Le Coq chante toujours


Bryan Coquard (à g.) a offert, hier, à son équipe, Cofidis, 
sa première victoire de l’année, en l’emportant au sprint devant le Belge 
de Lotto Steffen De Schuyteneer et le Néerlandais de Caja Rural Alex Molenaar.

Vainqueur à Marseille hier, le coureur de Cofidis Bryan Coquard a rappelé qu’il allait encore vite malgré une préparation moins portée sur le sprint.

"Beaucoup de coureurs à ma place auraient gagné"
   - BRYAN COQUARD, LOUANT LE 
     TRAVAIL DE SES COÉQUIPIERS

"Cela valide tout le travail réalisé cet hiver, 
c’est une récompense pour tous les membres de Cofidis. 
On avait à coeur de montrer qu’on est là, 
qu’on pèse encore sur la scène internationale"
   - RAPHAËL JEUNE, MANAGER DE COFIDIS

2 Feb 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL YOHANN HAUTBOIS

MARSEILLE – Depuis quelques jours, Marseille s’est habitué à ce que tout se joue dans les dernières secondes et, d’un sport à l’autre, il a fallu attendre un sprint pour voir Bryan Coquard s’imposer, enfin, sur le Grand Prix de La Marseillaise, cette épreuve qui lui filait entre les rayons ces dernières saisons.

Cocasse quand on sait que le coureur de Cofidis a levé les bras pour la 54e fois de sa carrière, l’année où il a décidé de ne plus être sprinteur, plus vraiment en tout cas. À bientôt 34 ans (en avril), après un Tour de France pendant lequel il avait entraîné involontairement la chute et l’abandon de Jasper Philipsen lors de l a 3e étape, le Nazairien a décidé de se recycler, plus puncheur sur des arrivées pentues que grosses cuisses au bout de longues lignes droites : « Je n’ai pas délaissé le sprint mais presque. Pendant le stage de janvier, je n’ai presque roulé qu’avec les grimpeurs. C’est mon créneau maintenant et quand ce sera tout plat, je n’aurai pas de problème à me mettre au service de Milan Fretin ou d’Alexis Renard. »

Hier, au coeur des sublimes massifs communaux d’Allauch, de Saint-Savournin ou de Peynier, Clément Izquierdo, local de l’étape, a accepté ce rôle pour son leader du jour, avant, en compagnie d’Alexis Renard, de le déposer parfaitement sur la ligne devant le Vélodrome, une attitude que « Le Coq » a tenu à saluer : « OK, j’avais de bonnes jambes aujourd’hui, OK je lève les bras et je prends la lumière mais Clément fait vraiment une journée incroyable. Il était chez lui, surmotivé, mais il a tout le temps été à l’avant. Et aussi Alexis Renard, qui a été malade cette semaine mais qui s’est battu pour être à l’avant et me lancer dans le final. On a eu un timing incroyable, ils ont roulé comme des vieux briscards, ils ont fait tout le boulot. Beaucoup de coureurs à ma place auraient gagné. »

Mais c’est un Cofidis qui a gagné (devant le Belge Steffen De Schuyteneer et le Néerlandais Alex Molenaar) et après une saison moribonde à plusieurs titres, entre la relégation en Pro Team, l’éviction de Cédric Vasseur et les tensions sous-jacentes mises à jour, Coquard a redonné le sourire à tout un groupe qui, au pied du car, pouvait enfin se lâcher : « Elle est belle celle-là, elle fait du bien ! » « Sans cracher dans la soupe » Alexis Renard admettait qu’ « il y a eu beaucoup de changements et les changements font parfois du bien. Cela met l’équipe sur de bons rails, on savait que Bryan marchait très fort, on l’avait constaté pendant le stage en janvier. Cela donne une émulation au sein de l’équipe. » Le successeur de Vasseur, Raphaël Jeune, tout en claquant des bises à ses coureurs, constatait les bienfaits immédiats du succès sur les membres de sa formation : « Cela valide tout le travail réalisé cet hiver, c’est une récompense pour tous les membres de Cofidis. On avait à coeur de montrer qu’on est là, qu’on pèse encore sur la scène internationale. »

Surtout à quelques mois de fêter les 30 ans de Cofidis, même si cette pression semble couler sur le vainqueur du jour. Harcelé sur les réseaux sociaux l’été dernier, Bryan Coquard avait séché, hier, ses larmes et, en habitué des podiums, le vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque (2016) flottait, tout léger, au coeur du protocole, assez loin des chamboulements récents : « Cela n’a pas changé grand-chose dans mon approche. Bien sûr, j’aime beaucoup Raphaël, mais c’est ma 14e année pro, ce n’est pas un changement de manager qui va me faire changer ma manière de faire. J’ai tout le temps été bon en début de saison, je continue dans cette dynamique. Pour être honnête, il fallait du changement, c’était la fin d’un cycle. On part sur un nouveau, je suis content d’apporter la première victoire. Je crois que notre nouveau slogan, c’est “Cap sur l’avenir”. Bon, j’ai 33 ans, je ne suis pas trop l’avenir mais je suis toujours là ( rires). »

Et Raphaël Jeune compte encore un moment sur son sprinteur-puncheur, délesté de la fatigue du jour et du poids des années : « Le Coq chante toujours, riait le manager. Bryan peut être poisson-pilote pour Milan (Fretin) mais il est encore capable de gagner des courses, il peut se réinventer, gagner des sprints mais faire plein d’autres choses. J’ai beaucoup de respect pour lui, pour ses 54 victoires. Sa transformation est en cours, il n’a pas fini de surprendre. »

Et puisqu’il ne faut jamais enterrer trop vite les anciens, on aura apprécié de revoir Daniel Mangeas avec un micro à la main, signe que la saison peut vraiment débuter.

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