Couronnement ultime


Van der Poel intouchable et dans l’Histoire 

Mathieu van der Poel est devenu, hier à Hulst, le plus grand coureur de l’histoire du cyclo-cross en remportant son huitième titre mondial. Un record laissant planer un doute sur son avenir dans la discipline, qu’il aimerait quitter à un sommet de sa carrière. Une pause d’un hiver, a minima, est envisagée.

"C’est impressionnant d’être dans sa roue, 
incroyable de voir sa puissance, 
la pression qu’il peut mettre, sa technique"
   - TIBOR DEL GROSSO, 2e HIER

"Le Tour des Flandres et Roubaix 
sont les courses où je veux écrire l’Histoire"
   - MATHIEU VAN DER POEL

2 Feb 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

HULST (PAYS-BAS) – La fureur de ce motoculteur inarrêtable, escorté par les hurlements graves d’une foule orange, contraste étrangement avec la douceur de son reflet sur les cours d’eau, sa placidité et cette impression de silence, d’une procession vécue au ralenti dans son esprit où s’anticipent les trajectoires. Carrément en apesanteur involontaire au sommet d’une bosse, soulevé par sa puissance, Mathieu Van der Poel a semblé imperméable à ce qui se passait autour de lui à Hulst, hier, où l’euphorie s’est emparée des 44 000 spectateurs venus assister, comme le roi des Pays-Bas, Willem Alexander, à un grand moment de l’histoire du cyclo-cross. Le Néerlandais de 31 ans a fini par percer sa bulle d’un poing de célébration en direction des spectateurs juste avant la dernière ligne droite, où il est devenu octuple champion du monde des labourés, battant ainsi le record des sept titres établi, il y a plus de cinquante ans (1973), par le Belge Eric De Vlaeminck. « Je commence à comprendre à quel point c’est important, a-t-il reconnu dans la foulée. Je pense que personne n’imaginait que ce record serait un jour battu, il a fallu une longue période. »

Seul en tête dès le deuxième tour, débarrassé du duel entre Tibor Del Grosso et Thibau Nys, Van der Poel a contrôlé les événements comme il en a pris l’habitude depuis plus de deux ans et sa dernière défaite en cyclo-cross. « Je ne suis même pas sûr que ce fût l’une de ses cinq meilleures courses de la saison et il est quand même clairement le meilleur, a salué Nys. Que pouvons-nous faire ? » Rien, si ce n’est admirer ce beau mélange de brutalité et d’agilité, comme l’a fait Del Grosso en début de course. « C’est impressionnant d’être dans sa roue, incroyable de voir sa puissance, la pression qu’il peut mettre, sa technique » , a raconté le médaillé d’argent, qui a balayé toute analogie avec son profil prometteur. « Ce serait une comparaison injuste parce que je ne pourrais que décevoir. »

Il n’a encore rien décidé de son avenir en cyclo-cross

Le blondinet a déjà deux ans de plus que Van der Poel lorsqu’il conquit son premier maillot arcen-ciel en 2015, à 20 ans. Et à « seulement » 31 ans désormais, l’octuple champion du monde jouit d’une domination qui présage de belles années. « Je suis déjà heureux avec huit titres, a-t-il toutefois tempéré. On verra dans le futur s’il y aura d’autres opportunités ou non. Je n’ai encore rien décidé. »

Car depuis ses déclarations début janvier, il a ouvert la porte à une retraite en cyclo-cross. « J’y ai pensé et j’en ai parlé, mais je ne prendrai pas ma décision dans la foulée des Mondiaux, avait-il désamorcé dans un communiqué, jeudi. Je m’amuse toujours en cyclo-cross mais au bout d’un moment, il faut considérer d’autres options. Il y aura forcément une fin et j’ai toujours espéré pouvoir m’arrêter à un sommet. »

Son grand frère David précise la nature de cette réflexion : « Depuis déjà quelques années, il disait que la seule chose qui le motivait encore, c’était ce titre de champion du monde. Depuis qu’il a 16 ans, il court sur les mêmes circuits en étant l’un des meilleurs… Je peux comprendre qu’il commence à en avoir marre et souhaite faire un hiver normal. »

Sélectionneur des Pays-Bas, Gerben De Knegt abonde : « Avec ce huitième titre qui en fait officiellement le meilleur de tous les temps, cela pourrait être le bon moment. Je pense que ce sera le cas… Mais avec Mathieu, on ne sait jamais, il dit toujours “on verra”. Parfois, le jour d’une course, il demande même à quelle heure est le départ ( rires) ! »

Depuis quelques années, ses journées dans les sous-bois sont pourtant rythmées par une routine bien huilée et exigeante qui participe à sa propre lassitude. Depuis sa maison en Belgique, van der Poel se déplace luimême en voiture pour arriver à 11h30 sur le circuit et prendre son repas, faire la reconnaissance, la course puis le protocole du podium. « Ça ne lui prend pas toute la journée, mais… Tout le monde s’attend à ce qu’il gagne, explique De Knegt. On n’imagine pas toute l’énergie qu’il dépense dans le domaine extrasportif : tout le monde veut une photo. » En témoigne ce dimanche, la pagaille autour de sa sortie du camping-car à 12 h 15, très exactement.

