son entraîneur Paulo Fonseca. Surtout dans des situations individuelles. C'est un joueur unique. Mais il a besoin de s'améliorer physiquement. D'être plus intense et plus constant au cours d'une rencontre. N'oublions pas qu'il n'a pratiquement pas joué cette saison (99 minutes avec le Real Madrid). Il commence seulement à enchaîner avec nous (deuxième match). Il n'a que dix-neuf ans. Nous avons le temps, c'est le principal. Avec Nuamah, Fofana et peut-être Nartey (milieu en provenance de Brøndby), nous serons plus forts. L'objectif sera de faire encore mieux que notre première partie de saison. »
(*) Le Real dispose d'une clause qui lui permet théoriquement de récupérer Endrick jusqu’à demain soir.
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Brest, pas la samba
Alors qu’il avait l’occasion de recoller un peu aux places européennes, le club breton a été emporté par une expulsion précoce et les fulgurances d’Endrick.
19 Jan 2026 - L'Équipe
THOMAS DOUCET
DÉCINES – Pour Brest, la soirée s’annonçait sympa, avec la possibilité de surfer sur une série de quatre succès sur les cinq derniers matches de Championnat. Mais un mauvais signal a été donné avant même le coup d’envoi avec l’absence de l’entraîneur, Éric Roy, touché par un syndrome grippal. Et tout s’est envenimé à la 19e, quand Romain Del Castillo, si brillant ici même il y a deux ans, est arrivé en retard sur Nicolas Tagliafico.
Le joueur formé à l’OL, qui évoluait devant ses proches, n’est pourtant pas méchant – il écopait là de son deuxième carton rouge en carrière à bientôt 30 ans –, mais le zoom du VAR n’a pas joué en sa faveur, et un exercice délicat a alors démarré pour les Pirates. Pas vraiment capables de garder les ballons, ils ont reculé, subi, et paradoxalement encaissé le premier but alors qu’ils bénéficiaient d’un coup franc dans le camp lyonnais. Endrick a mis le feu face au onze 100% français de Brest (une première en L1 depuis Caen en 2012), et le but d'Eric Junior Dina Ebimbe n’a pas suffi à combler le retard.
« La dynamique est bonne, il ne faut pas que ça vienne mettre un gros point noir sur nos performances » , estimait après coup le latéral droit Kenny Lala. Côté Pirates, on retiendra aussi, quand même, que Grégoire Coudert tient la route dans le but.
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