Ligue des champions : PSG, OM, ASM… Des enjeux à tous les étages
Icon Sport/fepDe gauche à droite :
Ousmane Dembélé (PSG), Mason Greenwood (OM) et Maghnes Akliouche (Monaco) seront sur le pont ce mercredi, lors de la 8e journée de C1.
La première phase de C1 s’achève par une ultime soirée alléchante et décisive pour les trois clubs français.
28 Jan 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez et Christophe Remise
Un point final en forme de feu d’artifice. C’est ce qui attend les amateurs de ballon rond ce mercredi (21 h, Canal+). La phase de ligue de la plus grande et belle compétition européenne livrera son verdict au terme d’une soirée qui s’annonce folle. Et ce n’est pas qu’une projection au doigt mouillé. Elle repose sur l’expérience de l’année dernière. Enjeux à tous les étages et pluie de buts en perspective. L’an passé, les 18 matchs de la huitième journée avaient offert le succulent total de 64 buts. Une orgie footballistique. Avec ce nouveau format, mis en place en 2024-2025, L’UEFA visait à rendre la première phase plus incertaine, avec plus d’affiches, plus de suspense. En un mot, plus d’intérêt. C’est réussi.
Toujours est-il que le menu est alléchant. Opposés à la lanterne rouge d’almaty, les Gunners de Mikel Arteta (7 victoires) ont le champ libre pour terminer en tête au classement. Ils sont déjà assurés de finir dans le top 2, avec l’avantage du terrain jusqu’en demies, et ne sont « menacés » que par le Bayern (21 points contre 18) pour la pole position. Un Bayern déjà promis au top 8. En bas de classement, quatre clubs hors course (Francfort, Prague, Villarreal, Almaty). Pour le reste, rien n’est joué. Tout le monde rêve en grand. Actuel 25e, le champion d’italie, Naples, est le seul cador qui n’est pas encore assuré de disputer la phase finale. Avantage du terrain, huitièmes de finale directement (de la première à la 8e place), barrages (de la 9e à la 24e) … La lutte va faire rage. Avec le programme d’une soirée de rêve. Pas une affiche n’est sans enjeu et surtout pas celles qui concernent les clubs français, le PSG face à Newcastle, L’OM à Bruges et Monaco, contre la Juve. La France du football espère un carton plein. Pour étirer encore un peu plus l’hiver et entrevoir le printemps avec joie et allégresse. État des lieux.
Le PSG en quête de « confiance » et d’un raccourci
Malgré sa défaite sur le terrain du Sporting (2-1) la semaine passée, le champion d’europe sortant garde la maîtrise de son destin. Sixièmes au classement, les Parisiens sont déjà assurés de poursuivre la compétition. Ce n’était pas le cas l’an passé, avec une victoire obligatoire à Stuttgart lors de la dernière journée. Cette fois, les joueurs de Luis Enrique affronteront Newcastle pour valider leur place dans le top 8 et obtenir un billet direct en huitièmes de finale. Une victoire serait a priori suffisante, même s’il convient de souligner que les sept équipes suivant au classement ont le même nombre de points, dont les Magpies. Un petit groupe à 13 unités au sein duquel on retrouve Chelsea, Barcelone, Manchester City et l’atlético.
Toujours est-il que le PSG, en proie à de sérieux soucis d’efficacité ces derniers temps, visera à assumer son rang et à retrouver de sa superbe face à des Toons qui lui avaient donné du fil à retordre en 2023. Défaite 4-1 en Angleterre et nul 1-1 miraculeux au Parc. Des soucis que Luis Enrique attribue notamment à un déficit de « confiance » dans la zone de vérité. Bonne nouvelle ? L’infirmerie est quasi vide, avec les retours d’achraf Hakimi, Nuno Mendes, Fabian Ruiz ou encore João Neves. Après la pluie, le beau temps, pour un PSG qui a surtout fait comme il pouvait lors de la première partie de saison ? Accéder aux huitièmes sans passer par la case barrages permettrait aux Parisiens d’alléger leur calendrier, même si Luis Enrique, amateur de contradiction, laisse entendre que ce ne serait pas forcément « la meilleure option » en termes de rythme. « Je signerais donc pour une défaite ou un nul, une place dans les 15 et gagner la Ligue des champions », argumente-t-il.