Au vu de sa domination, Van der Poel pourrait bien décider de s’offrir les titres mondiaux avec seulement un ou deux cyclo-cross dans les pattes. « Je lui ai proposé, abrège De Knegt. Mais il ne veut pas. C’est soit dix, douze courses, soit rien. » Au fond, il chercherait surtout à s’affranchir d’un hiver entier pour travailler plus spécifiquement sur route, où se dessinent des enjeux plus excitants. « Je crois qu’il pourrait essayer de remporter une étape de la Vuelta et porter le maillot rouge, explique son grand frère. Il commence aussi à s’approcher des records sur Paris-Roubaix et le Tour des Flandres, alors qu’on parle d’un sport vieux de plus d’un siècle. »

« Le Tour des Flandres et Roubaix sont les courses où je veux écrire l’Histoire, il me reste encore quelques années » , a confirmé Van der Poel, dimanche. « C’est ce qui lui donne vraiment de la motivation, appuie son manager Christoph Roodhooft. Maintenant il peut s’entraîner plus et plus dur avec l’âge. Il entre dans les années les plus fortes de sa carrière. »

La décision du CIO en juin prochain, concernant l'intégration ou non du cyclo-cross aux Jeux d’hiver en 2030 (Van der Poel aura 35 ans), pourrait peut-être s'ajouter dans la balance. « C’est un sport d’hiver mais il n’est pas fait pour se dérouler dans la neige, je ne sais pas si c’est la meilleure chose à faire » , a répondu Van der Poel, qui n’a toutefois jamais réussi à prendre l’or olympique en VTT. Il lui reste trois ans de contrat chez Alpecin-PremierTech, aucune porte n’est fermée, mais ce couronnement ultime pourrait aussi bien être son ultime couronnement.


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GÉRY POUSSÉE À LA FAUTE

2 Feb 2026 - L'Équipe
L. He., à Hulst.

Championne de France Élites à seulement 20 ans, Célia Géry voulait encore valider un point de passage en Espoirs à l’échelle mondiale. Mais poussée à la limite physiquement dans le trio de tête par Leonie Bentveld et Viktoria Chladonova, l’Ardéchoise a glissé dans une partie boueuse lors du troisième tour et perdu le contact avec les prétendantes au titre. « Cette chute m’a fait perdre un peu de confiance, a-t-elle détaillé. Je ne me sentais pas trop à l’aise dans les virages même si habituellement, la technique c’est mon point fort… » Finalement médaillée de bronze, Géry était « un peu déçue » et peinait à trouver une explication à chaud. Depuis sa fracture d’une vertèbre au début de l’hiver, la championne du monde Espoirs sur route a vu sa forme osciller. Elle va désormais pouvoir souffler en refermant le chapitre cyclo-cross et se focaliser sur sa reprise mi-mars sur les Classiques.

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Incoronazione finale

Van der Poel l'imbattibile entra nella storia

Mathieu van der Poel è diventato ieri a Hulst il più grande corridore della storia del ciclocross conquistando il suo ottavo titolo mondiale. Un record che lascia qualche dubbio sul suo futuro in questa disciplina, che vorrebbe lasciare al culmine della carriera. È prevista almeno una pausa invernale.

"È impressionante stare sulla sua ruota,
incredibile vedere la sua potenza,
la pressione che riesce a esercitare, la sua tecnica"
   - TIBOR DEL GROSSO, 2° IERI

"Il Giro delle Fiandre e Roubaix
sono le gare in cui voglio scrivere la storia"
   - MATHIEU VAN DER POEL

2 febbraio 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

HULST (PAESI BASSI) – La furia di questo instancabile cultore della bicicletta, scortato dalle urla grevi di una folla arancione, contrasta stranamente con la dolcezza del suo riflesso sui corsi d'acqua, la sua placidità e quell'impressione di silenzio, di una processione vissuta al rallentatore nella sua mente, dove si anticipano le traiettorie. Del tutto in assenza di gravità involontaria in cima a una collina, sollevato dalla sua stessa potenza, Mathieu van der Poel sembrava impermeabile a ciò che accadeva intorno a lui ieri a Hulst, dove l'euforia ha conquistato i 44.000 spettatori venuti ad assistere, come il re dei Paesi Bassi, Willem Alexander, a un grande momento della storia del ciclocross. Il 31enne neerlandese ha finito per rompere la sua bolla con un pugno di esultanza rivolto agli spettatori poco prima del rettilineo finale, dove è diventato otto volte campione del mondo di ciclocross, battendo così il record di sette titoli stabilito più di cinquant'anni fa (1973) dal belga Eric De Vlaeminck. “Sto cominciando a capire quanto sia importante”, ha ammesso subito dopo. “Penso che nessuno immaginasse che questo record un giorno sarebbe stato battuto, ci è voluto molto tempo”».

