L’Étoile de Bessèges brille encore


Claudine Fangille (à gauche), sur le podium de 
l’édition 2025 avec Kévin Vauquelin, le vainqueur.

Un an après une course qui avait vu huit équipes se retirer en raison de problèmes de sécurité, l’épreuve tente de se réinventer, plus modestement.

"J’ai beaucoup d’admiration pour la famille Fangille. 
Les vrais du vélo, ce sont ces gens-là"
   - MARC MADIOT

4 Feb 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

ALÈS (GARD) – Le temps n’était plus à la rancoeur ni aux règlements de comptes hier, en marge de la réunion des directeurs sportifs, un an après une édition de l’Étoile de Bessèges homérique, entre les intrusions de véhicules au sein de la course et des conditions climatiques dantesques au mont Bouquet, les roues dans les rigoles et la neige fondue. Dès la troisième étape, celle de Bessèges, huit équipes s’estimant en insécurité avaient même bâché, laissant la fille de Roland Fangille, le créateur de l’épreuve, désoeuvrée : « On a reçu énormément de messages de soutien mais je ne voulais pas repartir, explique Claudine Fangille. Avant que papa décède (en novembre 2020), il m’avait déjà dit que cela devenait de plus en plus compliqué, qu’on allait peut-être arrêter. Ses paroles ont tourné dans ma tête, je ne voulais pas repartir dans la galère. Mais le bureau de l’association voulait poursuivre, j’ai suivi le mouvement.»

Dominique Arnould, directeur sportif de TotalEnergies (l’équipe était allée au bout, sans chouiner), appréciait hier cette « rentrée des classes. Oui, on a eu peur car la course s’appuie sur beaucoup de bénévoles, cela aurait été dommage qu’elle disparaisse. Elle est historique, il fallait absolument la conserver». Et remettre certaines choses à plat, selon Romain Leroux, l’ancien coureur d’Arkéa, aujourd’hui directeur de la sécurité de la course. Contrairement à sa belle-mère Claudine, lui n’a pas vraiment pensé à abandonner avant la 56e édition « car cela m’aurait fait mal d’arrêter là-dessus, on y aurait pensé toute notre vie. Mais on avait des choses à faire évoluer. Est-ce qu’on n’aurait pas pu éviter ça? On a pris des mesures dans ce sens, on a réfléchi à un autre fonctionnement».

Vingt motos de la gendarmerie 
affectées à la bulle course

Avec l’aide, cette fois, des autorités puisque, quelques semaines après la course remportée par Kévin Vauquelin à l’Ermitage, Claudine Fangille, veste brodée « RF » en hommage à son père Roland, a été invitée par le préfet du Gard – ému par un article de presse qui titrait : « Est-ce que l’Étoile de Bessèges va s’éteindre ? » – à rencontrer ses services. Avec des réponses concrètes : la route sera fermée vingt minutes avant le passage du peloton (contre dix avant) et, si le nombre de motos de la gendarmerie ne change pas – vingt –, elles seront totalement affectées à la bulle course, autour du peloton, quand, auparavant, une partie était dévolue à l’annonce des dangers et des obstacles. Cette tâche sera assurée par dix motos civiles. Un coût supplémentaire pour l’association qui fonctionne avec 200 bénévoles les jours de course et un budget de 980000 €, identique à l’an passé.

Il a fallu, donc, trouver les sous ailleurs et l’organisation est passée de 21équipes à 16 (17 étaient prévues mais MBH Bank CSB a dû renoncer à la dernière minute). De dix formations World Tour à quatre seulement cette année (Groupama-FDJ United, Decathlon-CMA CGM, Alpecin et Lotto Intermarché), l’écrémage est violent, quand même.

Depuis 2020 et la période du Covid, pendant laquelle les formations étaient bien heureuses de trouver Bessèges pour venir rouler, l’épreuve avait vu passer Mads Pedersen (vainqueur en 2024), Richard Carapaz, Paul Magnier, Filippo Ganna, Joshua Tarling, Alberto Bettiol, Ben Healy, Michal Kwiatkowski, Pavel Sivakov… Sans faire injure aux 111 partants, ce midi, le casting est plus léger. « Je le trouve chouette, oppose Leroux. On ne va pas se cacher, on s’était habitués aux grosses équipes mais on reste une classe 1, on doit être à notre place. On a retrouvé un plateau d’avant. » Claudine Fangille assume : « On retourne aux sources. » Elle a même renâclé à inviter les World Tour qui l’avaient plombée il y a un an. « Au début, elle ne voulait pas, sourit son gendre. Elle était fermée car cela lui avait fait mal.» « Les premières équipes invitées ont été celles qui sont allées au bout l’an passé, insiste-t-elle. Après coup, j’ai envoyé des invitations aux autres. Mais si une équipe comme Lidl, par exemple, avait accepté, je n’aurais pas dit non car elle a été présente pendant des années. Alors que Soudal et Bora ne sont venues que l’an dernier et ce sont elles qui nous ont démontés.» Avec Decathlon, aussi, il fallait recoller les morceaux et Sébastien Joly, directeur de la compétition de l’équipe, a effectué le premier pas, selon Romain Leroux. «On a bien échangé, raconte le directeur de la sécurité de la course. On n’a pas pu y aller mais il nous avait même invités au service course pour renouer le contact. Eux étaient désolés de ce qui s’était passé l’an passé. On a aucun souci avec eux, ni aucune équipe. » Certaines, comme Pinarello Q36.5, vont même découvrir « L’Étoile » où il se passe toujours un truc. Le nouveau directeur sportif de l’équipe suisse, Laurent Pichon, se disait « heureux d’être là, sur une épreuve française qui perdure. Si les organisateurs ne sont pas là, il n’y a pas de courses, pas d’équipes, pas de coureurs, il n’y a rien. OK, il y a eu une petite faille dans la sécurité et malheureusement, cela s’est vu à la télévision. En Belgique, en fin de saison (quand il était DS chez Arkéa), un de mes coureurs (Giosuè Epis) a pris un panneau publicitaire qui s’est envolé, cela lui a cassé le nez. Mais il n’y a pas eu d’images, on n’en a pas parlé. » L’autre jour, Marc Madiot, président de Groupama-FDJ United, était déjà monté au créneau pour les «petites courses. J’ai beaucoup d’admiration pour la famille Fangille. Les vrais du vélo, ce sont ces gens-là».

***

La dernière saison de Mollema

« Il est maintenant temps d’entamer ma dernière saison en tant que coureur professionnel. Encore une année, une dernière danse », a écrit Bauke Mollema pour annoncer sa future retraite, que le Néerlandais prendra après dix-neuf années chez les pros. Au cours de sa carrière, le grimpeur de 39 ans a amassé dix-huit bouquets, dont deux victoires d’étape sur le Tour de France (2015, 2017), une sur la Vuelta (2013), mais aussi le Tour de Lombardie 2019, son plus grand succès, arraché à l’issue d’une échappée en solo de 18 kilomètres, devant Alejandro Valverde.

Il a également fini trois fois dans le top 10 du classement général de la Grande Boucle (6e en 2013, 10e en 2014 et 7e en 2015). Sa dernière victoire remonte au contre-la-montre individuel du Championnat des Pays-Bas, en 2022. Mollema débutera sa saison 2026 par le Tour de Valence (d’aujourd’hui à dimanche), mais n’a pas encore dévoilé la suite de son programme.

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