AU BOUNOU DE LA NUIT
Yassine Bounou et Brahim Diaz.
Au bout d’un match tendu et d’une séance de tirs au but étouffante, le Maroc disputera la finale de sa CAN contre le Sénégal.
15 Jan 2026 - L'Équipe
HERVÉ PENOT
RABAT – C’est une folie douce qui s’empare d’une enceinte rougeoyante. Les cris, les chants se multiplient, les bras se lèvent vers le ciel. Le Maroc verra sa finale après un succès obtenu au bout d’une séance de tirs au but étouffante contre le Nigeria (0-0, 4-2 aux t.a.b.). Il y avait tant d’attente de puis le début de cette CAN, tant de passion que tout est sorti d’un coup. Les joueurs ne se quittaient plus, ils s’embrassaient. Comment pouvait-il en être autrement, eux qui ont scellé un pacte dans leur repaire de Salé à la périphérie de Rabat pour décrocher cette CAN attendue depuis 1976 ? Depuis des mois, ils ne pensent qu’à ça, qu’à ce moment-là, qu’à cette finale qui s’avance dimanche contre le Sénégal.
On a oublié les sifflets du début, ces mots contre Walid Regragui, le sélectionneur que certains voulaient remplacer pendant la compétition pour réussir «une Émerse Faé» en Côte d’Ivoire. Cette finale, c’est aussi sa victoire mais elle ne sera complète qu’en soulevant le trophée dans quatre jours. Regragui peut savourer ce moment si rare lui qui a déjà connu ça comme joueur en 2004 en Tunisie sans le succès au bout.
Son équipe va devoir se remettre d’un combat de titans qui n’a pas tenu toutes ses promesses mais le staff avait parfaitement géré son affaire en trouvant le moyen de contenir totalement les stars d’attaque nigérianes, Victor Osimhen et Ademola Lookman. Le Maroc méritait ce succès et personne n’ira le leur contester en raison d’un arbitrage défaillant. La belle histoire se poursuit et les Lions de la Teranga devront être forts pour s’opposer à tout un peuple…
Bounou et En-Nesyri, les deux héros
Quand le stade s’est tu juste après la prolongation, on savait que quelque chose de spécial se passait. À l’approche de la séance de tirs au but au bout d’une rencontre fermée, ce public incroyable avait perdu un temps de sa voix comme tétanisé par l’enjeu. Neil el-Aynaoui s’élançait dans un silence de mort, frappait et claquait.
L’ancien Lensois donnait le ton de la séance. Les gens pouvaient se lâcher, siffler à vous filer des acouphènes mais ça ne changeait rien pour Paul Onuachu qui prenait Yassine Bounou à contrepied. La tension montait encore d’un cran quand Hamza Igamane voyait sa frappe sortie par Stanley Nwabali, mais elle re tombait dès le raté de Samuel Chukwueze d’une frappe invraisemblable de poussin.
Chacun y allait de sa réussite avant que Bounou ne sauve sur la tentative de Bruno Onyemaechi. Restait à sceller le travail par Youssef en-Nesyri. Un pays explosait. Ce fut pourtant très tendu après une première période dominée par les Marocains qui ont d’entrée, comme contre le Cameroun, placé haut le curseur de l’impact physique.
Des Nigérians inoffensifs
D’habitude réputés moins bien armés dans ce secteur, les Lions de l’Atlas mordaient chaque cheville, secouaient chaque Nigérian pas bien proche de lui. Plutôt rare pour être noté. Mais ils manquaient singulièrement de justesse dans le dernier geste, à l’image de Brahim Diaz, cinq buts en cinq matches, et moins précis dans cette demie. Il frappait puis plaçait une tête à côté (10e, 29e). Les héros nigérians étaient totalement muselés et il fallait attendre la seconde période pour les voir surnager. On n’allait pas écrire briller car on se situait bien loin de la lumière à cet instant. La fatigue ? La pression ? En tout cas, les deux équipes offraient un spectacle haché, sans relief où les fautes se multipliaient. Bounou avait seulement stoppé une frappe d’Ademola Lookman (14e) avant de pouvoir roupiller sévère. On atteignait logiquement la prolongation sans frayeur, ni saveur même si, aux points, les hôtes pouvaient s’estimer vainqueurs.
Pour preuve, le Nigeria récupérait son premier corner à la 97e minute ce qui en disait long sur sa difficulté à approcher du but marocain à l’image d’un Victor Osimhen éteint, mais bizarrement sorti avant les tirs au but, ou d’un Lookman un peu plus virevoltant sans être géant. Dans ces conditions avec une peur de plus en plus présente de prendre des risques, et en dépit d’une frappe du très bon El-Aynaoui (120e), la séance des tirs au but devenait inévitable. Et le bonheur tout proche…
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