L’OM pour ne pas tout gâcher
« Un rendez-vous historique. » Roberto De Zerbi a le sens de la formule et n’a pas manqué d’envolées lyriques pour planter le décor d’une séquence qui doit envoyer L’OM (19e, 9 points) en barrages de C1. Les mots ont un sens et la soirée sera belle en cas de qualification, mais pas historique pour un club vainqueur de la compétition en 1993. Les Marseillais, revigorés par leur éclatant succès contre le RC Lens (3-1) samedi après la gifle de Liverpool (0-3), mais privés de Pavard (suspendu) et de leurs deux dernières recrues (l’anglais Nwaneri et le Néerlandais Timber, non qualifiés), débarquent en Belgique avec appétit et gourmandise. Leur feuille de route est « simple » face au Club Bruges (27e, 7 points), tombeur de L’AS Monaco (4-1) lors de la première journée : une victoire et le tour serait joué (la qualification sera possible en cas de nul ou de défaite, mais en fonction d’autres résultats).
Un tel scénario aurait le mérite de la clarté et viendrait valider les promesses entrevues dans le chaudron du Vélodrome face à l’ex-leader lensois. Si L’OM se présente avec autant d’envie, de qualité et d’agressivité contre le troisième du championnat belge, la mission sera réussie. Et la perspective d’une confrontation à élimination directe en février pour une place en huitièmes de finale face à une grosse écurie fait déjà saliver la Canebière. Ce serait bête de gâcher l’aventure européenne aussi tôt un soir de janvier…
Monaco veut chasser la sinistrose
Du côté du Rocher, le tableau d’ensemble fait peine à voir… mais la qualification en barrages pourrait redonner un peu le sourire à un club moribond. Entre les mauvais résultats en Ligue 1 (10e à 14 points du podium), les blessures, le mercato raté (Pogba ne joue pas, Dier pas au niveau et blessé, Fati inconstant…), un groupe sans relief qui ne montre quasiment rien sur le terrain malgré les différents entraîneurs (Sébastien Pocognoli a succédé à Adi Hutter le 11 octobre dernier sans changement notable) et une grogne des supporteurs à l’encontre de la direction sportive, L’AS Monaco (21e, 9 points) est une institution en crise.
La dernière victoire en championnat remonte au 29 novembre (contre le PSG, 1-0) et la dernière sortie en « Champions’ » a tourné au cataclysme face au Real (6-1). Ce n’est pas le triste nul au Havre (0-0) dimanche qui a rassuré les sceptiques. Pour autant, l’espoir demeure et la qualification en play-off reste plus que possible. Une victoire contre la Juventus Turin (15e, 12 points), qui n’a (plus) rien d’un ogre européen, et l’affaire serait pliée. D’autres options sont possibles en cas de nul ou de défaite en fonction des autres résultats. Éclaircie dans un climat de sinistrose, les joueurs du Rocher restent invaincus à Louis-ii en C1 (1 victoire, 2 nuls). L’occasion est belle pour stopper l’hémorragie. Et éviter de nouvelles secousses.
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Après le choc de la CAN, le retour de l’indispensable Hakimi
« La Ligue des champions, c’est le meilleur médicament » Luis Enrique Entraîneur du PSG
28 Jan 2026 - Le Figaro
C. R.
Achraf Hakimi, le retour. Comme le dit Luis Enrique, qui a le bonheur de récupérer plusieurs éléments majeurs pour affronter Newcastle ce mercredi (21 h, Canal+), lors de la 8e journée de Ligue des champions (Neves, Ruiz, Mendes…), « chaque joueur qui revient a une histoire spécifique ». Celle du Marocain de 27 ans est faite autant « de physique que de mental ».
