NBA : pourquoi Wembanyama revient de sa longue absence encore plus fort
« J’ai appris de nombreuses leçons, des choses que je n’oublierai jamais parce qu’elles ont
marqué mon corps », confie Victor Wembanyama (ici, en blanc, le 17 octobre,
lors d’un match de pré-saison contre les Indiana Pacers, à San Antonio).
Écarté des parquets depuis février dernier, « Wemby » est prêt à tout casser pour sa troisième saison avec San Antonio.
21 Oct 2025 - Le Figaro
Christophe Remise
Un mal pour un bien ? Quelques jours seulement après sa première apparition au All Star Game, le 16 février dernier à San Francisco, Victor Wembanyama se voyait diagnostiquer une thrombose veineuse profonde à l’épaule droite. Sa deuxième saison en NBA était officiellement terminée le 21 février. Coupé en plein vol. « C’est très dur, même assommant au début. Je ne souhaite cette expérience à personne », souffle fin septembre le géant (2,24 mètres) de 21 ans, qui n’a reçu le feu vert pour travailler sur le parquet qu’à la mi-juillet après avoir renoncé à l’euro avec l’équipe de France.
Huit mois après une annonce qui lui a fait craindre « de ne plus pouvoir jouer au basket », « Wemby » est prêt pour le début de la saison régulière, ce mardi, affamé, impatient. « L’attente est presque insoutenable », clame-t-il. Huit mois qui lui ont permis de franchir plusieurs paliers. En termes de physique et en dehors des parquets.
Tout d’abord, il convient de souligner que « tous les voyants sont au vert » sur le plan médical. Le numéro 1 de la Draft 2023 a « passé beaucoup de temps à l’hôpital, à parler avec les docteurs, entendre plus de mauvaises nouvelles que je n’espérais… C’est traumatique. » Il y a eu l’opération. Du passé désormais. « Médicalement, il n’y a aucune inquiétude », souligne le Francilien.
Un été lors duquel Wembanyama a beaucoup travaillé sur son corps. « J’avais encore un potentiel inexploité. C’était douloureux, extrêmement dur, en dehors de ma zone de confort, mais ça a payé », affirme-t-il. Et d’ajouter : « Avant, je travaillais sur le terrain puis physiquement. Cet été, j’ai fait des choses bien plus violentes, travailler le physique en situation de match. Ça a peut-être pris du temps sur le travail que je fais d’habitude en termes de jeu, mais peu importe, je voulais que mon corps soit au top », assure-t-il, reconnaissant avoir souffert du rythme effréné de la NBA jusqu’ici.
Plus puissant, plus impactant
La masse méthode musculaire. ? « Brutale. Durant J’ai la pris première de la partie, il mes n’était capacités. question Et que ensuite, de revenir, se développer. retrouver Je suis certain que personne ne s’est entraîné comme moi cet été. C’est mon meilleur été jusqu’ici. Les progrès sont incroyables. Je me sens mieux, j’ai l’air plus fort, je suis plus lourd sur la balance », explicite-t-il.
Cela se voit. Sur les matchs de présaison (5 victoires), Victor Wembanyama est apparu plus puissant, plus impactant, plus désireux de jouer près du panier adverse ou à mi-distance, moins de tirs à trois points. « Je suis plus en contrôle en ayant une meilleure condition physique. Ça a un prix. J’ai effectué un travail de classe mondiale cet été. Je ne pense pas que beaucoup d’athlètes professionnels s’entraînent comme je l’ai fait », jure-t-il.
Un travail physique de forçat qui l’a conduit à délaisser, un peu, le basket.
« Je sais que je sais jouer au basket », sourit Victor Wembanyama, qui résume cette séquence comme une « expérience qui change la vie. Sur le long terme, j’en tirerai les bénéfices. Ça vous fait comprendre des choses que vous ne comprenez pas sans cela. »
Après ces semaines initiales de doute, le vice-champion olympique a parcouru le monde, à commencer par la Chine. Il s’est notamment adonné à la méditation Chan et au kung fu dans un temple Shaolin à Zhengzhou.