In testa fin dal secondo giro, liberatosi dal duello tra Tibor Del Grosso e Thibau Nys, van der Poel ha controllato gli eventi come è solito fare da oltre due anni, ovvero dalla sua ultima sconfitta nel ciclocross. “Non sono nemmeno sicuro che questa sia stata una delle sue cinque migliori gare della stagione, eppure è chiaramente il migliore”, ha dichiarato Nys. “Che cosa possiamo fare?” Niente, se non ammirare questo splendido mix di brutalità e agilità, come ha fatto Del Grosso all'inizio della gara. “È impressionante stargli a ruota, incredibile vedere la sua potenza, la pressione che riesce a esercitare, la sua tecnica”, ha raccontato la medaglia d'argento, che ha respinto ogni analogia con il suo profilo promettente. “Sarebbe un paragone ingiusto perché potrei solo deludere”.

Non ha ancora deciso nulla sul suo futuro nel ciclocross

Il biondino ha già due anni in più di van der Poel quando conquistò la sua prima maglia arcobaleno nel 2015, a 20 anni. E a «soli» 31 anni, l'otto volte campione del mondo gode di un dominio che fa presagire anni felici. «Sono già felice con otto titoli», ha tuttavia temperato. «Vedremo in futuro se ci saranno altre opportunità o no. Non ho ancora deciso nulla».

Infatti, dalle sue dichiarazioni di inizio gennaio, ha socchiuso la porta al proprio ritiro dal ciclocross. «Ci ho pensato e ne ho parlato, ma non prenderò una decisione subito dopo i Mondiali», aveva smorzato i toni in un comunicato giovedì. Mi diverto ancora nel ciclocross, ma dopo un po' bisogna considerare altre opzioni. Ci sarà inevitabilmente una fine e ho sempre sperato di poter smettere al culmine della carriera».

Suo fratello maggiore David precisa la natura di questa riflessione: «Già da alcuni anni diceva che l'unica cosa che lo motivava ancora era il titolo di campione del mondo. Da quando ha 16 anni, corre sugli stessi circuiti ed è uno dei migliori... Posso capire che inizi a stancarsi e desideri trascorrere un inverno normale».

Il selezionatore dei Paesi Bassi, Gerben De Knegt, concorda: «Con questo ottavo titolo che lo rende ufficialmente il migliore di tutti i tempi, potrebbe essere il momento giusto. Penso che sarà così... Ma con Mathieu non si sa mai, dice sempre “vedremo”. A volte, il giorno della gara, chiede persino a che ora è la partenza (ride)!».

Da alcuni anni, tuttavia, le sue giornate nei boschi sono scandite da una routine ben rodata e impegnativa che contribuisce alla sua stanchezza. Dalla sua casa in Belgio, van der Poel si reca personalmente in auto sul circuito alle 11:30 per consumare il pasto, effettuare il sopralluogo, partecipare alla gara e poi al protocollo del podio. «Non gli richiede tutto il giorno, ma... Tutti si aspettano che vinca», spiega De Knegt. «Non si può immaginare tutta l'energia che spende al di fuori dello sport: tutti vogliono una foto». Ne è testimonianza il caos che si è creato domenica, quando è sceso dal camper alle 12:15 in punto.

Vista la sua supremazia, van der Poel potrebbe decidere di aggiudicarsi i titoli mondiali con solo una o due gare di ciclocross alle spalle. «Gliel'ho proposto», sintetizza De Knegt. «Ma lui non vuole. O dieci, dodici gare, o niente». In fondo, cercherebbe soprattutto di liberarsi da un intero inverno per lavorare più specificamente su strada, dove si profilano sfide più entusiasmanti. «Credo che potrebbe provare a vincere una tappa della Vuelta e indossare la maglia rossa», spiega il fratello maggiore. Sta anche iniziando ad avvicinarsi ai record della Parigi-Roubaix e del Giro delle Fiandre, e si parla di uno sport che ha più di un secolo di storia.

«Il Giro delle Fiandre e la Roubaix sono le gare in cui voglio scrivere la storia, mi restano ancora alcuni anni», ha confermato van der Poel domenica. «È questo che lo motiva davvero», sottolinea il suo direttore sportivo Christoph Roodhooft. «Ora può allenarsi sempre di più e più duramente con l'età. Sta entrando negli anni più forti della sua carriera».

La decisione del CIO del prossimo giugno, riguardante l'integrazione o no del ciclocross ai Giochi olimpici invernali del 2030 (van der Poel avrà 35 anni), potrebbe forse aggiungere un ulteriore elemento alla bilancia. «È uno sport invernale, ma non è fatto per essere praticato sulla neve, non so se sia la cosa migliore da fare», ha risposto van der Poel, che tuttavia non è mai riuscito a conquistare l'oro olimpico nella mountain bike. Gli restano ancora tre anni di contratto con Alpecin-PremierTech, nessuna porta è chiusa, ma questo coronamento finale potrebbe anche essere il suo coronamento definitivo.

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