À l’image de tout un peuple, le capitaine des Lions de l’atlas avait fait de la Coupe d’afrique des nations (CAN) un objectif majeur. Un temps fort dont il a bien failli être privé par un tacle assassin de Luis Diaz face au Bayern (défaite 1-2), début novembre. Le PSG et la fédération marocaine ont travaillé main dans la main, le joueur ayant été libéré plusieurs semaines avant la Coupe d’afrique. « Je tiens à remercier le PSG et son président, Nasser al-khelaïfi, quelqu’un de très classe. Il n’y a pas un club au monde qui aurait dit : “On vous le laisse à disposition, on vous fait confiance” », avait indiqué le sélectionneur marocain, Walid Regragui. L’ex-madrilène est resté sur la touche pour les deux premiers matchs, avant de disputer le reste du tournoi jusqu’à la finale perdue face au Sénégal (0-1). Le rêve s’est envolé. Issue douloureuse.
S’il a attendu près de 48 heures après la finale pour parler, dans un long message sur les réseaux sociaux, c’est que Hakimi a vécu « des jours très difficiles », lors desquels il a « essayé d’assimiler tout ce qui s’est passé ». Après le choc, il avait «besoin de (s)’exprimer avec le coeur ». Un coeur brisé. Mais la tête est tournée vers la suite. « Ce chemin ne s’arrête pas ici, a-t-il juré. Avec cet état d’esprit, cette union et cette ambition, il n’y a aucune limite à ce que cette sélection peut accomplir. L’avenir se construit à partir de ce qu’on sème aujourd’hui, il est prometteur. Le Maroc continuera d’avancer la tête haute. »
Sauf qu’avant de penser aux prochaines échéances internationales Achraf Hakimi va déjà se replonger dans son quotidien parisien. « C’est la vie. Il n’y a qu’un vainqueur », a indiqué Luis Enrique au lendemain de la finale, ajoutant que la responsabilité lui revient « de faire en sorte qu’il surmonte cela ». Revenu à Paris mercredi, comme… le champion d’afrique Ibrahim Mbaye, avec une batterie de tests médicaux, le natif de Madrid, absent à Auxerre (0-1) vendredi, «a fait les trois derniers entraînements. Il est très bien », souligne Luis Enrique, qui récupère un élément important, pour ne pas dire indispensable. « Il est très bon défensivement et, offensivement, il lit bien le jeu », résume Willian Pacho, ne manquant pas de souligner que « Warren Zaïre-emery a très bien assuré l’intérim». Pas faux. « Pour montrer ce niveau, tu dois être un joueur spécial, une personne spéciale aussi », abonde « Lucho ».
Une chose est sûre : Hakimi aura besoin de temps pour digérer, même si, en interne, on voit un joueur revenu avec « un bon état d’esprit » et l’envie de vite retrouver la compétition. Il peut compter sur le PSG. Kylian Mbappé est là aussi. « J’ai passé la moitié de la nuit au téléphone avec lui », disait le capitaine des Bleus au lendemain de la finale. Et d’ajouter : « C’est difficile. Je comprends comment il se sent. J’ai connu cela (après le Mondial 2022, NDLR). Il aura de la déception, de la colère. Le peuple marocain attendait cela depuis des années et était si près de ce titre… Mais c’est la vie d’un footballeur. »
« Nous, on va devoir l’aider quand il va revenir ici, à Madrid », a encore expliqué «KM». Natif de Madrid, Hakimi revient en effet souvent en Castille, mais après la petite phrase de l’agent de l’ancien joueur de Dortmund et de l’inter à propos d’un éventuel avenir au Real il y a quelques semaines, ça commence à faire beaucoup… Rappelons que Hakimi, formé à la Casa Blanca, a rejoint le PSG en 2021. Il a prolongé jusqu’en 2029 il y a un an.
En tout cas, l’ex-parisien a bien l’intention d’aider son ami : « Avant même de penser au football, il faut penser à la personne. Il doit être dans un état pas possible… Notre objectif, ce sera déjà de le récupérer en tant que personne. Ce sera très important pour lui d’avoir ce soutien et on sera là pour lui. »
En attendant, c’est au PSG qu’achraf Hakimi trouvera tout le soutien dont il a besoin dans un premier temps. Un Paris SG qui attaque la partie décisive de la saison. « La Ligue des champions, c’est le meilleur médicament », souligne Luis Enrique, évoquant un autre sujet. Cette phrase s’applique toutefois aussi au cas Hakimi, qui n’effacera la déception de la CAN que sur le terrain.
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