« S’entraîner avec les moines, ça a été incroyable, raconte-t-il. Il y a déjà eu le choc culturel du simple fait d’être en Chine. C’est tellement intéressant et si surprenant… J’ai adoré. Et l’entraînement avec les moines, au temple, c’était incroyable. J’étais hors de ma zone de confort en raison des mouvements, on n’est pas habitués à ce genre de travail dans le basket. C’était ma volonté depuis le départ. Ça a payé en termes d’entraînement et en ce qui concerne l’expérience de vie, en tant que grand curieux, c’était incroyable. […] Ça m’a permis d’avoir une vision plus large du monde, mieux comprendre les gens. Je ne sais pas si je peux mettre en avant une phrase ou une leçon, mais ce sont des expériences qui vous font grandir en tant que personne. »
Et d’ajouter : « Il y a l’idée que nous ne sommes pas éternels. Il y a des expériences qu’on va manquer, mais je veux en manquer le moins possible. Ce n’est pas parce que je suis en NBA que je vais me priver de ce genre de chose. […] Je veux faire plus d’expériences de ce genre. Même en étant un personnage public et un athlète, je veux faire ce que je veux en tant qu’être humain. »
Pour le reste, Victor Wembanyama a partagé son temps entre le Costa Rica, où on l’a vu jouer au football, le Japon, puis… le centre de la Nasa au Texas. C’est même ce qu’il a « le plus aimé » de son été, lui qu’on sait féru d’astronomie. « J’ai pu rencontrer des astronautes, dont Peggy Whitson, l’américaine qui a passé le plus de temps dans l’espace. J’étais comme un enfant, voir les machines, les engins spatiaux… C’était incroyable », jubile-t-il. Bien avant de rentrer aux États-unis, le Rookie de l’année en 2024 avait fait un passage par sa ville natale du Chesnay (78) pour y organiser un tournoi associant basket et échecs, une autre de ses passions. Bref, un été particulièrement riche qui lui a permis de toucher à tout.
Pendant deux semaines, il a aussi travaillé aux côtés de son coéquipier Harrison Barnes sous les ordres du coach sportif Noah Laroche, à Los Angeles. « Wemby » a aussi et surtout bossé avec deux légendes de la NBA, Hakeem Olajuwon et Kevin Garnett. « Ça n’a duré que quelques jours,
mais c’était très utile », a-t-il dit au sujet de son travail avec « The Dream ». Un travail dont on devine déjà les fruits dans sa façon de bouger. « Il a une perspective unique sur les relations avec les autres en tant que leader », jure Wembanyama au sujet de « KG ». Et de résumer, au sujet de ces cours particuliers : « J’avais en tête de préparer un été un très haut niveau. Ça a été très bénéfique. J’ai appris beaucoup de choses, parfois en peu de temps. »
Il est maintenant temps de mettre ces progrès en pratique. Retour au jeu. Après les premiers matchs de la saison régulière dans la nuit de mardi à mercredi, Okchouston et Golden State-l.a. Lakers, San Antonio commencera son périple à Dallas, dans la nuit de mercredi à jeudi (3 h 30 heure française). Lesquels Spurs ont manqué les play-off ces six dernières années. Malgré la forte concurrence à l’ouest, ils ont les moyens de mettre fin à cette disette.
De la jeunesse et du talent
« Wemby » est bien entouré. De la jeunesse, du talent. Pas de Gregg Popovich, qui a définitivement passé la main. « Les play-off ? C’est l’objectif. J’aurais déjà aimé les jouer la saison dernière, mais je comprends de plus en plus qu’il y a des choses qui mettent du temps, qui demandent de la maturité », note Wembanyama, qui pourrait se mêler à la course pour le MVP (meilleur joueur) en fonction des résultats de son équipe et qui a un boulevard pour le titre de meilleur défenseur.
« Ce que j’ai appris de moi cet été ? Beaucoup ! Et bien plus que je ne pourrais l’expliquer en une seule interview… J’ai appris de nombreuses leçons, des choses que je n’oublierai jamais parce qu’elles ont marqué mon corps. Je suis reconnaissant de ce que j’ai appris, du fait d’avoir pu passer des niveaux dans ma vie, dans ma carrière mais aussi en tant que personne », synthétise-t-il. Et de poursuivre : « Ça m’a offert des leçons que je n’aurais pas eues autrement. On sait tous que la vie est courte, que ça va vite, mais avant d’être confronté directement à cela, on ne s’en rend pas forcément compte. Au final, mon ressenti sur toute cette expérience, c’est que ce sera bénéfique pour moi. Ça m’a fait passer des caps que je n’aurais pas passés autrement, ou peut-être pas aussi vite. » Comme un grand.
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