Une sélection africaine peut-elle devenir championne du monde ?


À six mois du Mondial, la Coupe d’afrique des nations 2025 débute ce dimanche, au Maroc, première sélection africaine à avoir atteint les demi-finales, en 2022 au Qatar. Une porte d’entrée pour entretenir le rêve de soulever le trophée le plus prestigieux

20 Dec 2025 - Le Figaro
Louis Fumeron

Sauvée de justesse pour passer la phase de groupes, un changement de sélectionneur en plein tournoi, une ambiance hostile… La Côte d’ivoire s’était finalement hissée jusqu’en finale, après un changement d’état d’esprit drastique, pour arracher la troisième Coupe d’afrique des nations de son histoire face au Nigeria (1-2) le 11 février 2024. Un an et demi auparavant, une autre sélection africaine avait fait parler d’elle, le Maroc, invité surprise du dernier carré de la Coupe du monde 2022 au Qatar, finalement perdue face à l’équipe de France (2-0), avec les honneurs. Une première. Historique. Malgré « ces fameux petits détails qui font que tu peux être champion du monde », comme constatait le sélectionneur marocain Walid Regragui à l’issue de la rencontre, le Maroc avait donné une belle image du football africain. Le tacticien s’était félicité d’avoir «montré qu’on pouvait être au niveau dans ces compétitions. » Un moment charnière pour le football africain, qui ne rêve plus que d’une seule chose, soulever (enfin) le trophée plus prestigieux de ce sport.

Réalité ? Utopie ? « À moyen terme, on aura une équipe africaine capable de gagner la Coupe du monde », clame Robert Malm, consultant pour bein Sports, le diffuseur de la CAN, qui débute ce dimanche au Maroc. Pour son confrère Brahim Thiam, le constat est le même. « Je le pense, je l’espère d’ailleurs. » Manque d’objectivité ? Les résultats parlent pour eux. Jamais une équipe africaine n’avait atteint une demi-finale de Coupe du monde. Preuve que l’écart se resserre entre sélections africaines et les prétendantes habituelles au titre suprême. « Une douzaine d’équipes africaines sont quasiment du même niveau que les trois quarts des équipes européennes et sudaméricaines. On est à l’aube d’une équipe africaine qui remporte la Coupe du monde », appuie Brahim Thiam, 4e de la CAN 2004 avec le Mali.

Problèmes d’infrastructures

Pour ce faire, les sélections africaines peuvent désormais compter sur de nombreux joueurs binationaux, qui optent pour leur pays d’origine au lieu de leur pays de naissance, avec lequel, parfois, ils ont disputé toutes leurs classes chez les jeunes. « Certains pays vont perdre de la qualité et cette qualité va s’ajouter à certaines sélections africaines », précise l’ex-international malien (17 sélections). Un avantage de taille pour les pays africains. Même s’il ne faut surtout pas négliger le vivier local, qui peut s’avérer très riche. « C’est important d’avoir des bons jeunes du pays pour pouvoir faire progresser l’équipe locale. Mais les binationaux, c’est évident qu’il faut aller les chercher. Plus tu as les meilleurs joueurs de l’extérieur, jumelés avec les locaux, plus c’est une source qualitative pour les résultats et le futur du pays », analyse Brahim Thiam.

S’il faut une parfaite harmonie entre joueurs locaux et binationaux, le problème de la Coupe d’afrique des nations concerne plutôt l’extra-sportif. La compétition a longtemps été perturbée par ce qu’il se passait en dehors du rectangle vert. Grossières erreurs d’arbitrage, problèmes d’infrastructures, débordements dans les tribunes… Heureusement, tout cela semble révolu. Comme cela a pu être le cas lors de la dernière édition en 2024. « L’image donnée sur la dernière CAN en Côte d’ivoire a montré qu’on était sur le bon chemin. Que l’afrique était capable, audelà de fournir des joueurs, d’avoir des infrastructures et de permettre aux joueurs de s’exprimer dans les meilleures conditions », se réjouit Robert Malm, qui n’a jamais disputé la compétition avec le Togo, mais la Coupe du monde en 2006.

« Attention au Sénégal »

Au Maroc, cette édition plus « européanisée », avec des stades à couper le souffle et une sécurité renforcée, s’inscrit dans l’optique de préparer dans les meilleures conditions la Coupe du monde 2030, coorganisée par le pays de l’atlas, l’espagne et le Portugal. Les Lions de l’atlas partent d’ailleurs favoris pour cette édition à domicile, d’autant plus depuis leur place dans le dernier carré au Qatar. Même si, pour l’ancien international togolais (5 sélections), «attention au Sénégal», futur adversaire de l’équipe de France dans la poule 1 lors du Mondial 2026 (11 juin16 juillet aux États-unis, Mexique et Canada), « qui est très bien armé ».

En attendant de voir ce que cette CAN dévoilera, les yeux sont (presque) déjà rivés sur l’amérique. Le nouveau format, avec 48 équipes contre 32 auparavant, peut être à l’avantage des sélections africaines. «C’est une bonne chose d’avoir élargi, pour étoffer la liste des équipes africaines qualifiées. Ça donne encore un peu plus de chance à une équipe africaine de pouvoir briller et un jour gagner le titre suprême », affirme l’ancien attaquant Robert Malm. Mais place à la Coupe d’afrique des nations avant de se tourner vers « l’american Dream ». « L’été prochain, on risque encore d’avoir de belles surprises », assure Brahim Thiam.


Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Dalla periferia del continente al Grand Continent

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?