Répétition générale


Au Maroc, tout un pays ne va vivre qu’au rythme de ses Lions durant la Coupe d'Afrique des nations, qui débute demain à domicile. La victoire en Coupe arabe, jeudi, a montré l’immense passion que pouvait engendrer un succès.

"C’est la première fois chez nous depuis 1988, 
il y a une grosse attente, on le voit avec les supporters, 
les gens… Tout le pays est organisé pour cet évènement"
   - MEHDI KHALIS, ANCIEN 
     JOUEUR DU FUS DE RABAT

20 Dec 2025 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL. HERVÉ PENOT

RABAT – C’est donc ça se passionner pour son équipe nationale de football, qu’elle soit A, B, C, hommes, femmes, post-ados, U17 ou U20. Le succès arraché contre la Jordanie (3-2 a.p.) jeudi, en finale de la Coupe arabe à Doha, a déversé des milliers de gens dans les rues. Un présage de ce que pourraient vivre les Lions de l’Atlas, qui ouvrent la Coupe d'Afrique des nations face aux Comores demain (20 heures à Rabat), en cas de bonheur final.Les célébrations à Rabat après le triomphe de l’équipe marocaine en finale de la Coupe arabe jeudi soir contre la Jordanie (3–2, a.p).

Ont-ils seulement entendu, calfeutrés dans leur repaire du complexe Mohamed-VI, leur Clairefontaine à Salé, près de l’aéroport, le concert de klaxons qui a rythmé ce jeudi soir en dépit d’une fraîcheur de saison ? Peutêtre pas. Mais leurs réseaux sociaux ont certainement fait le boulot. Ils savent la réactivité de leurs supporters. À Casablanca, il était même dangereux de se frayer un chemin entre des voitures aux trajectoires irrégulières et des jeunes trompe-la-mort en scooter en délicatesse avec le Code de la route. À certains feux, des vendeurs à la sauvette en profitaient pour refiler des drapeaux marocains, signe avantcoureur des jours à venir. Avant ce succès en Coupe arabe, le calme régnait dans le Royaume à l’approche de la compétition phare. Mais c’est évidemment ce week-end que la tempête est attendue, que les villes devraient s’habiller en rouge et vert, et que la quête de titre sera lancée pour ce trophée qui s’était refusé en 1988 à la maison (élimination en demi-finales contre le Cameroun, 0-1). Personne n’imagine aujourd’hui un sort identique pour cette armada née à l a Coupe du monde 2022, où elle est devenue la première sélection africaine à atteindre le dernier carré. On ne serait pas surpris de savoir que les invit’ ont déjà été lancées pour le 18 janvier, soir de la finale à Rabat. Car ici, on ne parle plus que de ça.

Dans l’attente d’un plat à emporter, Abdel, le serveur, s’enthousiasme : « Vous avez vu, hier ? » Un peu, oui, mais surtout entendu… « On avait tellement de stress. » Pour la Coupe arabe. Alors imaginez pour une CAN à la maison à un moment important de l’histoire du pays, qui s’est imposé en Afrique comme un poids lourd économique et politique. Le foot doit symboliser cette prise de pouvoir. Et il n’y a aucune place dans les esprits pour un échec.

« Pour nous, c’est très important, explique Soukaina, une employée. J’ai des cousins qui viennent de Paris. Ils ne sont pas venus cet été pour être là lors de cette CAN. Ils sont excités, on a acheté des vêtements, des drapeaux et on les sortira quand il le faut. C’est comme un rituel, on doit en acheter de nouveaux, des accessoires, même des coques pour le téléphone. » Soukaina montre la sienne, pas encore aux bonnes couleurs. Elle rigole et n’oublie pas ces détails qui changent une apparence. « Ce samedi, j’ai rendez-vous pour les ongles et je vais mettre du rouge ! » L’amour du maillot jusqu’au bout des doigts.

Elle ne sera pas la seule dans ce cas. Amina, sa collègue, acquiesce. « À la maison, c’est le seul sujet. Si vous allez au marché, c’est pareil, chez les commerçants, dans la famille. C’est assez incroyable… » Dans l’un des grands malls de Rabat, à un souffle du stade Al-Medina, où des employés continuent de travailler sur le toit sur lequel des fuites d’eau étaient apparues en novembre, les affiches de la CAN tapissent les escalators, squattent des devantures. Certains fans en profitent pour réussir des bonnes affaires. Dans cette période, de nombreuses enseignes réduisent les prix sur leurs téléviseurs. Et comme on veut voir la CAN sur un écran neuf, ça marche… « Car c’est un moment unique. Et cette année, on a quand même gagné le s U23 (Coupe d'Afrique des nations), les U20 (Coupe du monde), la Coupe arabe, alors… », rappelle Amina comme on égrène les prix d’excellence.

Rien n’échappe aux gens. Surtout pas aux anciens pros, toujours en éveil. Mehdi Khalis, ancien du FUS de Rabat avec Nayef Aguerd, son copain, résume : « C’est la première fois chez nous depuis 1988, il y a une grosse attente, on le voit avec les supporters, les gens… Tout le pays est organisé pour cet événement. Il y a eu des gros investissements. Et le fait qu’il y ait des victoires dans les autres catégories, les gens se disent : “On n’attend plus que les A.” » Une victoire pour faire chavirer définitivement tout un peuple.

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