EMBIID - La renaissance
Limité à 19 matches la saison dernière, de nouveau opéré du genou, le pivot de Philadelphie, MVP de la saison régulière en 2023, retrouve en 2026 une grosse partie de ses moyens physiques.
"Tout le monde avait un peu abandonné à mon sujet"
- JOEL EMBIID
4 Feb 2026 - L'Équipe
ARNAUD LECOMTE
Dans la nuit de lundi à hier, Dominick Barlow, un ailier-fort sous contrat two way (*) installé régulièrement cette saison dans le cinq des Sixers, a volé la vedette à Joel Embiid. Le jeune homme (22 ans) a presque, à lui seul, taillé en pièces la maigre opposition des Los Angeles Clippers (128-113) dès le début du match pour signer sa meilleure performance après trois saisons à courir le contrat ferme entre San Antonio et Philadelphie. Barlow a même battu un vieux ticket datant de 1990, en étant le premier Sixer à cumuler dans un même match 26 points minimum et 10 rebonds offensifs (16 au total) depuis un certain Charles Barkley.
Ce gros coup individuel doit certainement beaucoup à la crainte que fait de nouveau peser Embiid à l’opposition. Avant les Clippers, le Camerounais naturalisé Américain venait de passer 40 points à la Nouvelle-Orléans, une première pour lui depuis son coup de chaud à 50 lors des playoffs de 2024 face aux Knicks.
Tout ça au bout d’une série de sept matches dignes de ses plus belles années. En deux semaines, le champion olympique 2024 a aligné 34 points en moyenne et rappelé qu’à 31 ans, il n’était pas bon à jeter comme une vieille guimbarde au bout du chemin.
Embiid a ralenti la cadence lundi à Los Angeles (24 points), provoquant Ivica Zubac à mi-distance ou piégeant Brook Lopez sur un turnaround en première mi-temps. Le tout pour un petit pécule à 2 sur 10 aux tirs. En deuxième, la machine s’est remise en route, démontrant que l’enchaînement des minutes et des matches rapprochés n’était plus un problème. Chiche en mouvements poste bas, le MVP 2023 a pris ce qu’on lui donnait, un départ en dribble en tête de raquette suivi d’un floater par exemple ou de nouveau les tirs à mi-distance pour un 6 sur 9 plus conforme à cette résurrection qui vient.
Il a encore dépassé les trente minutes (32 pour 24 points, à 8 sur 19 et 5 rebonds), et semble apte à retrouver sa place au centre du jeu après des mois de galère. Lors des deux saisons précédentes, il n’avait posé ses appuis flageolants sur le terrain, hors JO de Paris 2024 avec Team USA, que 58 fois sur 164 possibles. Son exercice précédent s’était arrêté net après 19 matches, fin février, avant une deuxième intervention au genou, une arthroscopie. En janvier, il a quasiment joué autant de matches (14) qu’entre novembre 2024 et octobre 2025 (19).
« Honnêtement c’est surprenant, cette année devait être un vrai test pour moi, c’est donc une réussite déjà. Il fallait définir les étapes, le processus et ensuite voir comment mon genou allait réagir au quotidien », soulignait-il samedi après ses 40 points. Avant de remercier le vice-président du secteur athlétique des Sixers, Simon Rice. « C’est lui qui a cherché une solution, je lui suis très reconnaissant, c’est l’homme clé de tout ça. Tout le monde avait un peu abandonné à mon sujet », ajouta-t-il sans rodomontade.
En septembre, il s’était pourtant surnommé « Slimbiid » (un jeu de mots avec slim, mince) pour signaler qu’il avait perdu quelques kilos afin de soulager ses articulations. Mais un début de saison incertain, avec un temps de jeu limité autour de vingt-cinq minutes et un nouvel arrêt de deux semaines en raison d’une surchauffe de l’articulation avaient fait naître le spectre d’un crépuscule précipité à 31 ans.
Un retour en forme qui tombe à pic
Depuis la mi-décembre, « Vintage » Embiid est de nouveau sur les écrans, sans les mauvaises manières qui avaient questionné son éthique ces dernières années. Au point de pousser un expivot devenu consultant, qui n’est pas Barkley, à présenter des excuses sur l’antenne d’ESPN. « Il est redevenu un joueur de calibre all-star (7 fois sélectionné entre 2018 et 2024, il ne l’est pas cette année). Il y a deux mois, je pensais sérieusement qu’il allait prendre sa retraite, mais il dunke de nouveau, attrape les passes aériennes et rejoue en force », s’amendait Kendrick Perkins, champion avec Boston en 2008, après l’ardoise laissée par Embiid à Sacramento (37 points, 8 passes).
Alors que Paul George purge 25 matches de suspension pour violation du règlement antidrogue, Philly peut de nouveau s’appuyer sur un duo arrière-pivot de haut vol, celui qui avait fait naître de grands espoirs en 2023 (2e tour des play-offs, perdu 4-3 face à Boston), entre l’énergie de Tyrese Maxey et la puissance d’Embiid, moins vertical probablement mais toujours véloce et fort au sol.
Cela ne suffira peut-être pas à candidater aux lauriers dans la Conférence Est. Mais une place en play-offs, loin d’être évidente en début de saison après le flop de 2025 (23 victoires), est de nouveau dans les cordes des joueurs de Nick Nurse, pourvu que la mécanique Embiid ne s’enraye plus.
(*) Ce type de contrat permet à la fois de jouer en NBA – le joueur peut passer quarante-cinq jours maximum avec l’effectif en plus de la période avant le début et après la fin de saison de la Ligue de développement – et d’être affilié à une équipe de G-League (la ligue américaine mineure) pendant un an. Chaque équipe dispose de deux places de ce type.

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