RAYNAUD Le rayon de soleil
Maxime Raynaud en discussion avec Doug Christie, son coach à Sacramento, lors de la défaite des Kings à Denver le 11 décembre (105-136).
20 Dec 2025 - L'Équipe
SAMI SADIK
En l’absence du pivot all-star Domantas Sabonis, le rookie français a saisi sa chance. Propulsé titulaire, il a cartonné jeudi avec Sacramento contre Portland (29 points) et confirmé son statut de chouchou des Kings, à la peine cette saison.
Comme le reste des Kings, Maxime Raynaud a quitté le Moda Center avec un goût amer aux lèvres jeudi soir. Lancé dans son dernier raid vers le panier, l’ailier de Portland Deni Avdija a obtenu ce qu’il pouvait espérer de mieux : un contact minime avec Russell Westbrook et les deux lancers francs de la gagne en prolongation (134-133 a.p.).
Une douche froide pour Sacramento, battu pour la 21e fois en 27 rencontres cette saison, et encore plus pour le pivot français (2,16 m, 22 ans) qui n’aura pas ajouté la victoire au meilleur match de sa jeune carrière NBA. Face à Donovan Clingan (2,18 m, 21 ans), l’étudiant diplômé de Stanford a compilé 29 points et 11 rebonds – deux records chez les pros pour lui – dans une soirée dominante près du panier.
Raynaud a gagné la confiance de son staff
Un sacré boost alors qu’un compte à rebours plane sur ses minutes. Blessé au ménisque du genou gauche, le pivot lituanien Domantas Sabonis (2,08 m, 29 ans) est à l’infirmerie depuis un mois, mais son retour est proche. « J’essaie de rester dans ma bulle. Je sais que les choses sont temporaires. Quand on a un All-Star (à trois reprises) comme ''Domas'' qui revient, j’imagine qu’il reprendra sa place. Mais je suis très content de pouvoir accumuler autant de répétitions sur le parquet » , confiait Raynaud en début de semaine. Mais le come-back du fils de la légende Arvydas Sabonis ne devrait pas rimer avec banquette pour le « Frenchy » des Kings.
Son entraîneur Doug Christie caresse déjà l’idée d’associer les deux intérieurs sur le parquet. « On a un peu joué ensemble en pré-saison, je ne sais pas ce que le coach va décider. J’aimerais surtout que Domantas revienne en bonne forme, et je vais m’adapter à tout ce qu’on me demandera » , se projette l’intéressé.
Peu utilisé en début de saison, Raynaud a gagné la confiance du staff avec son jeu près du panier et son impact physique. L’ancien espoir de Nanterre, où il a évolué avec Victor Wembanyama, brille au rebond, même si un ballon cafouillé avec Westbrook dans les ultimes secondes du quatrième quarttemps aurait pu sceller la victoire de Portland (112-115, 47e).
Une relation forte avec Russell Westbrook
Mais Clingan a lâché un lancer franc en route et Raynaud a bondi pour verrouiller le rebond, transformé en panier primé de l’égalisation par DeMar DeRozan (115-115). « Des jeunes comme lui et Nique (Clifford, l’autre rookie des Kings) feront des erreurs, mais on vivra avec, car ce sont des erreurs qui viennent de bonnes actions et ils amènent de l’énergie, de l’enthousiasme et du travail d’équipe » , indiquait Christie le 6 décembre après la première titularisation du Français, contre Miami (127-111). Entre-temps, l’ancien capitaine de Stanford, a pu se mesurer à Nikola Jokic (Denver) – « un challenge de fou » – et Alperen Sengün (Houston), deux superstars à son poste, en gardant de l’impact (15,4 points et 8,8 rebonds de moyenne comme titulaire).
Au milieu d’une cuvée bien fournie, Raynaud, drafté avec le 42e choix en juin, a glissé son nom dans le top 10 des rookies publié chaque semaine par le site de la NBA. « Jokic a été drafté pendant une pub de tacos (41e choix de la draft 2014) et ça va bien pour lui. J’aurais pu être sélectionné dans le top 10 ou ne pas être sélectionné du tout, ma mentalité aurait été la même : aider l’équipe et progresser dès mon année de rookie » , balaye l’ancien champion d’Europe U20 avec les Bleuets (2023). Raynaud s’est même trouvé un mentor galonné : Russell Westbrook (1,93 m, 37 ans), ancien MVP de la saison régulière (2017), signé par les Kings juste avant le début de saison.
Le meneur explosif a déjà distillé 28 passes décisives à son rookie français, qu’il a pris sous son aile hors du parquet. « Il m’a énormément donné confiance en moi sur les premiers matches. C’est l’un des meilleurs meneurs de l’histoire, un gars tellement extraverti. Tu as l’impression que c’est un coach, il me parle beaucoup, il est super intense dans tout ce qu’il fait » , raconte l’intérieur.
Loin de la course aux play-offs, le natif de Paris s’est fixé un objectif – « se rendre le plus indispensable possible » – alors que les stars des Kings sont toutes citées dans les rumeurs de transfert et que la franchise californienne pour raitacter une reconstruction. Avec encore plus de place pour son « Frenchy ».
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